VIDÉO. Avec "Kaamelott : Premier volet", Alexandre Astier veut emmener le public là "où il ne serait pas allé lui-même"
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Seize ans après les débuts de la série relatant les aventures du roi Arthur sur M6, Kaamelott : Premier volet sort mercredi 21 juillet dans les salles obscures. Le film est le premier épisode de la trilogie cinématographique issue de la série culte diffusée jusqu’en 2009. “Le plus compliqué quand on a la chance d’avoir un public qui trépigne, c’est de les emmener quelque part où ils ne seraient pas allés eux-mêmes”, a expliqué mercredi, sur franceinfo, Alexandre Astier. Le réalisateur de Kaamelott, qui a également monté son film, espère avoir livré une histoire au rythme “surnaturellement rapide”. Il souhaite maintenant “enchaîner” avec la suite de la trilogie.

franceinfo : les fans de la série Kaamelott attendent ce premier long métrage depuis 12 ans. Est-ce que vous avez peur de les décevoir ?

Alexandre Astier : Non, parce que je pense que, déjà, il faut savoir décevoir. C’est important. Et puis je pense qu’il faut savoir surprendre surtout. Ce qui est plus compliqué quand on a des gens qui vous attendent comme ça et quand on a la chance d’avoir un public qui trépigne, c’est de les surprendre. La complication n’est pas tellement de les décevoir. C’est de les emmener quelque part où ils ne seraient pas allés eux-mêmes et qu’ils puissent sortir du cinéma en disant, “mon Dieu, il faut que j’y retourne.”

Christian Clavier, Alain Chabat, Clovis Cornillac, Audrey Fleurot, entre autres, sont au casting de ce premier volet. Est-ce que vous écrivez pour eux et tous les autres depuis le début ?

Oui. Je pense que je laisse beaucoup les acteurs et actrices m’inspirer ce que j’ai envie d’écrire. Des fois ils me disent qui ils sont, ils me racontent aussi l’histoire du film. Après, il y a l’ingénieur qui rentre en jeu pour vérifier que tout cela tient debout. Mais l’acteur est au milieu de ce que je fais. C’est le point de départ même de tout ce que je fais.

“Les connus, les pas connus, les jeunes, les anciens, les nouveaux, je crois que c’est eux qui fabriquent Kaamelott par mon entremise.”

à franceinfo

Kaamelott au début, c’était des petits épisodes de trois minutes, puis de 50 pour les deux dernières saisons. Aujourd’hui, c’est un long métrage. Vous avez besoin de place ou est-ce que c’est le roi Arthur qui a besoin de place et de temps ?

Je pense que la geste arthurienne a besoin de place. Je pense que quand on raconte le roi Arthur, on ne peut pas être sans arrêt étriqué entre quatre petits murs. Il faut absolument qu’il puisse raconter tous les aspects de son aventure, c’est-à-dire, en ce qui me concerne, un aspect comédie, un aspect de petites choses, avec des petits personnages qui ont du mal à se comprendre entre eux. Mais aussi les grandes choses comme la quête du Graal, comme les grands décors, comme les grands pays, comme les grands trajets, comme les monstres. Donc, il y a des grandes choses et de petites choses qui cohabitent. Et il faut de la place et il faut du temps pour que tout ça s’exprime.

Vous écrivez la musique de vos réalisations. Vous en faites également le montage. Pourquoi tenez-vous à avoir la main aussi sur le montage ?

Je pense que c’est au montage qu’on fait son film. Moi qui suis très casanier, qui aime beaucoup rester chez moi, quand je vais tourner, j’ai vraiment l’impression d’aller à la pêche ou aux champignons, c’est-à-dire de prendre un petit panier, de mettre des choses dedans, d’aller chercher de belles choses, et puis de ramener tout ça chez moi pour faire la cuisine. La cuisine, c’est le montage. Là, le montage est beaucoup plus dense. Il y a beaucoup de choses en peu de temps. Le film dure deux heures, mais il raconte beaucoup de choses.

“Je pense que le rythme de la comédie est un rythme fabriqué, un rythme artificiel de montage. J’y tiens beaucoup.”

à franceinfo

C’est pour ça aussi que je cherche à m’en occuper. C’est que je crois qu’il y a une signature rythmique sur la façon qu’ont de parler les personnages de comédie qui est surnaturellement rapide.

Est-ce que la suite de la trilogie va dépendre du succès de ce premier volet ?

Oui, certainement. Après, je pense que Kaamelott, c’est une collection. Peut-être que si c’est un échec ultra cuisant, on n’entendra pas parler du 2. Mais je pense quand même que cela s’inscrit dans une continuité. C’est une saga. C’est-à-dire qu’en fait, ce premier film pourra être vu beaucoup plus tard aussi d’une autre façon, après le 2, avant le 2. J’ai vraiment l’impression d’un univers étendu quand j’écris ça. Cela peut prendre beaucoup de formes. Cela prend déjà pas mal de formes.

Vous aviez annoncé la couleur dès la première saison. Vous vouliez porter cette histoire sur grand écran. De quoi avez-vous envie maintenant ?

Je pense que cette trilogie me tient à cœur. J’ai envie d’enchaîner. Je n’avais pas eu envie d’enchaîner le film avec la série. Mais là, j’ai bien envie d’enchaîner les films suivants parce que je n’ai pas envie de m’arrêter autant pour raconter cette histoire. Et puis, j’ai très envie d’écrire, sous forme de bouquin, l’époque qui sépare la série du film, qui s’appelle Résistance, qui raconte ces dix ou douze ans d’absence d’Arthur et où tout le monde choisit son camp, résistant, collabo, traître. J’ai très envie de raconter ça comme ça. Et je continue toujours d’écrire des albums de bandes dessinées. Là j’écris le dixième.

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