VIDEO. "C'est toi que j'attendais" : un documentaire sur l'adoption pour en raconter les coulisses, les histoires et les parcours
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« Le temps est long quand on veut devenir parent mais c’est un temps qui est nécessaire », a estimé sur franceinfo mercredi 22 décembre Stéphanie Pillonca, réalisatrice du documentaire C’est toi que j’attendais, tout juste sorti en salles. Celui-ci raconte le parcours de deux couples qui souhaitent adopter un enfant. « C’est effectivement long mais, comme on le dit dans le film, c’est l’intérêt supérieur de l’enfant qui compte », a-t-elle expliqué.

franceinfo : Comment avez-vous trouvé les couples qui témoignent dans votre documentaire ?

Stéphanie Pillonca : J’ai fait le tour des associations et déposé des quantités d’annonces à l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Les réseaux sociaux ont aussi été une manne pour moi puisqu’il suffit de taper « #nésousX » pour retrouver une quantité d’individus qui sont à la recherche de leurs racines, leurs géniteurs et leur mère biologique, puisque c’est souvent la question de la mère qui se pose.

Comment avez-vous sélectionné ceux qui témoigneraient dans le documentaire ?

C’était compliqué. J’ai rencontré environ 200 couples et il a fallu choisir les deux bons duos pour ce tournage qui a duré plus d’une année. Il a fallu plus d’une année d’enquête pour choisir. Il y avait des couples spectaculaires, qui auraient vraiment davantage pris la lumière d’un point de vue cinématographique : des bergers, des gens qui faisaient du bowling, des kitesurfers… Mais ces couples-là m’ont touchée parce qu’ils m’ont profondément émue. Leur simplicité, leur dignité, leur fébrilité et leur humanité m’ont transpercée. J’avais envie de montrer ces gens, qui sont des vrais gens.

Quels sont leurs profils ? 

Ils ont une quarantaine d’années. Il y a deux couples, dont l’un en fin de parcours, qui avait son agrément depuis presque quatre ans. D’ailleurs, la femme, qui est journaliste, me disait : « Tu sais, ce n’est pas une bonne idée de me suivre parce que j’arrive en fin de parcours. Je ne suis pas ‘le bon cheval’, tu vas perdre ton temps. » Mais je sentais quelque chose chez eux : leur union, leur amour, toute cette unité entre eux… Quelque chose d’insondable mais qui m’éclaboussait. J’avais envie de les suivre.

En France, il y a de moins en moins d’enfants à adopter mais le parcours est toujours aussi long. Est-il trop long selon vous ? 

C’est effectivement long mais, comme on le dit dans le film, c’est l’intérêt supérieur de l’enfant qui compte. La République est évidemment très vigilante, les services sociaux aussi. On ne confie pas des enfants comme ça : il y a des enquêtes, une attente. Il faut que cette volonté soit vraiment inscrite chez ces couples. C’est long, on le voit dans le film avec Gilles, le Marseillais, et Nora, la Bretonne, qui sont en attente depuis bientôt deux ans. Le temps est long quand on veut fonder une famille et devenir parent mais c’est un temps qui est nécessaire. C’est notre responsabilité d’être vigilants quant à savoir qui sont les futurs adoptants et s’ils ont toutes les capacités pour accueillir cet enfant.

On rencontre aussi dans votre documentaire des enfants adoptés devenus adultes, qui sont en quête de leur géniteur ou qui tout simplement échangent avec leurs propres enfants. C’est aussi un aspect touchant de l’adoption pour vous ? 

Oui, je n’avais pas envie de raconter simplement l’histoire de couples désirant adopter. Pour pouvoir adopter, il y a une histoire qu’il faut considérer, celle d’une femme qui a été amenée à confier son enfant à l’ASE. On ne peut pas l’oublier. J’avais donc envie de suivre ces jeunes adultes qui ont été adoptés et partent à la recherche de la source de leurs racines, pour avancer sereinement et en paix dans leur vie. C’est très intéressant. Je vous invite à sonder ça sur les réseaux sociaux parce qu’il y a des quantités d’individus qui recherchent cela. Quelquefois, ça prend vraiment aux tripes et j’avais envie de le montrer.

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