Tarantino : les 5 polars américains des années 80 qui trouvent grâce à ses yeux
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Quentin Tarantino a révélé les cinq films policiers américains des années 80 qui méritent d’être vus selon lui, et conseille de zapper tous les autres.

Dans le documentaire Michael Cimino, God Bless America, le réalisateur Quentin Tarantino prend la parole pour lister les cinq films policiers qui selon lui, valent la peine dans le cinéma américain des années 80. En voici la liste (classée par ordre chronologique) :

Oliver Stone, qui sera un peu le fil rouge de cet article, écrit le scénario qui n’est pas crédité comme adapté du roman d’Armitage Trail ou du film de Howard Hawks de 1932. Stone transpose l’histoire tragique d’un gangster balafré dans le contexte de l’exode de Mariel, survenu en 1980.

Tony Montana (Al Pacino) est donc envoyé de Cuba en Floride. Ambitieux et sans scrupules, il grimpe les échelons du marché de la drogue et de la pègre. En partant de rien, il obtient tout, mais à quel prix ?

Iconique film de gangster, Scarface permet à Al Pacino de jouer ce qui deviendra l’un de ses rôles préférés, et inspire malgré lui de nombreux rappeurs “gangsta” qui se réclameront de l’attitude du personnage.

Le réalisateur Brian De Palma (qui a refusé Flashdance au profit de ce film) opte comme à son habitude pour une caméra mouvante et des plans larges permettant de donner vie aux héros comme à ce qui les entoure. Sa mise en scène est fluide et capte l’animalité de Pacino, qui est de tous les plans, et crève l’écran.

L’info en plus : la VF est à réserver aux nostalgiques, car il faut reconnaître que l’accent choisi pour Tony Montana peut diviser, de même que le remplacement de certaines répliques culte comme le “Say Hello to My Little Friend” changé en “elle va cracher ma vieille farine”.

Une vague mystérieuse de violence vient de s’abattre sur Chinatown. Le capitaine Stanley White, personnalité très forte, penche pour la théorie du développement d’une mafia chinoise. Sur un scénario qu’il a coécrit avec Oliver Stone, Michael Cimino adapte un roman de Robert Daley.

De retour après l’échec retentissant de La Porte du paradis, Cimino prouve encore une fois que son talent n’est pas une légende. Peu de films peuvent se vanter de n’avoir pas pris une ride dans leurs thématiques et L’Année du dragon en fait partie. A travers le parcours jusqu’au-boutiste de Stanley White, c’est un quasi documentaire que propose Cimino.

On est immédiatement plongés dans l’atmosphère du film et la psychologie de ses personnages. Le héros (joué par Mickey Rourke) est un ancien du Vietnam raciste et violent et le sujet du film (l’immigration et sa gestion par le gouvernement américain) trouve encore un écho aujourd’hui. De la même façon, les scènes entre White et sa femme, poignantes, sont elles aussi d’une modernité incontestable.

Pas le film le plus connu de Cimino, mais l’un de ceux qu’il vous faut découvrir au plus vite.

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L’info en plus : Tous les extérieurs newyorkais ont en réalité été tournés en Caroline du Nord. C’est pourtant difficile à croire lorsqu’on voit le film, au point que lors de l’avant-première, Stanley Kubrick, natif du Bronx, refusait d’admettre que ces scènes n’étaient pas tournées dans le vrai Chinatown.

Dernier long métrage cinématographique du réalisateur Hal Ashby (Harold et Maude), Huit millions de façons de mourir raconte le parcours du policier alcoolique Matt Scuder. Pensant enquêter sur le meurtre d’une prostituée, il se retrouve rapidement confronté à un baron de la drogue.

Si on peut lui reprocher d’être chargé en dialogues (ce qui explique en partie qu’il ait séduit Tarantino) et sa scène finale qui est une image d’Épinal, Huit millions de façons de mourir possède une ambiance étonnante et une noirceur intermittente mais savoureuse. On retiendra aussi la mise en scène travaillée de la fusillade en funiculaire.

Huit millions de façons de mourir est adapté du roman éponyme de Lawrence Block, et fait partie du cycle du détective Matt Scuder. Il est interprété par Jeff Bridges qui alterne la nonchalance et l’intensité et incarne l’alcoolique en manque de façon assez unique.

Le film a connu une pré-production chaotique, faite de réécritures intenses du scénario. Oliver Stone propose une version, que R. Lance Hill (Road House) retravaille sans en informer ni Stone ni Ashby. Ce dernier, furieux, écrit sa propre version à partir de celle de Stone et de ses propres recherches.

L’info en plus : Un autre livre de la série Matt Scuder a été porté à l’écran : Balade entre les tombes, avec Liam Neeson, sorti en 2014.

Richard Chance (William Petersen) est un flic tête brûlée, obsédé par la traque du faussaire Rick Masters (Willem Dafoe). Le jour où son coéquipier est abattu alors qu’il menait une opération en solo, Chance va peu à peu dévier de la légalité pour parvenir à ses fins et régler ses comptes… dans un bain de sang.

William Friedkin réalise un polar urbain poisseux autour d’une galerie de personnages sombres et violents. Le héros va se radicaliser, le faussaire, de plus en plus traqué, va lui aussi s’adapter et démontrer qu’il n’est pas en reste lorsqu’il s’agit de défendre ses intérêts. En parallèle, le film opte pour une approche réaliste, ce qui accroît son ambiance crasseuse.

Comme pour French Connection, le point d’orgue du film est la longue poursuite en voitures qui offre de superbes cascades et une impressionnante scène de conduite à contresens. Pour les besoins du tournage, les voitures des personnages principaux roulent sur la bonne voie et les autres voitures leur sont envoyées à contresens.

Enfin, l’amateur savourera une galerie de seconds rôles marquants, de Dean Stockwell (Al de Code Quantum) à John Turturro (The Big Lebowski) en passant par Robert Downey Sr et John Pankow.

L’info en plus : Dans ses mémoires, William Friedkin raconte que la fausse monnaie du film était si crédible qu’il a réussi à se payer des restaurants et d’autres petites choses avec !

Manhunter, également connu sous le titre Le Sixième sens, adapte le roman Dragon Rouge de Thomas Harris. Il s’agit du premier volet de la tétralogie littéraire consacrée à Hannibal Lecter. Michael Mann dirige William Petersen (William Graham) et Tom Noonan (Dragon Rouge) dans un face-à-face redoutable.

A la vision du film, on sent que Mann est surtout intéressé par l’idée d’explorer la façon dont l’agent fédéral perd pied en cherchant à percer les secrets de Dragon Rouge. Il se délecte aussi des scènes de tuerie, très perturbantes, et filme avec attention son Dr Hannibal Lecktor (sic !) (Brian Cox).

Très formel, Le Sixième sens fait partie des films “moyens” de son metteur en scène, mais comme il s’agit de Michael Mann, un niveau “moyen” est forcément déjà très intéressant. Le réalisateur s’amuse avec les lumières en jouant sur les contrejours et en illuminant par le bas (lorsqu’il s’agit des indices éclairant l’affaire) ou depuis le haut (quand les personnages sont en proie au doute ou écrasés par l’intrigue).

L’info en plus : le film aurait pu être réalisé par David Lynch. Jeff Bridges ou Don Johnson auraient pu prêter leurs traits à Graham et William Friedkin a été envisagé pour le Dr Lecktor.

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