Stéphane Bern : "À mon âge, je ne veux plus de contraintes"
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Dans un entretien où se mêlent réflexions et coups de griffe sur de nombreux sujets, l’animateur prouve, une fois de plus, à quel point il est un homme de passions. Il présente Secrets d’Histoire, lundi 14 décembre à 21h05 sur France 3.

Secrets d’Histoire est cette semaine consacrée à Beethoven. L’écoutez-vous volontiers ou faites-vous partie de ceux auxquels la 5e ou L’Hymne à la joie donnent de l’urticaire ?

Stéphane Bern : Heureusement que Beethoven ne se limite pas qu’aux symphonies… même si j’avoue les avoir toutes dans mon portable, celles dirigées par Herbert von Karajan. Il y a aussi les sonates, les concertos que j’écoute chez moi. J’adore aussi l’ouverture de Fidelio, son unique opéra. Et puis vous savez, Beethoven est toujours très présent lorsque je fais mon Escapade viennoise, chaque fin d’année.

À ce propos, on vous verra beaucoup à la télévision en cette fin 2020, à commencer par une soirée spéciale pour Noël sur France 2…

Elle aura effectivement lieu à Notre-Dame-de-Paris avec notamment un concert où se produiront Julie Fuchs et Gautier Capuçon.

Notre-Dame au secours de laquelle vous avez volé dernièrement quand il fut question de remplacer les vitraux de Viollet-le-Duc par des œuvres modernes…

Si les vitraux avaient été détruits, pourquoi ne pas en faire des modernes, je n’ai rien contre l’art contemporain. Mais les grisailles sont intactes ! Ne confondons pas modernisme et vandalisme. Pourquoi ne pas remplacer aussi la flèche de Notre-Dame par une éolienne, ce serait tendance, non ?

Pour la Saint-Sylvestre, vous allez animer sur France 2 Versailles sur son 31, une première pour vous. Quel sera le principe de cette spéciale ?

Ce sera un grand show, avec un spectacle équestre, des numéros du Moulin-Rouge et du Paradis Latin, un feu d’artifice. Et comme Versailles n’est pas seulement le palais des rois mais un monument qui appartient à la Nation, nous allons rendre hommage à tous ces héros du quotidien qui nous ont permis de vivre et même de survivre ces derniers mois : les commerçants, les soignants etc. Nous accueillerons aussi des grands noms de la scène française, et des hommages seront rendus à Juliette Gréco, Annie Cordy ou Sean Connery.

En parlant du château de Versailles, on dit que vous y avez été homme-pipi il y a quarante ans. Vrai ou faux ?

Vrai. Officiellement, j’étais hôte d’accueil mais la seule chose qu’on me demandait c’était le chemin des toilettes !

Trouverez-vous encore le temps de refaire l’acteur, après Meurtres en Lorraine, gros carton d’audience sur France 3 ?

J’ai récemment fait une participation dans la série L’Art du crime sur Van Gogh. Et l’été dernier, j’ai à nouveau tenu le premier rôle d’une fiction, Pour l’honneur d’un fils. J’y incarne le commandant d’une base aérienne qui enquête sur la mort suspecte de son fils militaire… Acteur, je prends cela comme un nouveau métier que je fais très sérieusement et qui me donne toujours autant le trac.

Vous avez débarqué sur Europe 1 en septembre, avec Historiquement vôtre. RTL ne voulait plus de vous ou était-ce l’inverse ?

J’ai clairement senti que j’étais moins désiré par la nouvelle direction qui voulait faire des économies. Je faisais partie des meubles mais des meubles gênants. J’étais devenu une armoire normande chez des gens qui veulent se meubler chez Ikea ! Arrivé à l’âge de 57 ans, je ne veux plus de contraintes, juste du plaisir. Je suis très heureux de faire ce métier mais plus à n’importe quel prix !

Avez-vous encore du temps pour Mission patrimoine ?

Je ne cesse pas de m’y consacrer, j’ai même lancé un magazine en ce sens, Mission patrimoine ! Tous les jours, je reçois de nouvelles demandes d’aides. Vingt millions d’euros ont déjà été récoltés depuis septembre dernier et plus de deux cents monuments ont été restaurés à ce jour. Mais je ne relâche pas mes efforts pour autant.

À être sur tous les fronts, ne craignez-vous pas que vos multiples contacts fassent de vous une cible de choix pour la Covid-19 ?

Nous sommes, les équipes et moi-même, très respectueux du protocole sanitaire. Ceci dit, j’ai eu le temps de dresser un hit-parade sur les nombreuses méthodes pour vous enfoncer un écouvillon de prélèvement dans les narines, de la plus douloureuse à la plus soft. Mais je n’en suis pas encore aux 60 tests de Stéphane Plaza ! (Il rit.) Et puis, comme hors travail je ne suis pas un mondain, je ne sors quasiment jamais, les risques sont limités. C’est triste à dire mais le confinement est fait pour moi.

À l’arrivée d’un vaccin, vous ferez-vous piquer les yeux fermés ou êtes-vous dubitatif sur le miracle en seringue ?

Évidemment que je me ferai vacciner. D’autant que, selon la complotiste Kim Glow (une ex-candidate de télé-réalité devenue influenceuse, ndlr), on va nous glisser une nano-puce dans le corps pour nous surveiller. Super, j’aurai la 5G gratuite, ça m’économisera un forfait ! Franchement, on entend de ces âneries…

En grand spécialiste des têtes couronnées, qu’avez-vous pensé de la série The Crown dont la saison 4 crée la polémique par la violence avec laquelle elles’en prend à la famille royale britannique ?

Les auteurs auraient dû préciser plus clairement qu’il s’agissait d’une fiction. C’est truffé de licences artistiques ne visant qu’une meilleure efficacité dramatique. Par exemple, Charles n’a jamais appelé Camilla tous les jours, et durant les six ans qui ont suivi son mariage avec Diana, jusqu’à la naissance du prince Harry, il ne lui a plus jamais adressé la parole. La vision de la série est uniquement à charge contre lui et Camilla. Et ne parlons pas de l’épisode où Michael Fagan (l’intrus qui s’était introduit dans la chambre de la reine en juillet 1982, ndlr) demande à Elizabeth de virer Thatcher ! C’est risible et c’est dommage que le public prenne pour vrai ce qui est pure invention.

Après une sinistre année 2020, comment espérez-vous 2021 ?

J’aimerais un retour de la bienveillance et du sens de la communauté. On forme une nation, tout de même, il faudrait en retrouver l’esprit. Regardez en Grande-Bretagne : à chaque coup dur, la population se range derrière la reine. Ceci dit, attention, je ne milite pas pour le couronnement d’Emmanuel Ier et Brigitte Ire ! (Il rit.)

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