Sept à Huit (TF1) Audrey Crespo-Mara : "On m’a demandé de re-événementialiser ce rendez-vous mythique de la télé"
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Après treize ans passés sur LCI, la journaliste, présentatrice joker d’Anne-Claire Coudray les week-ends sur TF1, reprend l’emblématique séquence de Sept à huit. Un exercice dans lequel elle se sent bien. Entretien…

Comment préparez-vous les « portraits » ?

Audrey Crespo-Mara : D’une façon générale, je me mets en immersion dans la vie de la personne avec laquelle je vais m’entretenir, afin d’en connaître toutes les facettes. Quand il s’agit d’anonymes, comme ils n’ont pas l’habitude de la télé, avant le tournage, je prends avec eux davantage de temps pour les rassurer. Pour les personnalités publiques, je passe peu de temps avec elles en amont, pour ne pas faire l’interview avant l’interview. Je veux garder un regard neuf, frais, afin que l’échange soit authentique. On m’a demandé de « re-événementialiser » ce rendez-vous mythique de la télé. Je devrais recevoir prochainement un artiste qui ne se confie quasiment jamais. Ce sera d’ailleurs sa seule télé. L’idée du portrait est de recueillir des paroles qui sont rares.

Y a-t-il eu, chez certains invités, quelques réticences à se prêter à l’exercice ?

Pour l’instant, non. Le seul qui ait refusé, c’est Jacques Dutronc. Le plus souvent, il y a la crainte d’être mal repris sur les réseaux sociaux, un stress qui vient des commentaires, parfois violents, que l’on peut y trouver. Ensuite, si un invité pose trop de conditions, mieux vaut ne pas l’interviewer. Bien sûr, en amont, il y a tout un travail de mise en confiance. Si celle-ci ne préexiste pas à l’interview, c’est compliqué. Jusqu’à présent, je n’ai pas été confrontée à ce problème.

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Qu’est-ce qui fait, selon vous, un bon portrait ?

Quand on découvre vraiment une personne publique que l’on pensait connaître depuis longtemps, que l’on apprend des choses sur son enfance, sur ses épreuves, sur les ressorts d’un engagement… Concernant les anonymes, il s’agit de mettre en lumière des personnalités qui nous intriguent, nous bousculent, nous étonnent.

Connaissiez-vous Thierry Demaizière, celui qui a créé et incarné cette séquence de 2001 à 2018 ?

Non, je ne le connaissais pas. Mais j’ai pris un verre avec lui il y a dix jours, et nous avons passé deux heures ensemble à échanger. C’était très agréable et passionnant. Il pense que je suis dans la veine du portrait. J’en suis ravie.

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Qui rêveriez-vous d’avoir face à vous cette saison ?

L’inventeur du vaccin contre le Covid, sans doute ! Sinon, je suis en discussion avec Isabelle Adjani, Gérard Depardieu, Carlos Ghosn et Brigitte Macron. Sept à huit est un écrin formidable. C’est l’interview la plus suivie du PAF, avec 4 millions de téléspectateurs, la plus longue, puisqu’elle dure entre dix et quinze minutes, et la plus confortable, car elle est enregistrée là où l’invité le souhaite.

Pourquoi avoir mis un terme à Audrey & Co, sur LCI ?

Après treize ans d’info en continu, j’avais besoin de me poser et de donner plus de sens à ce que je faisais. Et puis, la crise que nous vivons tous est propice à l’introspection. Cela m’a conduite à réfléchir, à 44 ans, à la direction dans laquelle je voulais aller.

Vous a-t-on sollicitée pour reprendre les rênes du 13 h de Jean-Pierre Pernaut ?

Je n’étais pas candidate, et Thierry Thuillier venait de me proposer ce défi. Je n’allais certainement pas arrêter avant d’avoir commencé. Et puis, le portrait de Sept à huit me correspond parfaitement.

Interview Thomas Gaetner

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