Les cinéastes iraniens appellent les autorités à libérer le réalisateur Jafar Panahi
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Le principal syndicat des cinéastes iraniens a appelé, mardi 17 janvier, les autorités à libérer le réalisateur dissident Jafar Panahi, détenu depuis juillet, selon leur organisation.

« La Maison du cinéma demande une fois de plus avec insistance aux autorités judiciaires d’envisager la possibilité de la libération de Jafar Panahi le plus tôt possible« , indique l’association syndicale dans un communiqué publié sur son site. Âgé de 62 ans, Jafar Panahi a été arrêté le 11 juillet et doit purger une peine de six ans prononcée en 2010, selon la justice. La Maison du cinéma, qui regroupe des associations professionnelles en Iran, appelle la justice à tenir compte de « l’état physique et de la maladie » de Jafar Panahi, sans donner de détails sur sa santé. 

Condamné pour « propagande contre le régime » 

Le réalisateur a obtenu notamment un Lion d’Or en 2000 au festival de Venise pour Le cercle et le Prix du scénario à Cannes en 2018 avec Trois Visages, trois ans après avoir été récompensé par l’Ours d’Or à Berlin pour Taxi Téhéran. Jafar Panahi avait été arrêté puis condamné en 2010 à six ans de prison et 20 ans d’interdiction de réaliser ou d’écrire des films, de voyager ou même de s’exprimer dans les médias. Il continuait cependant à travailler et vivre en Iran. Il avait été condamné pour « propagande contre le régime » après avoir soutenu le mouvement de protestation de 2009 contre la réélection du populiste Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de la République islamique. 

En juillet, Jafar Panahi a été arrêté au tribunal de Téhéran où il s’était rendu pour suivre le dossier d’un autre réalisateur également primé, Mohammad Rasoulof, arrêté quelques jours plus tôt. Mercredi dernier, l’avocate de ce dernier a annoncé à l’AFP que Mohammad Rasoulof avait été libéré le 7 janvier pour deux semaines pour raisons de santé. Plusieurs personnalités du cinéma iranien ont été arrêtés, interpellés ou inquiétés pour avoir soutenu le mouvement de contestation déclenché par la mort en détention le 16 septembre de Mahsa Amini, une jeune kurde iranienne de 22 ans.

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