« Le Sommet des dieux » procure des effets vertigineux
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  • Sélectionné à Cannes, le film d’animation de Patrick Imbert est une adaptation d’un manga fleuve de Jiro Taniguchi.
  • On y suit des sportifs prêts à tout pour monter sur le « toit du monde ».
  • L’intensité du film le réserve à un public âgé de plus de 10 ans.

Gravir l’Everest sans quitter son fauteuil, c’est possible !  Le Sommet des Dieux de Patrick Imbert entraîne le spectateur dans une aventure haletante inspirée d’un manga en cinq tomes et 1.500 pages de 
Jiro Taniguchi (réédité
chez Kana). Cette fresque animée, présentée en avant-première au
Festival de Cannes, offre un moment de très grand cinéma.

Le Français Patrick Imbert s’est fait les dents comme directeur artistique sur Le Grand méchant renard et Ernest et Célestine de Benjamin Renner avant de signer sa première réalisation entre la France et le Luxembourg. « Je n’ai jamais pratiqué l’alpinisme, avoue le réalisateur à 20 Minutes, mais j’ai eu l’impression de gravir l’Everest pendant la production. » Il se lance sur les traces d’un reporter aventurier menant l’enquête sur un mystère datant des années 1920 avec un alpiniste chevronné.

L’aventure par procuration

Les 8.848 mètres d’escalade jusqu’au « Toit du monde », Patrick Imbert ne les a franchis que par procuration en se documentant et en interrogeant des as de l’alpinisme. « J’ai pu ainsi mieux comprendre pourquoi ils vont toujours plus loin dans les risques qu’ils prennent, se souvient-il. J’ai expérimenté le même type de sensations pendant la production, si ce n’est que je ne risquais pas ma vie. » Il parvient cependant à donner l’impression au public qu’il grimpe à la suite de héros prêts à toutes les imprudences pour s’offrir de beaux frissons.

L’une des scènes les plus fortes du Sommet des dieux confronte un guide expérimenté à un terrible cas de conscience quand un adolescent se trouve suspendu dans le vide. « Cette séquence a très difficiles à réaliser car elle devait être suffisamment réaliste pour éviter l’esthétique de bandes dessinées comme Tintin au Tibet », précise Patrick Imbert. Dire qu’il a réussi son coup est en dessous de la réalité. Le spectateur oublie qu’il s’agit d’animation pour se retrouver pris de vertige face à un gouffre glacé.

Détermination et inconscience

Pour Patrick Imbert, les alpinistes de l’extrême et les professionnels du cinéma d’animation ont pour points communs « la même détermination et ce grain de folie, voire d’inconscience, qu’on ne trouve nulle part ailleurs. » Il a mis ces caractéristiques au service d’une œuvre palpitante, si intense et parfois terrifiante qu’elle n’est à conseiller qu’aux spectateurs de plus de 10 ans. Ils ne regretteront pas d’avoir pris part à l’aventure.

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