Julie Gayet : "La mère parfaite n’existe pas"
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Comédienne, productrice, femme d’action et de conviction, Julie Gayet joue le premier rôle dans Une mère parfaite, une série diffusée à partir du 6 septembre sur TF1. Elle a répondu à nos questions.

Cette série de TF1 s’intitule Une mère parfaite. N’est-ce pas un vœu pieux pour une maman ?

JULIE GAYET : C’est justement une bonne façon d’annoncer en préambule que la mère parfaite n’existe pas ! Comme disait ma grand-mère : «À petits enfants, petits problèmes ; à grands enfants, grands problèmes !» Sachant qu’on ne peut pas les mettre sous cloche, ils vont forcément vivre des expériences dont on ne pourra les protéger avec, parfois, des traumatismes terribles, a fortiori quand on a une fille !

C’est-à-dire ?

Moi qui ai deux garçons, je n’ai pas du tout la même position que mon petit frère qui lui a deux filles. Cela dit des choses sur notre société. Malheureusement quand on naît «fille», on a 100 % de risque de se faire harceler, emmerder, agresser, droguer, voire pire. La série évoque tout cela, ainsi que l’image de la femme, notamment en Allemagne (pays coproducteur de la série, ndlr) où, lorsque les mères n’interrompent pas leur activité professionnelle pour élever leurs enfants entre 0 et 5 ans, elles sont baptisées «mères corbeaux»…

Aviez-vous déjà rencontré Tomer Sisley, votre partenaire principal ?

Comme dans la série, on se connaît depuis plus de 20 ans avec Tomer Sisley ! Sauf que, contrairement à nos personnages, nous n’avons jamais eu d’histoire ensemble. Mais nous avons suivi la même formation théâtrale, j’allais voir ses premiers one-man shows. On est devenus très amis. Une année au Festival de Cannes, alors qu’il n’était invité à aucune soirée, c’est moi qui le faisais rentrer ! Tout ce passé transparaît évidemment à l’image pour mieux servir la série.

Vous êtes intervenue en juin dernier au Forum Génération Égalité organisé par l’ONU sous la bannière «Arrêtons de parler, commençons à financer». Selon vous, que fairepour que l’égalité hommes-femmes s’impose ?

Le nerf de la guerre pour les femmes, c’est l’argent. Des campagnes à mener aux associations à soutenir, en passant par la formation des policiers et des gendarmes en matière de violences faites aux femmes ou le financement des bracelets électroniques, il faut d’abord définir des objectifs chiffrés. Ce qu’a fait le Conseil économique et social grâce à une étude budgétant les mesures à prendre, suivant ce qu’a fait l’Espagne. Elle a établi que si l’on affectait 0,1 % du PIB (produit intérieur brut, ndlr) aux violences familiales, cela représenterait deux milliards, soit les moyens nécessaires pour les éradiquer. Qu’est-ce qu’on attend ?!

Une ligne directrice caractérise votre parcours, c’est celle de la liberté. Quelle en est votre définition ?

L’indépendance financière. J’ai eu très vite cette prise de conscience. Devenir productrice, c’était aussi une façon de ne pas me mettre en position d’attente en tant que comédienne.

Avez-vous déjà d’autres projets pour la télévision ?

Je vais tourner un téléfilm pour TF1 sur le thème de la fin de vie avec Franck Dubosc et Guy Marchand. Encore un débat aussi passionnant que nécessaire.

Impossible de résister à cette question : avez-vous vu le film Présidents qui imagine une alliance entre François Hollande (son compagnon, ndlr) et Nicolas Sarkozy ?

Oui, et j’ai trouvé le film subtil, drôle et réussi. Bien joué parce que ressemblant, mais pas trop… Ce n’était pas gagné. Anne Fontaine (la réalisatrice, ndlr) est vraiment très douée.

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