Échappées belles (France 5) Sophie Jovillard : "Les Vénitiens sont dans une situation économique dramatique"
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Sophie Jovillard nous invite ce samedi soir à une découverte inédite de la Sérénissime intime, désertée par les touristes. Entretien avec l’animatrice…

Quelle impression vous a laissée Venise pendant le confinement ? 

Sophie Jovillard : Ce n’était pas la première fois que j’y allais. J’avais vu la ville sous le flot des touristes, et en période d’acqua alta (montée des eaux, provoquée par les marées, ndlr). La découvrir sans les touristes est une expérience absolument surprenante. Venise s’est offerte dans sa version originale : une cité vivante, sereine et pleine de charme, avec ses habitants occupés à leurs tâches quotidiennes. Les Vénitiens se sont réapproprié leur espace. Je suis heureuse de pouvoir montrer cette Venise-là aux téléspectateurs. 

Que vont-ils découvrir ? 

À côté des incontournables de la cité des Doges, la place Saint-Marc, les magnifiques palais, le pont des Soupirs, les gondoles, nous allons les emmener dans des lieux, des ateliers, des boutiques, des établissements qui ne sont pas forcément inscrits dans le parcours des visiteurs. L’atelier Orsoni, par exemple, est la plus ancienne fabrique artisanale de mosaïques, dont la renommée est planétaire. Cet atelier propose un nuancier de couleurs d’une richesse exceptionnelle. Je me suis également rendue à la bibliothèque Marciana, certainement l’une des plus belles au monde, avec des plafonds peints par des artistes tels que Véronèse, le Tintoret ou Titien… À l’occasion de travaux, j’ai pu visiter des parties du bâtiment interdites au public. On se rendra aussi sur l’île de Burano, peuplée de pêcheurs et célèbre pour ses maisons pittoresques et colorées. 

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Cette balade est aussi une escapade gourmande. N’est-ce pas l’occasion de démentir cette idée selon laquelle les pâtes auraient été introduites à Venise par Marco Polo ? 

Nous n’avons pas voulu tomber dans les poncifs de la cuisine italienne, mais plutôt mettre en avant la convivialité et l’échange que l’on trouve dans les bars à vin ou autour d’un assortiment de cicchetti, sortes de tapas locales. Nous assisterons aussi à la confection d’un tiramisu, une institution à Venise, à l’instar du café. 

Comment les Vénitiens vivent-ils l’absence de touristes ? 

Les habitants sont mitigés : à la fois ravis de retrouver une ville apaisée, moins polluée, sans cohue, et, en même temps, ils sont dans une situation économique dramatique. Toutes les boutiques du Rialto sont fermées. L’atelier de masques, si chers au carnaval de Venise, que nous avons visité, a également baissé le rideau. Mais les Vénitiens font preuve de solidarité et d’optimisme. La ville a déjà connu de grandes épidémies et a toujours su rebondir.

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Cette crise sanitaire va-t-elle, selon vous, influer sur l’avenir économique de la ville ? 

Je n’en sais rien. Mais l’on peut souhaiter que des leçons en soient tirées, comme la régulation de la fréquentation, en limitant, par exemple, l’accès de la lagune aux énormes bateaux de croisière, aux effets dévastateurs sur l’environnement et le patrimoine bâti. 

Quelle sera votre prochaine destination ? 

Je vous emmènerai au Costa Rica, un pays extrêmement chaleureux, accueillant et soucieux de la protection de son environnement.

Échappées belles : samedi 2 janvier à 20h50 sur France 5

Hacène Chouchaoui 

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