"Don't Look Up, déni cosmique", une comédie apocalyptique au vitriol portée par Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence
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Une comète de 9 km d’envergure se dirige droit sur la Terre. Elle entrera en collision avec notre planète dans six mois et quatorze jours. Ce sera sans doute la fin du monde et de l’humanité.

Après avoir revérifié dix fois leurs calculs, deux astronomes obscurs,  le professeur Mindy (Leonardo DiCaprio) et sa jeune doctorante Kate Dibiasky (Jennifer Lawrence) vont tenter d’alerter les plus hautes instances et l’opinion publique sur cette apocalypse imminente en espérant que tout sera tenté pour détourner la comète de sa trajectoire. En vain. Ils vont se heurter au déni, à la division de la société, à l’égoïsme, à la bêtise et au narcissisme général.

Un casting cinq étoiles pour alerter

Le réalisateur Adam McKay signe à la fois le scénario et la réalisation de Don’t Look Up, déni cosmique, comédie grinçante à voir depuis le 24 décembre sur Netflix. Un film au casting cinq étoiles dans lequel Meryl Streep incarne avec jubilation une présidente des Etats-Unis aussi incompétente qu’avide de pouvoir (surtout ne rien faire qui ne serve ses intérêts), Cate Blanchett une présentatrice de talk-show narcissique, Ariana Grande une pop star tout aussi egomaniaque, Jonah Hill l’odieux fils et directeur de cabinet de la présidente américaine et Timothée Chalamet un jeune punk.

L’analogie avec l’urgence de la crise climatique est délibérée, et le tournage du film, pendant la pandémie, semble l’avoir rendu encore plus pertinent.

« En ce moment, nous avons tellement de mal à nous concentrer sur la vérité, et avec la crise du Covid, une nouvelle controverse scientifique s’est ouverte« , a constaté Leonardo DiCaprio, lors d’une conférence de presse en ligne mi-décembre. « C’est tellement triste et frustrant de voir ceux qui ont dédié leur vie à connaître la vérité être mis de côté parce que les gens n’aiment pas cette vérité« , a complété Jennifer Lawrence.

Une comédie féroce, drôle à pleurer

Fourmillant de clins d’oeil à la réalité, ce film est surtout une comédie féroce, qui dézingue à gros traits la folie de notre époque, entre tyrannie des réseaux sociaux, course à l’audience des médias, hystérisation des débats et déni de la situation climatique. 

Envoyer un message fort mais de manière amusante, c’était l’intention du scénariste et réalisateur Adam McKay, 53 ans, qui par le passé a notamment réalisé un film remarqué sur la crise financière (The Big Short : le casse du siècle, 2015) et un autre sur l’ancien vice-président américain Dick Cheney (Vice, 2018).

« Si vous pouvez rire [du changement climatique], ça signifie que vous mettez de la distance, et c’est important. Vous pouvez être conscient de l’urgence et être triste, tout en gardant un certain sens de l’humour« , a-t-il déclaré. Le spectateur oscille en effet entre rire et nausée face à ce portrait au vitriol, face à ce miroir grotesque à peine déformant qui nous concerne tous. Et qui a beaucoup plu aux scientifiques.

Les scientifiques incompris sont aux anges

L’astronome américaine Amy Mainzer, qui a inspiré le personnage joué par Jennifer Lawrence, a jugé le film « très cathartique« . « On a assisté à une projection avec d’autres scientifiques à Los Angeles et ils applaudissaient. C’était vraiment quelque chose à voir », a-t-elle souligné.

Un projet qui ne pouvait que faire mouche auprès de Leonardo DiCaprio, engagé depuis des années pour le climat. « Ça faisait des décennies que j’attendais un film sur le sujet, un thème sur lequel chacun cherche comme il peut apporter à sa pierre. Adam a vraiment trouvé la façon de faire« , a déclaré l’acteur. 

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