Deauville 2022 : la dérive amoureuse d'une ado sous emprise dans "Palms Trees and Power Lines", premier film de Jamie Dack
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Une fois de plus, c’est la vulnérabilité de la période de l’adolescence qui est au cœur du onzième film en compétition présenté à Deauville. Pour son premier long métrage, Palms Trees and Power Lines, la réalisatrice, Jamie Dack, a choisi de parler d’un thème très fort, l’emprise d’un prédateur sexuel sur une jeune fille de 17 ans qui la mènera à la prostitution.

Piège

C’est vrai qu’il a tout pour plaire, Tom, un homme blond, musclé, au sourire ravageur, qui un soir de fête prend la défense de Léa, un peu solitaire qui pendant ses longues vacances commence à se lasser du côté gamin des copains de son âge. Léa a 17 ans, c’est une jolie brune qui rencontre un certain succès auprès de ses amis. Elle vit auprès de sa mère célibataire, peu présente car obsédée par l’idée de retrouver un compagnon. Dès la première rencontre entre Tom et Léa, on sent que le piège va se refermer sur la jeune fille.

Des balades romantiques sur la plage. Des déclarations d’amour enflammés, un garçon aux petits soins qui la chérit et lui prête les attentions dont elle manquait. Certes, Tom ne roule pas sur l’or et vit dans un motel, mais Léa va croire de toutes ses forces à la réalité de cet amour avec cet homme qui a le double de son âge. Les rencontres sont discrètes pour ne pas éveiller la curiosité de ses amis. Et lorsque Tom lui propose des vacances en amoureux, loin de sa famille et de ses amis, Léa est loin de réaliser qu’elle court à sa perte.

Le prédateur s’inspire des contes de Grimm

Le beau jeune homme prévenant va l’isoler dans une chambre de motel. L’emprise est telle qu’elle va accepter pour lui être agréable, de s’offrir à un homme de passage. Le piège s’est refermé sur l’adolescente qui jusqu’au bout va croire pourtant que c’est par amour que Tom la livre à des « clients ». Au public qui l’interrogeait à l’issue de la projection sur sa volonté de faire un film de prévention auprès de la jeunesse américaine, Jamie Dack, la réalisatrice a surtout insisté sur l’envie d’évoquer la vulnérabilité qui caractérise cette période compliquée de l’adolescence. Une brèche dans laquelle peuvent s’engouffrer les prédateurs.

Le film repose entièrement sur une jeune comédienne, Lily McInerny, dont c’est le premier rôle. Son jeu tout en retenue et son visage où passent toutes les émotions, de la passion amoureuse au dégoût, ont touché au cœur le public. Mention spéciale aussi à son partenaire, Jonathan Tucker, qui a trouvé la façon d’interpréter le manipulateur pervers : une apparente gentillesse qui cache sa perversité et sa cruauté. Il a d’ailleurs avoué s’être inspiré des contes de Grimm et du loup du petit chaperon rouge pour trouver le ton juste.

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