Comment se fabrique « L’amour vu du pré », la petite sœur de « ADP » ?
TV 
  • Chaque lundi, après L’amour est dans le pré, M6 diffuse L’amour vu du pré.
  • Dans ce programme, d’anciens agriculteurs et agricultrices commentent l’épisode que le public vient de voir.
  • « Forcément, ils font un parallèle avec ce qu’ils ont vécu, eux », décrypte Déborah Huet, directrice des programmes de la production Fremantle France.

Une main sur leur bête à poils, une autre sur la télécommande. Comme des millions de Françaises et de Français, les agricultrices et agriculteurs de L’amour est dans le pré ont la zappette facile lorsqu’il s’agit de choisir un programme télé à regarder. Le choix est bien moins cornélien le lundi soir lorsque résonnent les premières notes de Haven’t Met You Yet, la chanson du générique de l’émission qui leur a permis de rencontrer l’amour, sur
M6.

Enfin ça, c’est ce que L’amour vu du pré veut nous faire croire. Depuis deux ans, la chaîne propose à son public un Inception champêtre et bucolique en filmant les anciens agriculteurs et agricultrices en train de réagir à l’épisode qui vient d’être diffusé en première partie de soirée. L’occasion pour eux de se rappeler de bons souvenirs mais aussi d’offrir au public un reflet dans le miroir : comme tout le monde, eux aussi sont gênés lorsqu’un participant prend un râteau et comme tout le monde, eux aussi essuient une larme lorsqu’une prétendante ou un prétendant fait ses valises, le cœur brisé, après avoir été éconduit.

Une vingtaine d’agriculteurs, zéro casting

Pour que les promotions antérieures puissent commenter les aventures de leurs confrères et consœurs, vous vous doutez bien qu’elles ont accès aux épisodes avant le commun des citadins. Tournées sur quinze jours entre avril et mai, les images des séjours à la ferme doivent être montées avant d’être livrées à la chaîne. Et cela prend du temps. Celles et ceux qui commentent l’émission sont donc filmés dans leur canapé entre trois semaines et un mois avant que les téléspectateurs et téléspectatrices de M6 ne la découvrent à leur tour.

Cette année, les fans du programme retrouvent notamment Jérôme et Lucile, Mathieu et Alexandre, Laurent et Maud de la saison 15 ou encore Pierre et Fred de la septième édition. Avant d’accueillir les caméras dans leur salon, les agriculteurs et agricultrices ne passent ni casting ni test. « Pas du tout, jamais de la vie ! », s’exclame Déborah Huet, directrice des programmes de la production Fremantle France, lorsqu’on lui pose la question.

« Il faut déjà qu’ils aient envie de le faire et qu’ils soient disponibles. Il ne faut pas que ça tombe pendant les vendanges ou les foires par exemple. Et puis après, on compose », précise-t-elle. Pour obtenir un bon mélange, il faut donc des agriculteurs et agricultrices des saisons plus ou moins récentes, des couples, des potes, et enfin des tranches d’âge différentes.

Mais où est donc Karine Le Marchand ?

Lorsque les stars agricoles s’installent dans leur canapé, elles se lancent dans le tournage de deux émissions. En face d’elles, trois caméras et deux cadreurs. Ça, c’est pour le côté image. Côté son, ce que le public ne sait pas, c’est que les agriculteurs et agricultrices ne regardent pas le même programme que tout le monde puisque la voix off n’est pas assurée par Karine Le Marchand mais par Nicolas Villeroy, le réalisateur de la postproduction du prime.

Pour des raisons de planning, l’animatrice n’est pas en capacité d’enregistrer les commentaires de tous les épisodes à venir. Montée à flux tendu, L’amour est dans le pré n’est donc pas prête des semaines en avance. Karine Le Marchand, elle, enregistre la voix off de deux épisodes par session au fil de l’eau. Il faut donc que les agriculteurs et agricultrices imaginent sa voix au moment de découvrir l’émission.

L’amour, toujours l’amour

Depuis le début de la saison, L’amour vu du pré peut compter sur 1,65 million de fidèles, soit 19 % du public en moyenne. De beaux scores qui pourraient paraître étonnants : le principe même du programme consiste à revoir des images que le public vient de découvrir quelques minutes auparavant en première partie de soirée. Lassitude, es-tu là ? « Le côté sympa pour les téléspectateurs, c’est de voir que les histoires marchent et durent, répond Déborah Huet. On prend des nouvelles de la famille, en fait. »

Constater l’évolution des couples, découvrir le visage de leurs enfants et se remémorer les moments forts des saisons passées, voilà aussi à quoi sert L’amour vu du pré. « À chaque fois, vous avez leur décryptage de ce que les agriculteurs de la saison sont en train de vivre et forcément, ils font un parallèle avec ce qu’ils ont vécu, eux », note Déborah Huet. Sans oublier l’amour, évidemment. « Les voir épanouis, ça donne de l’espoir aussi. »

Source: Lire L’Article Complet