Au Bangladesh, montrer la violence policière contre les femmes est puni
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Un réalisateur du Bangladesh a été arrêté pour avoir montré dans une scène de son dernier film des policiers interrogeant brutalement une victime de viol.

Après la sortie en streaming de la première partie de Nabab LLB, un film de fiction sur le viol et la façon dont sont traitées les victimes, la scène est devenue virale sur les réseaux sociaux, suscitant une volée de critiques sur l’attitude de la police. En réaction, le réalisateur, Anonno Mamun, et l’acteur jouant le policier dans le film, Shaheen Mridha, ont tous deux été arrêtés vendredi.

L’actrice également recherchée

« Le policier interroge cette femme avec des gestes déplacés et un langage obscène qui sont à l’opposé de ce que doit être un divertissement sain, et va créer une perception négative de la police chez le public », a déclaré la police de Dacca sur son site d’information.

Les deux hommes ont donc été arrêtés pour « avoir réalisé et joué dans un film contenant des dialogues déplacés et obscènes », ajoute le communiqué publié sur le site. Ils ont été présentés au tribunal vendredi, où ils ont été accusés d’avoir réalisé « un film à contenu pornographique », en référence à la scène du viol, a ajouté la police.

La police a indiqué qu’elle cherchait également à arrêter Orchita Sporshia, l’actrice tenant le rôle de la victime.

« L’histoire est déplaisante »

Ce film « insulte l’ensemble de la police », a déclaré à l’AFP un responsable policier, sous couvert d’anonymat. « L’histoire est complètement fabriquée et déplaisante, et basée sur des choses totalement fausses », a-t-il ajouté.

S’ils sont condamnés, les deux hommes risquent jusqu’à sept ans de prison. Les films au Bangladesh sont généralement examinés par la censure avant leur sortie, mais les règles sont encore floues pour les plateformes de streaming.

Dénonciation de censure

Les arrestations ont été critiquées par les défenseurs des droits humains, disant que le film montre de façon très juste les difficultés que rencontrent les victimes de viol face à la justice. « Ces arrestations n’ont rien de nouveau, et ne sont qu’une attaque de plus contre la liberté d’expression artistique », a déclaré à l’AFP l’un de ces défenseurs, Rezaur Rahman Lenin.

Les associations de défense des femmes soulignent que les violences à l’encontre des femmes sont en augmentation au Bangladesh. Selon l’association de défense des droits humains Ain-o-Salish Kendra (ASK), entre avril et août de cette année, plus de 630 viols ont été rapportés et 29 femmes ont été tuées dans des agressions.

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