Affaire Skripal : l’intriguant empoisonnement d’un espion russe
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Cette mini-série adaptée de l’affaire Skripal, à voir sur Arte jeudi 10 juin à 20 h 55, s’appuie sur d’authentiques événements, aux allures de guerre froide, survenus en 2018 dans une Angleterre alors en plein Brexit.

En 2004, Sergueï Skripal est arrêté par les services de sécurité russes et accusé de haute trahison au profit des services secrets britanniques, qui l’auraient recruté dès 1995. Réfugié en Angleterre après un échange de prisonniers en 2010, il est rattrapé par son passé.

Le 4 mars 2018, cet ancien colonel du renseignement militaire âgé de 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, en visite chez son père, sont retrouvés inconscients, mais vivants, sur un banc du centre de Salisbury, une petite ville située à 140 km de Londres. Tous deux ont été empoisonnés avec une substance chimique interdite, du Novitchok, dissimulé dans un flacon de parfum.

Tension palpable entre l’Angleterre et la Russie

L’affaire survient alors que la tension est déjà palpable entre l’Angleterre et la Russie après l’empoisonnement d’Alexandre Litvinenko avec une substance radio active, le polonium 210, en 2006 à Londres. En quelques jours, les relations diplomatiques s’enveniment donc un peu plus entre les deux pays. Londres accuse Moscou.

De son côté, le Kremlin dément et réclame des preuves ou des excuses. L’Union européenne soutient la position britannique dans ce bras de fer. La Russie campe sur ses positions, joue l’indignation et retourne la politesse à ses accusateurs, affirmant qu’ils souffrent «d’espionnite obsessionnelle».

Un policier en soins intensifs après une perquisition

La mini-série réalisée par Saul Dibb prend le parti d’aborder l’intrigue non pas du point de vue des hommes de pouvoir, mais de celui des acteurs de terrain, comme le policier Nick Bailey, qui s’est retrouvé en soins intensifs après avoir été en contact avec le poison lors de la perquisition au domicile des Skripal.

L’autre héroïne de cette production est Tracy Daszkiewicz, directrice de la santé publique de Salisbury, interprétée par Anne-Marie Duff. «Ce sont des gens comme elle qui ont porté le fardeau sur leurs épaules. Ils constituent le ciment qui permet à notre société de tenir. Tracy représentait cette classe de travailleurs que nous voulions rendre visibles», indique Declan Lawn, coscénariste avec Adam Patterson. Trois ans après les faits, l’enquête semble au point mort malgré une victime collatérale décédée en juillet 2018, qui aurait manipulé un objet contaminé par le même agent innervant que celui utilisé contre les Skripal.

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