Exil, reggae et hypnose : la sélection musicale du « Monde Afrique » #56

Des labels rééditent un album de Miriam Makeba enregistré en Guinée, la dernière cassette du Burkinabé Black So Man et une compilation de pépites angolaises.

Chaque mercredi, Le Monde Afrique vous présente trois nouveautés musicales issues ou inspirées du continent. Cette semaine, place aux rééditions avec une version remastérisée de Keep Me in Mind, de Miriam Makeba ; le passage de l’œuvre de Black So Man de la cassette au vinyle ; et un nouveau pressage par le label Analog Africa de sa sélection de morceaux angolais des années 1970.

« Keep Me in Mind », de Miriam Makeba

En 1970, Miriam Makeba a 38 ans et déjà une dizaine d’albums au compteur – ainsi que quatre mariages, dont le dernier avec le militant afro-américain Stokely Carmichael. La chanteuse sud-africaine, qui vit en exil depuis dix ans du fait de son engagement anti-apartheid, a décidé de quitter les Etats-Unis, où le couple est harcelé par le FBI, pour s’installer en Guinée à l’invitation du président Sékou Touré.

C’est là qu’elle enregistre Keep Me in Mind, un opus mêlant reprises et compositions originales, que le label britannique Strut réédite vendredi 4 juin dans une version remastérisée. Le morceau Lumumba, écrit avec sa fille Bongi, est un hommage à l’éphémère premier ministre congolais.

« Tout le monde et personne », de Black So Man

Quatre cassettes, enregistrées entre 1994 et 1998, dans lesquelles sont dénoncées la corruption, la mauvaise gouvernance, la colonisation… C’est l’héritage qu’a laissé Bintogoma Traoré (1967-2002), alias « Black So Man », à son pays, le Burkina Faso, et plus largement à la jeunesse ouest-africaine.

Lundi 7 juin, le label français Secousse Records réédite en vinyle et en numérique Tout le monde et personne, son dernier opus, qui comprend six morceaux de ce reggaeman idéaliste à la plume tantôt tendre (les morceaux Adji ou Maman) tantôt acérée (On s’en fout). Vendeur d’œufs ambulant devenu chanteur à succès, Black So Man est mort à l’âge de 35 ans des suites d’un accident de voiture.

« Angola Soundtrack 2 », chez Analog Africa

« Hypnose, distorsions et autres innovations sonores » : c’est ainsi qu’est sous-titrée la compilation Angola Soundtrack 2, sortie en 2013 chez Analog Africa. Samy Ben Redjeb, le patron du label allemand, avait alors sélectionné une vingtaine de morceaux parus entre 1969 et 1978, au tournant de l’indépendance angolaise, alors que la musique du pays s’enrichissait de sonorités électriques et d’influences congolaises, cap-verdiennes ou caribéennes…

Rapidement épuisé, le disque fait aujourd’hui l’objet d’un nouveau pressage. Il est accompagné d’une riche documentation (12 pages au format vinyle, 44 pages en CD) compilant extraits de journaux, photos de concerts et interviews d’artistes.

Retrouvez tous les coups de cœur musicaux de la rédaction dans la playlist YouTube du Monde Afrique.

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