Etats-Unis : Kanye West urine sur un Grammy Award et tente d’organiser la révolte des artistes contre les maisons de disque avec des tweets incendiaires

Dans les années 90, Prince avait écrit le mot “slave” (“esclave”) sur son visage pour protester contre l’exploitation des artistes par leurs propres maisons de disques. En 2020, l’imprévisible rappeur Kanye West a choisi une façon tout aussi provocatrice de manifester sa révolte contre le fonctionnement de l’industrie musicale : uriner sur un Grammy Award, trophée le plus prestigieux de la musique aux Etats-Unis. Dans une série de tweets publiés mercredi 16 septembre, la star s’en est pris à sa maison de disque, Universal, appelant les artistes à relayer son message afin de changer un système qu’il juge injuste pour les artistes. 

Après avoir demandé à rencontrer Vincent Bolloré, patron du groupe du même nom, dont Universal est une filiale, plus tôt dans la journée, il a réalisé des captures d’écran de l’ensemble des contrats qui le lient à la société et les a publiés sur Twitter. 

“CE MOMENT VA CHANGER L’HISTOIRE DE L’INDUSTRIE MUSICALE POUR DE BON”, a mis en garde l’artiste, tout en majuscules, avant de poster une par une les pages de ses 10 différents contrats avec la firme. “J’ai besoin que les avocats du monde se penchent dessus”, a-t-il indiqué, assurant que les puissantes maisons de disques “essaient de nous [les artistes] enterrer vivants.” 

“Il est temps de se libérer” 

“Tous ceux qui travaillent à Universal et Vivendi, soyez assurés que je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir légal et utiliser ma voix jusqu’à ce que tous les contrats des artistes soient changés”, avait-il prévenu quelques heures plus tôt. “A commencer par reprendre les droits sur mes masters pour les céder à mes enfants”. Dans ce cas précis, être propriétaire des “masters”, ses enregistrements originaux, permettrait à Kanye West de tirer davantage de revenus de sa musique, tout en gardant le contrôle sur ses futures exploitations. Je ne m’arrêterai pas, je vous le promets”, a menacé Kanye West, dans une salve de tweets entrecoupée d’appels à prier pour et avec lui.

“Je suis une des personnes les plus célèbres du monde et Universal ne me communiquera pas le coût de mes masters car ils savent que je peux me les payer”, s’est-il encore indigné, comparant le travail des maisons de disques et les contrats qu’elles établissent à de “l’esclavage moderne”. 

Drake, J Cole, Kendrick Lamar, Bono, “même Taylor [Swift]”… Kanye West a appelé les stars de la musique à le retweeter, voire à prendre part pour certains à des discussions sur la suite des événements. “Il est temps de se libérer”, a-t-il ainsi lancé à des collègues du monde du hip-hop. “Nous n’allons pas nous disputer entre nous alors que quelqu’un que nous ne connaissons pas, en Europe, se fait payer [pour notre travail] et met cet argent dans des fonds de pension”, a-t-il tweeté.

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