Dalida, Coluche ou Jean Gabin : Thierry Ardisson ressuscite des stars défuntes dans sa nouvelle émission "Hôtel du temps"

Thierry Ardisson signe lundi 2 mai son retour sur le petit écran et sur le service public avec l’émission Hôtel du temps. Dans ce véritable ovni télévisuel, l’animateur âgé de 73 ans ressuscite des stars décédées grâce aux nouvelles technologies, le temps d’une interview documentaire. Coup d’envoi ce lundi 2 mai en première partie de soirée (21h05) sur France 3, avec un premier volet dédié à la chanteuse Dalida.

Le concept de cette émission coproduite avec Troisième oeil (Mediawan), qu’Ardisson porte depuis trois ans : faire se raconter sous forme d’interview des célébrités décédées, ressuscitées au pic de leur notoriété, à l’aide des dernières prouesses technologiques.


Les stars se racontent sur la base de propos qu’elles ont vraiment tenus

Outre l’émission sur Dalida, la diffusion de deux autres numéros, consacrés à Coluche et Jean Gabin, est annoncée pour les mois à venir sur France 3. Chaque vedette conversera avec Thierry Ardisson, lui-même rajeuni, dans le luxueux Hôtel du temps, installé pour l’occasion dans le palace parisien Le Meurice.

« C’est un vrai documentaire raconté à la première personne avec un intervieweur qui fait accoucher le personnage » en s’appuyant sur des archives, explique Nicolas Daniel, directeur des magazines de France Télévisions.

Donc zéro « questions infernales » ou liées à l’actualité, l’idée étant d’explorer les multiples facettes de stars populaires, comme le passé de résistant de Jean Gabin, ses amours avec Marlène Dietrich ou sa fibre paysanne.

La technologie du « deepfake » pose question

L’émission pose de multiples interrogations éthiques quant au fait de faire parler des morts en recourant au « deepfake« , une technologie d’intelligence artificielle controversée qui permet de truquer les images, en donnant par exemple à des comédiens le visage de personnalités disparues, et de cloner les voix.

« J’ai demandé leur avis aux héritiers » même si, légalement, « il n’y a pas de droit à l’image pour les morts« , explique Thierry Ardisson. « C’est tellement intime qu’on ne peut pas leur imposer ça« , ajoute-t-il. Travailler « main dans la main avec eux » a permis « d’obtenir plein d’infos que je n’aurais peut-être pas obtenues » seul.

L’autre garde-fou éthique de l’émission est que tous les propos tenus par les personnalités « ont été réellement prononcés ou écrits« , garantit l’animateur, qui a donc bâti ses entretiens sur la base de réponses existantes, trouvées au prix d’un « gros travail » de collecte documentaire.

Un « outil » développé par un studio français

Quant au « deepfake« , « c’est un outil : ce qui est bon ou mauvais, c’est l’utilisation qu’on en fait« , tranche Ardisson, qui revendique l’employer « d’une façon positive et culturelle« .

Il lui a fallu toutefois de longs mois pour trouver le partenaire capable d’exploiter cette technologie sur une longue durée, soit 90 minutes d’émission. Le studio français Mac Guff a développé pour l’occasion « un outil unique » en très haute résolution, « à des coûts compatibles » avec le budget de l’émission, souligne Rodolphe Chabrier, président de ce grand nom de l’animation 3D et des effets spéciaux.

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