À Besançon, des candidats du monde entier pour le 57e concours de jeunes chefs d’orchestre

Qui succédera à la jeune cheffe japonaise Nodoka Okisawa lauréate en 2019, ou au prodige britannique Ben Glassberg, couronné en 2017 et aujourd’hui à la tête de la direction musicale de l’opéra de Rouen ? En tout cas, ils sont nombreux à en rêver. Pas moins de 270 candidats vont tenter de décrocher leur place pour les phases finales du prestigieux concours international de jeunes chefs d’orchestre en septembre prochain. Les présélections ont débuté dans des conditions inhabituelles.

Deux pianos mais pas de masque

Et compte tenu de la crise sanitaire, des incertitudes pour organiser les épreuves, les organisateurs s’attendaient à vivre une 57e édition en demi-teinte. Ce ne sera pas le cas, les candidatures ont afflué de partout comme le souligne Jean-Michel Mathé, directeur du concours : “En 24 heures, on était pratiquement complets, on n’a jamais eu ça. Alors qu’on pensait au contraire qu’on aurait beaucoup de désistements (…) il y a eu un vrai engouement et ça nous a donné beaucoup d’énergie pour rester positifs. Et maintenant, on se projette vraiment en septembre, puisque là on est avec deux pianos. Mais en septembre, ce sera des grands orchestres. On espère qu’on aura toutes les possibilités de le faire“.  

Seuls deux pianos, mais la possibilité pour les candidats de tomber le masque. Essentiel pour l’un d’entre eux, Charlie Don : “Ce sont des émotions que l’on transmet aux pianistes, des choses non dites qui se comprennent juste comme ça. Et on gagne énormément de temps. Ce ne sont pas que les yeux, c’est tout le visage. Ça leur permet de savoir qui on est aussi, parce qu’un chef d’orchestre, c’est un humain avant tout et il faut comprendre l’humain qu’on voit“.

En attendant Berlin, Montréal et Pékin

Sentiment partagé par Jacques Mercier, membre du jury, chef d’orchestre et lauréat du concours en 1972, qui apprécie de voir toutes les expressions des candidats : “On ne pourrait diriger qu’avec les yeux, mais là, on voit tout le corps. Et pour une présélection, c’est vraiment essentiel et c’est tellement parlant. C’est incroyable parce qu’en douze minutes, on comprend beaucoup de choses“.

Douze minutes et deux pianistes à diriger sur des extraits de La Mer de Claude Debussy et Les Créatures de Prométhée de Ludwig van Beethoven. Après Besançon, les sélections vont se poursuivre dans les prochaines semaines à Berlin, Montréal et Pékin. Ils ne seront que vingt à participer aux phases finales en septembre prochain pour tenter de décrocher le graal.

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