A Beaune, le Festival d'opéra baroque et romantique, pionnier dans le domaine, souffle ses 40 bougies

Opéras ressuscités, jeunes talents propulsés, concerts sur instruments d’époque dans l’écrin magnifique des Hospices de Beaune (Côte-d’Or) : le Festival international d’opéra baroque et romantique fête 40 ans d’un esprit pionnier à la redécouverte de la musique des 17e et 18e siècles.

« Il n’y avait pratiquement aucun endroit où l’on pouvait écouter de la musique ancienne » : au début des années 1980, le baroque n’était pas encore redevenu à la mode mais Anne Blanchard, sa fondatrice et directrice artistique, en avait déjà fait sa passion.

Un succès immédiat

Mélomane autodidacte – « ma mère, qui jouait du piano, me faisait écouter du baroque à 9-10 ans » -, Anne Blanchard devient semi-amateur dans le monde du baroque, parallèlement à une carrière de professeur d’histoire : elle participe à de nombreux jurys et produit des émissions musicales sur France Culture. Mais à Beaune, « il manquait un événement musical ».

Anne Blanchard fonde donc, en 1983, des « rencontres » du baroque. « Cela a tout de suite très bien marché », dit-elle. Très vite, le festival devient une sorte de Mecque du genre. Avec 10 000 spectateurs chaque été, il est loin des quelque 80 000 du Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence, mais un des rares entièrement consacrés au baroque (et au romantique depuis dix ans).

Le festival s’installe ainsi parmi les plus grands rendez-vous du genre, aux côtés d’Innsbruck en Autriche, de Bruges en Belgique, d’Ambronay en France… Participant largement à la « révolution baroque » des années 1970, qui a fait redécouvrir cette musique de la période 1600-1750, Beaune a ressuscité des opéras oubliés de Lully, Rameau ou Haendel.

Des jeunes talents révélés à Beaune

Grâce à l’intuition et au « nez » dont Anne Blanchard peut se prévaloir, il a aussi révélé de jeunes talents que les grandes scènes s’arrachent aujourd’hui. Les chefs français Stéphane Fuget, Jérémie Rhorer ou américain William Christie, le contreténor allemand Andreas Scholl : tous ces grands noms ont commencé à Beaune.

C’est pour le souligner que la 40e édition du festival (du 8 au 31 juillet) a été pensée autour de ces artistes : Christie dirigera le Partenope de Haendel, Rhorer le Tancrède de Rossini, Fuget l’Orfeo de Monteverdi…

Le cadre somptueux des Hospices médiévaux de Beaune, ou de la basilique Notre-Dame, ajoutent au charme du festival mais le public est là « pour la musique », assure Anne Blanchard. Et il est prêt à voyager : 30% vient de l’étranger, en particulier de Suisse, et 35% de l’extérieur de la région de Beaune, principalement de Paris.

« Vieillissant », le public reste cependant « fidèle », la billetterie couvrant la moitié environ du budget d’un festival tenu par seulement trois employés. « C’est un peu fatigant », ose Anne Blanchard, aujourd’hui retraitée, qui pense « sérieusement » à passer la main.

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