Tout savoir sur le jean

Des mines d’or aux défilés haute couture, ce pantalon en a vu de toutes les couleurs.

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C’est un chiffre qui donne le vertige : il se vend 73 jeans chaque seconde dans le monde ! Avant d’être ce pantalon en coton porté partout et par tous, c’est d’abord une toile appréciée pour sa robustesse.

Si on remonte le fil de son histoire, tout commence à Gênes en Italie où, au XVIe siècle, les marins transportent des ballots pleins de ce textile déjà composé de coton, lin et laine mélangés. Son parcours se poursuit dans le Languedoc, où des bergers en transhumance s’habillent d’un sergé de coton et soie tissé à Nîmes (le denim) ou dans le comté anglais du Lancashire, célèbre pour ses manufactures de futaines.

Populaire outre-Atlantique

Difficile donc d’identifier l’origine exacte de l’étoffe retrouvée sur la côte ouest des Etats-Unis trois siècles plus tard. Pour Jacob Davis, tailleur letton installé au Nevada, sa solidité la rend idéale pour les salopettes proposées aux ouvriers, notamment ceux employés à la construction du premier chemin de fer transcontinental américain. Levi Strauss, négociant textile prospère de Californie, équipe les chercheurs d’or de cette toile pour leurs tentes et tenues de travail. Avisés, les deux hommes s’associent pour lancer un pantalon rendu encore plus résistant grâce à la pose de rivets en cuivre au coin des cinq poches. C’est avec cette trouvaille brevetée le 20 mai 1873 que le jean est né.

La star à Hollywood

Disponible alors en écru et en marron, le blue-jean s’impose, comme son nom l’indique, en indigo dans les années 1950, lorsqu’il épouse avantageusement les formes des stars hollywoodiennes, Marlon Brando, James Dean, Elvis Presley puis Marilyn Monroe. Ainsi popularisé, il gagne peu à peu la rue. Et alors que la contestation gronde contre le vieux monde conservateur et la guerre du Vietnam, il devient l’étendard d’une jeunesse en rébellion. Déchiré par les punks londoniens, prolongé de pattes d’éph sur les hippies, le vêtement assagi finit par séduire la haute couture. Durant ces années post-mai 1968, il n’y a bien qu’un seul endroit sur la planète où il est absent : les vitrines des pays communistes.

Une innovation tricolore

Un couple français, Marithé et François Girbaud, va bientôt lancer un pavé, non pas dans la mare, mais dans leur machine à laver quand, introduisant des pierres ponces, ils créent en 1972 l’effet délavé que bientôt le monde entier s’arrache. Si les deux stylistes ont, depuis, amélioré leur procédé en privilégiant le laser, les industriels continuent eux de vieillir leurs productions à grande eau, et à l’aide de tonnes de sable, de colorants chimiques et de détergents. Un désastre tant écologique que sanitaire pour leurs employés.

Aujourd’hui, l’heure est aux jeans plus propres. Mais ils restent toujours aussi techniques à fabriquer. Car s’ils sont si faciles à porter, ils demandent l’assemblage délicat de 30 éléments.

Sous toutes les coutures

Histoire, conception, mode, économie… Dans un décor évoquant un atelier textile, l’expo Jean de la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris, retrace la folle aventure d’un vêtement vendu à plus de 2 milliards d’unités par an ! Jusqu’au 22 janvier 2022. cite-sciences.fr

Article paru dans le numéro Femme Actuelle Jeux Voyages n°47 juin-juillet 2021

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