Pour monter les marches du sulfureux "Benedetta", Virginie Efira en odeur de sainteté à Cannes

La Planète Marches. – Jour 4. L’actrice de Benedetta a foulé le tapis rouge du 74e Festival de Cannes, ce vendredi 9 juillet. Très attendu, le film de Paul Verhoeven est arrivé sur la Croisette précédé de sa réputation de scandale.

C’était l’un des films les plus attendus de la compétition, auréolé d’un parfum de scandale, autour des amours interdites d’une nonne du XVIIe siècle, Benedetta, interprétée par Virginie Efira. Une atmosphère mystique régnait bien sur le tapis rouge du Palais des festivals ce vendredi 9 juillet. Une silhouette encapuchonnée qui semble tout droit sortie d’un monastère apparaît d’abord. Ce n’est pas Virginie Efira, mais Tina Kunakey, vestale mystérieuse dans une robe lilas nouée de rouge qui n’aurait pas dépareillée sous une cathédrale.

Jessica Hausner et Mélanie Laurent, membres du jury 2021. (Cannes, le 9 juillet 2021.)

Le président du jury, Spike Lee, et son épouse, Tonya Lewis Lee. (Cannes, le 9 juillet 2021.)

Niels Schneider. (Cannes, le 9 juillet 2021.)

Virginie Efira. (Cannes, le 9 juillet 2021.)

Irène Jacob lui succède, héroïne habitée de La Double Vie de Véronique, le chef-d’œuvre de Krzysztof Kieslowski. L’actrice de 54 ans est venue présenter une version restaurée du film qui l’avait révélée voilà trente ans et lui avait valu le prix d’interprétation à Cannes en 1991. Attirée par la réputation sulfureuse du film, Roselyne Bachelot, la ministre de la Culture, a accouru elle aussi. «Il paraît que ça cogne», dit-elle au journaliste Didier Allouch en bas des marches. Le jury au complet la rattrape, mené par son président Spike Lee coiffé d’un béret, venu accompagné de sa femme Tonya Lewis Lee. Maggie Gyllenhaal révèle que les jurés ont tenu leur première réunion ce vendredi. Mais les fans de The Crown n’ont d’yeux que pour Josh Connor, l’acteur britannique qui incarne le prince Charles dans les saisons 3 et 4 de la série, et fait sensation dans son costume rose pâle.

Cannes 2021 : la montée des marches du 8 juillet en vidéo

Grande prêtresse dorée

Un brouhaha monte alors du boulevard. C’est bien Virginie Efira cette fois, qui surgit, rayonnante en robe et cape lamées dorées. Vestale ondulante, elle a délaissée l’austère robe du couvent, et murmure à l’oreille de Paul Verhoeven en anglais. Dans Benedetta, l’actrice de 44 ans offre son visage de madone au rôle-titre, celui d’une nonne qui vécut en Toscane au XVIIe siècle, et fut jugée pour mysticisme et homosexualité. Elle s’éprend d’une jeune nonne, incarnée par la prometteuse actrice belge Daphné Patakia.

«J’ai cru que ce film ne sortirait jamais», dit l’actrice, qui a tourné il y a déjà trois ans. Victime d’un problème de santé, en 2019, auquel a succédé la pandémie, Paul Verhoeven a dû retarder la sortie du film. «C’est très difficile, confirme le réalisateur néerlandais de 82 ans, d’attendre deux et demi pour le donner au public.» Mais ça valait la peine d’attendre, s’enthousiasme l’actrice d’origine belge, encore enchantée des souvenirs des trois mois de tournage, auprès d’un «cinéaste aussi jeune et libre dans sa manière de raconter les choses».

Chevalier servant

La dernière fois qu’elle avait foulé le tapis rouge le plus célèbre du cinéma, le 24 mai 2019, l’actrice était renversante mais avait failli tomber à la renverse. La faute à une bride de sandale capricieuse. En digne chevalier servant, son compagnon Niels Schneider avait renoué les lacets, agenouillé à ses pieds. Il est bien là ce soir, discret sur le tapis rouge dans son costume croisé. Dans la salle, l’acteur canadien est assis juste derrière elle, qui se retourne une dernière fois lui lancer un regard complice avant l’extinction des lumières. Un couple en état de grâce. Sainte Virginie priez pour nous !

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