Jill Kortleve, le mannequin taille 40 qui fait bouger les lignes

Avec son mètre 75 et sa taille 40, elle s’impose sur les podiums les plus prestigieux, de New York à Paris. Portrait d’un mannequin qui passionne la mode.

Elle fait partie du panel de mannequins et autres personnalités de renommée mondiale qui incarne la nouvelle collection Printemps-Été Dsquared2. Un signe que l’ascension de Jill Kortelve se poursuit. Tout commence en mars 2020, quand Chanel défile au Grand Palais. On y découvre la nouvelle collection portée par les mannequins habituels de la maison, et un visage encore jamais vu sous la grande verrière. C’est celui de Jill Kortleve, une Néerlandaise âgée de 26 ans. Sourcil broussailleux, carré noir coupé net et silhouette familière. Et pour cause, elle s’habille en 40, autrement dit, la taille la plus portée par les Françaises (selon l’Institut français de la mode). À priori, rien de fou. Et pourtant, voilà dix ans que Chanel n’avait pas fait défiler un mannequin dont les mensurations sortent des «standards» de la mode -correspondant majoritairement à un 34. Il faut remonter à 2010, au défilé croisière de la marque qui s’était tenu à Saint-Tropez, où l’Américaine Crystal Renn, alors âgée de 23 ans, avait foulé les quais du Vieux-Port avec sa taille 44.

Septembre 2020 : Jill Kortleve est partout. «Il y a une vraie demande de la part des marques et des grandes maisons», explique Nathalie Cros-Coitton, directrice de l’agence Women Management, qui représente le mannequin. On la retrouve en effet dans une minirobe drapée défilant dans les champs de blé de Jacquemus, en couverture de Vogue (France et Espagne), à la dernière Fashion week de Milan, en chemise crop-top chez Versace, en rouge fatal chez Fendi. «Et vous la verrez aussi partout à Paris», assure son agent. Bref, les marques s’arrachent Jill Kortleve, dont la seule présence rebat les cartes de la diversité sur le podium.

Jill Kortleve à son premier défilé pour Alexander McQueen printemps-été 2019. (Paris, le 1er octobre 2018.)

Fin 2018, les choses s’accélèrent. Pour la première fois, la jeune femme foule les podiums de la Fashion Week chez Alexander McQueen, à Paris. Elle est dite «en exclusivité» par la marque britannique, une manière pour cette dernière d’annoncer qu’elle a mis le doigt sur un diamant brut.

Après une campagne pour Alexander McQueen, donc, le top signe avec des agences à Londres, New York et Paris où elle intègre l’écurie Women Management qui gère aussi les carrières de Joan Smalls, Mariacarla Boscono et Jourdan Dunn. Depuis, elle enchaîne les podiums : Prabal Gurung, Michael Kors, Simone Rocha, Mugler… Le site Models.com, le trombinoscope qui recense mannequins et créatifs du milieu de la mode, place désormais la jeune femme dans son «Top 50» des visages les plus demandés. «C’est une fille qui est vraiment bien dans sa peau, c’est ce qui frappe quand on la voit la première fois et c’est ce qui fait que les marques la réclament», justifie son agent. Pour preuve, s’il en fallait une, ce mantra «Self Love» («Amour de soi») que Jill s’est fait tatouer sur les phalanges intérieures de la main.

Cet article, initialement publié le 30 septembre 2020, a fait l’objet d’une mise à jour.

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