Ce qu'il faut savoir sur le passionnant métier de styliste
  • Le styliste personnel est le conseiller des particuliers
  • Le costumier est un vrai interprète
  • Le styliste de célébrités, star parmi les stars et reflet de son époque
  • Le travail de curation est fondamental
  • Un métier sous-estimé

Il n’existe pas une mais plusieurs typologies de stylistes. Costumierspersonal shoppers, ou encore stylistes de presse… Ces experts de la mode partagent un but commun : composer des tenues qui reflètent le caractère de celleux qu’ils habillent.

Derrière ce don naturel pour la cohérence stylistique, le très convoité métier de styliste implique de grandes responsabilités.

Le styliste personnel est le conseiller des particuliers

« Je dois habiller Kim [Kardashian] tous les jours pour qu’elle ne m’embarrasse pas », balançait Kanye West sur Twitter en 2012. Par ce tweet on ne peut plus condescendant, le rappeur et designer expliquait pourquoi il avait endossé le rôle de styliste personnel pour son ex-épouse.

Laureen Allegro, fondatrice de l’agence de stylisme Les Jolies Momes et styliste personnelle pose des mots différents sur l’enjeu de cette profession qui est la sienne : « Je suis soit la continuité, soit l’enclenchement de quelque chose ».

Définition. Styliste personnel : créatif qui conseille et exalte le style vestimentaire de son client pour que celui-ci révèle la meilleure version de lui-même.

https://www.instagram.com/p/CTorXqEjvku/

Le styliste personnel travaille dans un showroom où il reçoit ses clients. Cette clientèle, principalement des particuliers, vient toujours avec une problématique en tête. Qu’il s’agisse de trouver le style qui inspire la réussite professionnelle ou le look parfait pour trouver l’amour.

Comme beaucoup, dans son agence, Laureen Allegro établit un premier diagnostic avec chacun de ses clients puis leur soumet des lookbooks saisonniers. 

Elle précise : « Je leur crée des silhouettes, en général 7 pour faire une silhouette par semaine. J’explique comment porter les vêtements ensemble et en général les silhouettes sont interchangeables, ce qui leur permet d’avoir des silhouettes à créer en plus. »

Le styliste personnel fait constamment de la veille inspirationnelle via Pinterest, Instagram, ou autre pour trouver le style qui va plaire à ses habitués. Saison après saison, il accompagne son client vers de nouveaux virages vestimentaires.

Le costumier est un vrai interprète

À tou.tes celles et ceux qui ont récemment binge-watched La Chronique des Bridgerton ou Euphoria : quelque chose nous dit que le métier de costumier ne vous est pas inconnu. 

C’est cet artiste qui a la responsabilité de concocter un style pour chaque personnage d’une série, d’un film, ou même d’une pièce de théâtre. La particularité ? Les costumiers n’ont pas de formation type mais beaucoup d’entre eux ont des connaissances en couture.

Son plus gros challenge est de comprendre le personnage, ses intérêts, son statut social et surtout l’époque dans laquelle il vit. Tout ce bagage va être traduit via le vêtement.

C’est la costumière de Dix pour Cent Anne Schotte qui en parle le mieux. Dans le podcast Profession : costumière, elle a déclaré : « le costume aide la mise en scène. Il faut toujours qu’un costume raconte quelque chose, qu’il soit joli ou pas ce n’est pas la question. »

L’avantage pour le costumier, c’est qu’il bénéficie d’un budget plus ou moins colossal – selon la production sur laquelle il travaille – pour faire naître ses idées. Il propose et l’équipe de production dispose.

Le styliste de célébrités, star parmi les stars et reflet de son époque

Si le grand métier de styliste est apparu il y a fort longtemps, celui de styliste de stars n’a jamais été aussi important.

Il y a une raison à cela : depuis plus de 10 ans, le Hollywood Reporter publie chaque année sa liste des stylistes d’artistes les plus puissants au monde. Une sélection qui a mis en lumière les visages et les noms de ces artistes qui étaient auparavant dans l’ombre.

Mais si aujourd’hui on s’intéresse aux celebrity stylists, c’est surtout parce l’ère Instagram a chamboulé notre façon de nous présenter au monde. Tous, et en particulier les célébrités, veulent désormais se créer une crédibilité mode.

Le styliste de célébrités collabore étroitement avec les marques amies de son client et il a la lourde responsabilité de créer le look d’une star. Ce look, si tant est qu’il soit réussi, peut aider un personnage public à dénicher plus de rôles au cinéma, de contrats publicitaires etc.

Dans le rap où la mode a toujours été omniprésente, la présence de stylistes de stars se fait de moins en moins rare. Certains d’entre eux n’ayant pas forcément suivi de filière en stylisme, un simple détail à l’heure où le DIY (Do It Youself) est roi.

Youth Smhr en est la parfaite incarnation. Il est de ceux qui se sont faits seuls et il a usé des réseaux sociaux comme d’un tremplin dès 2016. « J’avais des idées et une signature. » dit-il simplement pour justifier son ascension.

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À l’époque, il se décide à habiller sa copine puis ses proches, et se distingue par ses compositions avant-gardistes. Ses mentions « j’aime » s’accumulent, de même pour les sollicitations. Puis vient celle d’un certain Oumar Samaké – alias Oumardinho -, producteur et directeur de labels. Résultat ? Le nom de Youth Smhr apparaît dans les crédits stylisme du clip de Flashé, morceau du rappeur courneuvien Dinos.

Le chanteur Tayc, la rappeuse américaine Saweetie, ou encore Jaden Smith font aujourd’hui appel au styliste de 29 ans.

Si d’autres s’auto-proclament stylistes de stars, Youth Smhr parle de « développement d’image ». « Quand j’accompagne un artiste, j’essaye de le pousser vers le haut en lui proposant quelque chose de complètement différent pour le sortir de sa zone de confort. »

Law Roach, Axelle Gomila, Kollin Carter… Les stylistes de stars sont de plus en plus nombreux et célèbres, parfois même plus que ceux qu’ils habillent.

Le travail de curation est fondamental

Qu’ils travaillent avec des particuliers, sur des plateaux de tournage, ou pour une entreprise ; il y a une mission fondamentale qui réunit tous les stylistes : la curation. C’est le coeur de leur métier.

La curation, c’est le fait d’aller dénicher ici et là des pièces de mode pour les intégrer dans une prestation.

Youth Smhr explique que « 3/4 du temps, [les stylistes] vont vers les marques ou leurs bureaux de presse » pour décrocher des collaborations. On pourrait croire que les stylistes ne convoitent que les géants du luxe mais ça, c’est une intox. C’est justement à leur faculté de repérer des marques de mode émergentes ou des pièces d’archives pointues que l’on reconnaît leur flair.

Le styliste qui travaille régulièrement avec Tayc a sa façon de faire : « j‘aime aller chercher des marques indépendantes que je déniche moi-même, que ce soit la marque basée au Togo ou au Pérou. C’est plus intéressant de travailler ainsi car tu seras seul à mettre en avant cette marque. »

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Mais à mesure que le business se développe, les marques ont flairé un terrain fertile. Il n’est pas rare à présent que des maisons de mode démarchent les stylistes pour leurs propres intérêts.

Dans l’optique de garder son éthique, la styliste/modéliste de formation Laureen Allegro est radicale : elle fait le choix de refuser toutes collaborations, stipulant que sa neutralité deviendrait factice si elle se voyait être payée simultanément par son client et par une marque. 

Un métier sous-estimé

Synonyme de glamour, cette profession accueille à bras ouverts de plus en plus de freelances plus ou moins formés (la formation de base est celle de styliste/modéliste qu’on retrouve dans différentes écoles, ndlr). Raison pour laquelle dans une ville comme Paris, le réseau commence à saturer. 

Ce que l’on dit peu, c’est que les stylistes souffrent de leur statut de créatifs. Leur travail n’est pas toujours reconnu à sa juste valeur. Surtout en France comme nous l’apprend Youth Smhr, styliste d’artistes internationaux : « ici, on va tenter d’avoir le meilleur pour pas cher. C’est une réalité dans le stylisme et la musique. »

Il précise « qu’aux USA, on veut le meilleur au meilleur prix. Si tu dis que ton travail vaut 100 dollars de l’heure les gens trouvent cela étrange ». Sous-entendu que le tarif serait trop bas.

Plus qu’un simple artiste du style, le styliste exorcise les insécurités et fait tomber les inhibitions de son client. 

Laureen Allegro, fondatrice de l’agence Les Jolis Momes rapporte : « parfois le rapport au corps peut être lourd. C’est assez courant de voir des personnes qui pleurent pendant la prestation parce qu’on touche à quelque chose de profond alors qu’on évoque que la couche superficielle finalement. »

Exit les stéréotypes superficiels, le styliste est un réel psychologue du vêtement.

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