Vaginisme : "Je veux dire aux femmes qu’elles ne sont pas folles et que ça se guérit"

Le vaginisme entraîne une contraction des muscles du vagin empêchant toute pénétration. Après des années d’errance, Morgane a compris qu’elle souffrait de ce trouble. Elle témoigne.

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« C’est comme si je laissais ma main volontairement sur une plaque de feu et que je ne la retirait pas alors que la brûlure est insoutenable ». C’est avec ces mots que Morgane décrit la douleur qu’elle ressent lorsqu’elle a un rapport sexuel avec pénétration. Après des années d’errance, elle a compris qu’elle souffrait de vaginisme, qui se caractérise par une contraction involontaire des muscles du vagin, empêchant toute pénétration. Ce trouble représenterait 6 à 15% des consultations en sexologie, selon le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (Cngof).

« On m’a répété : ‘Détendez-vous, c’est rien, c’est dans la tête »

Pour Morgane, tout a commencé à la puberté. « Dans mon cas, les tampons n’ont jamais été possibles, mais à 14 ans on n’est pas là en train de se dire qu’il y a un problème sexuel », raconte-t-elle. A 16 ans, lorsqu’elle a son premier rapport sexuel, la pénétration est impossible. Elle redoute alors l’idée même du rapport sexuel : « On se dit souvent que lorsqu’il y a un rapport sexuel, ça va se terminer par une pénétration ». Résultat : de peur d’être rejetée, Morgane évite les relations. « Dès que ça dépassait le premier date, je prenais la fuite parce que je me disais, à tout moment le garçon ou la fille va vouloir plus », explique-t-elle.

Ce n’est qu’à l’âge de 20 ans qu’elle comprend qu’elle souffre de vaginisme. Pourtant, chez le gynécologue, « on m’a répété un nombre de fois incalculable : détendez-vous, c’est rien, c’est dans la tête, changez de copain ». Elle a d’ailleurs vécu une situation qu’elle qualifie de « traumatisante » lors d’une consultation chez un spécialiste qui lui avait été recommandé. « J’ai brièvement parlé avec lui et il a inséré le spéculum. Je lui ai demandé de le retirer parce que ça faisait extrêmement mal. Il l’a retiré, il a mis du lubrifiant et il l’a réinséré. Il m’a dit : ‘Mais vous avez si mal que ça pour pleurer ?’. Parce que du coup j’ai pleuré. Parce que oui, la douleur était atroce », se souvient-elle.

« J’ai compris que la sexualité, c’était quelque chose d’agréable »

C’est une kinésithérapeute qui a notamment aidé Morgane. Elle a fait « un travail exceptionnel puisque j’avais sans doute un peu les muscles atrophiés (…) et un travail de déconstruction où on m’a permis de comprendre que la sexualité c’était pas mal, c’était quelque chose de bien, d’agréable », indique-t-elle.

La jeune femme a ensuite entamé un travail psychologique : « Il s’est fait avec Mame Ndanty Badiane, avec qui je travaille aujourd’hui, qui est créatrice de programmes en ligne : ‘Je guéris du vaginisme’ ». L’un des objectifs était notamment de mettre le doigt sur les blocages qui entrent en jeu dans le vaginisme. « Il y a des peurs qui existent, comme la peur du rejet, de l’humiliation, la trahison, l’injustice, etc. Moi, en l’occurrence, c’était la peur de l’abandon qui était très forte », explique la jeune femme.

« La vaginisme ne m’a pas empêché d’avoir une vie sexuelle plus qu’épanouie »

Grâce à ce travail, Morgane a appris qu’il était possible d’avoir une vie sexuelle épanouie malgré le vaginisme. « J’ai vécu cinq ans sans pénétration vaginale avec mon conjoint actuel et ça ne nous a pas empêché d’avoir une vie sexuelle plus qu’épanouie parce qu’au final je pense que j’ai éveillé ma curiosité sur le sujet et on a fait un tas de choses que je n’aurais peut-être pas fait sans ce trouble-là », assure-t-elle.

L’un des messages qu’elle souhaite faire passer à toutes celles qui souffrent de vaginisme ?« Vous avez du vaginisme, vous n’êtes pas folles, ça se guérit et vous pouvez avoir une vie sexuelle épanouie, avec ou sans vaginisme ». « Le tout c’est d’être épanouie personnellement, sexuellement, de savoir ce qu’on aime, ce qu’on n’aime pas, ce qu’on veut et ce qu’on ne veut pas », conclut-elle.

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