Vaccin Pfizer : peut-il vraiment favoriser la propagation du virus dans tous les organes ?

Le vaccin accélère-t-il la propagation de la Covid-19 dans l’organisme ? C’est ce que suggèrent certains commentateurs sur les réseaux sociaux, après avoir fait une interprétation erronée d’une étude portant sur l’autopsie d’un patient qui avait reçu une première injection du vaccin Pfizer. On fait le point.

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Plus de 18 millions de Français bénéficient désormais d’un schéma vaccinal complet. Mais tandis que la campagne de vaccination contre la Covid-19 se poursuit dans l’Hexagone, certaines fausses informations continuent de se propager sur les réseaux sociaux. La dernière en date a été lancée par Hal Turner, commentateur politique d’extrême droite américain, à partir d’une interprétation erronée d’une étude allemande parue dans l’International Journal of Infectious Diseases. Des allégations selon lesquelles le vaccin serait inefficace voire dangereux.

Le vaccin accélère-t-il la propagation de la Covid-19 ?

Ces travaux relatent le cas d’un homme de 86 ans ayant reçu une première dose du vaccin Pfizer. Il est décédé quatre semaines plus tard et a été testé positif à la Covid-19 juste avant sa mort. Sur son site internet, Hal Turner écrit que “le vaccin, tout en déclenchant une réponse immunitaire, n’a pas empêché le virus de pénétrer dans tous les organes du corps”.

Une affirmation reprise en France notamment par François Asselineau, président de l’Union populaire républicaine (UPR) et ancien candidat à l’élection présidentielle. Sur Twitter, il parle d’une “découverte inquiétante” : “La première autopsie d’un mort ayant reçu la vaccination Pfizer révèle que les protéines ‘Spike’ du SRAS-CoV2 étaient présentes dans presque tous les organes du patient”, poursuit-il.

💉 DÉCOUVERTE INQUIÉTANTE [1]
La première autopsie d’un mort ayant reçu la #vaccination #Pfizer révèle que les protéines “Spike” du SRAS-CoV2 étaient présentes dans presque tous les organes du patient.
(Source: International Journal of infectious Diseases)https://t.co/sQdBngxS5U

Selon lui, cela pourrait constituer la preuve que les vaccins à ARN messager “ont des effets encore inconnus et peuvent peut-être même accélérer la propagation de la Covid-19”, écrit-il. De son côté, l’américain Hal Turner conclut que “le vaccin a conduit cet homme âgé à sa perte”.

Vaccin Pfizer : “une présentation déformée des faits”, selon les chercheurs

Autant de propos auxquels ont réagi les auteurs de ces travaux. “C’est avec une grande consternation que nous nous distançons de la présentation déformée des faits faite par Turner”, a déclaré le Pr Torsten Hansen, principal auteur de l’étude, au site américain Lead Stories.

Le spécialiste rappelle dans un premier temps que le patient n’avait reçu qu’une seule dose de vaccin. “Ce fait a notamment été complètement ignoré par M. Turner. Ainsi, il est bien connu que l’immunogénicité (la capacité à provoquer une réaction immunitaire, ndlr) contre le Sars-CoV-2 n’est pleinement établie que deux semaines après la deuxième dose (…) Il est plus que choquant que Turner ait utilisé nos résultats de cette manière”, explique-t-il.

Vaccin Covid-19 : il n’a pas causé la mort du patient

Le spécialiste contredit une à une les affirmations d’Hal Turner : non, l’ARN du virus n’a pas été retrouvé dans “presque tous les organes du patient”, mais dans sept des neuf organes qui ont été analysés par les chercheurs, ce qui ne correspond même pas à “la majorité des organes présents dans le corps humain”, précise le Pr Torsten Hanse sur Franceinfo. Il ajoute que cet ARN provient du virus et non pas “du vaccin”.

Autre mise au point : “Notre patient, bien que positif au Sars-CoV-2, n’est pas mort du Covid-19. Nous pensons que la réponse immunitaire due au vaccin a été en mesure de prévenir le Covid-19″, explique à AFP Factuel le Pr Trosten Hansen. Le spécialiste indique que ce n’est pas non plus le vaccin qui a provoqué la mort du patient. “Il est vraiment incompréhensible pour nous de savoir comment [ces commentateurs] en viennent à cette conclusion, parce que nous n’avons observé aucun effet secondaire de la vaccination, que ce soit par un examen clinique ou morphologique”, précise le chercheur allemand sur Franceinfo. Les conclusions de l’étude indiquent que le décès du patient est dû à une bronchopneumonie et une insuffisance rénale aiguë.

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