Un "stress modéré" serait bénéfique à notre santé mentale

Fatigue, troubles du sommeil, tensions musculaires, anxiété… Le stress est un mal qui nous ronge tous, à différents degrés. 

Mais à en croire les dernières conclusions d’une étude publiée le 28 juillet 2022 dans la revue Psychiatry Research, le fait d’être angoissé.e pourrait, dans certaines situations, être bénéfique pour le cerveau.

« Si vous vous trouvez dans un environnement où vous êtes soumis à un certain niveau de stress, vous pouvez développer des mécanismes d’adaptation qui vous permettront de mieux vous organiser de manière à être plus performant et moins stressé dans le futur », affirme Assaf Oshri, auteur principal de l’étude et professeur associé au College of Family and Consumer Sciences.

En 2021, une étude publiée dans la revue American Psychological Association expliquait déjà qu’un « stress limité » pouvait « soulager notre santé mentale ». 

Un niveau de stress modéré « réduit le risque de développer des troubles psychiques »

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont analysé les données de plus de 1200 jeunes adultes, récoltées grâce à un questionnaire quantifiant leur niveau de stress. 

“Les participants.es ont répondu à des questions sur la fréquence à laquelle ils ont éprouvé certaines pensées ou certains sentiments, comme ‘au cours du mois dernier, combien de fois avez-vous été bouleversé à cause d’un événement inattendu?’ et ‘au cours du mois dernier, combien de fois avez-vous trouvé que vous ne pouviez pas faire face à toutes les choses que vous aviez à faire?’ ”, précisent les chercheurs.

Leurs capacités cognitives ont ensuite été évaluées à l’aide de divers tests (attention, flexibilité cognitive, mémoire des séquences d’images, mémoire de travail et vitesse de traitement).

Les résultats ont ainsi révélé que des niveaux de stress faibles à modérés aident les individus à développer une résilience et à « réduire le risque de développer des troubles psychiques et/ou relationnels », comme la dépression et l’anxiété sociale. 

« La plupart d’entre nous connaissent des expériences défavorables qui nous rendent en fait plus forts », a déclaré Assaf Oshri. « Même si ces dernières induisent du stress, elles peuvent nous aider à évoluer ou à développer des compétences qui nous prépareront pour l’avenir. »

Apprendre à évaluer le stress pour en tirer des bienfaits

Dans un article publié en 2021 dans le magazine Cerveau et Psycho, Rüya-Daniela Kocalevent psychologue et psychothérapeute expliquait d’ailleurs que la plupart des gens évaluaient le stress de façon « très, voire trop, négative ».

« De nombreuses fonctions vitales de l’organisme, comme la pression artérielle et la température corporelle, sont ‘conçues’ pour se réguler et rester stables. Le stress perturbe cet équilibre à court terme, certes. Mais c’est précisément de ce stimulus que nous avons besoin pour grandir, évoluer personnellement et être efficaces. Ainsi, il est logique que la pression artérielle et la tension musculaire augmentent lorsqu’une personne vous menace : c’est une aide pour réagir rapidement au danger », indiquait-elle alors. 

Mais selon la spécialiste, il convient d’évaluer le stress, pour savoir si l’on va pouvoir en tirer des bienfaits. 

« Considérons par exemple certains événements critiques de la vie, comme une séparation ou la perte d’un emploi : il s’agit là d’épreuves bien définies, spécifiques et ponctuelles, qu’il s’agit de surmonter. En revanche, certains facteurs de stress quotidiens, comme une pression constante au travail ou une incompatibilité entre vies professionnelle et familiale, entraînent un stress de fond, permanent ou récurrent, clairement plus problématiques« , nuançait-elle. 

Des effets nocifs sur le corps et l’esprit à ne pas minimiser

Ainsi, les chercheurs de l’Université de Géorgie l’indiquent également : la capacité à tolérer le stress varie fortement selon les individus.

“Des facteurs tels que l’âge, les prédispositions génétiques et l’environnement social jouent un rôle dans notre capacité à faire face à l’adversité”, écrivent-ils dans la thèse.

En effet, si un peu de stress dans certaines situations peut être bénéfique à notre cerveau, les auteurs rappellent que des niveaux continus de stress élevé peuvent être dommageables, tant sur le plan physique que mental. Il convient donc de ne pas minimiser les dégâts qu’il peut causer. 

« À un certain point, le stress devient toxique, a déclaré Assaf Oshri avant d’ajouter : le stress chronique, comme celui que l’on ressent lorsqu’on vit dans une pauvreté absolue ou que l’on est maltraité, peut avoir des conséquences physiques et psychologiques très néfastes. Il affecte tout, du système immunitaire à la régulation émotionnelle, en passant par le fonctionnement du cerveau », nuance-t-il, en conclusion de son étude. 

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