Un documentaire lève les « tabous » sur les femmes préhistoriques
  • National Geographic diffuse dimanche 22 mai, à 21h, le documentaire Les Femmes préhistoriques.
  • Deux ans de travail ont été nécessaires pour récolter et exploiter les preuves.
  • Il a été découvert que les femmes chassaient et pouvaient être des individus importants et respectés. Un constat loin des images stéréotypées.

« Parler des femmes préhistoriques, c’est lever un tabou », lance Sophie Janneau. Il aura ainsi fallu deux ans de travail pour que le documentaire qu’elle a produit sur le sujet, voie le jour. Il sera diffusé dimanche 22 mai, dès 21 h, sur National Geographic et suivra Clothilde Chamussy, vidéaste diplômé d’archéologie qui cherche à « dynamiter les mythes sur les femmes de la préhistoire. »

C’est grâce à Marie-Antoinette de Lumley que la question du genre est devenue une préoccupation pour de nombreux chercheurs. Au musée de l’Homme, elle a repris les recherches sur «l’homme de Menton»… qui s’est avéré être une femme. Les technologies actuelles permettent d’en apprendre beaucoup plus sur les squelettes notamment avec l’étude de l’ADN ancien et celle des dents, véritables cartes d’identité d’un individu. De nombreuses études sont ainsi revues et retravaillées par rapport à la question du sexe comme c’est le cas actuellement pour la célèbre Lucy.

Comme le montre le documentaire, les femmes préhistoriques chassaient aussi. Elles pouvaient également avoir des rôles importants et être respectées au sein des groupes d’individus. On peut évaluer ce degré d’importance par rapport à la richesse de leurs sépultures. La dame de Vix est un parfait exemple d’une femme avec du pouvoir : il a été possible d’établir qu’elle appartenait à une élite du fait de la préciosité des objets retrouvés à côté de son corps. On est bien loin, comme le dirait Marie-Antoinette de Lumley, des représentations stéréotypées voulant que « l’homme préhistorique tirait sa femme par les cheveux. »

« La compétence n’est pas forcément liée au sexe ou à l’âge »

« Ceux qui étudiaient le matériel ont décrété qu’il y avait une division sexuée du travail mais, le problème, c’est qu’on n’a pas vraiment mis ça en évidence. Ils ont simplement comparé au comportement des chasseurs-cueilleurs qui restaient, c’est-à-dire ceux d’Amazonie, souligne l’historienne Marylène Patou Mathis. On a toujours une tendance et les ethnologues ont eu la même à penser que c’est la même chose partout. Et bien non, il faut penser « autre », « différents », d’autres systèmes basés sur la compétence. La compétence n’est pas forcément liée au sexe ou à l’âge. Il faut repenser les sociétés différemment et s’appuyer sur des preuves. » Le sexisme ne serait donc pas le fait des hommes préhistoriques mais celui des chercheurs d’antan. Aujourd’hui les études sont reprises « sans a priori » et c’est ça le plus important aux yeux de l’historienne.

Clothilde Chamussy assure que dans le domaine de l’archéologie, les choses ont changé. « Je n’avais pas forcément cette éducation très genrée et traditionnelle au contraire nos enseignants nous ont toujours proposé différentes hypothèses », raconte celle qui a fini ses études il y a six ans. A l’époque où ses consœurs aînées étudiaient, on ne se posait pas la question : « Dans les livres on voyait des hommes qui taillaient les silex et les femmes qui balayaient la grotte », témoigne Marylène Patou Mathis. De multiples découvertes attendent encore le monde scientifique, qui évolue avec la société.

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