Test Monster Hunter Stories 2 : Le bon petit RPG de l'été

Monster Hunter Stories 2 : Wings of Ruin propose une expérience très différente de ce qu’on a l’habitude de voir avec la licence, tout en restant extrêmement riche sur beaucoup de points.

Monster Hunter Stories représente l’occasion pour Capcom de proposer une aventure dans l’univers de sa licence à travers une histoire bien plus travaillée et scénarisée et un gameplay d’un J-RPG classique au tour par tour. Sauf qu’entre le premier opus et la sortie de ce Monster Hunter Stories 2, il s’est passé un événement majeur pour Capcom : la sortie de Monster Hunter World et son succès planétaire. Entre le petit jeu sorti sur 3DS en 2016 et ce nouvel opus qui sort ce 9 juillet sur Switch et PC, la licence Monster Hunter attire désormais beaucoup plus de joueurs et Capcom peut s’attendre à un afflux massif de joueurs curieux et beaucoup vont forcément se demander s’il faut avoir jouer au premier.

Un scénar qui fait le taf

Si Monster Hunter Stories 2 est une suite, il n’est absolument pas nécessaire d’avoir fait le premier opus pour comprendre ce qu’il se passe et appréhender cet univers. Surtout qu’on parle d’un J-RPG, ce qui veut dire que vous pouvez vous attendre a énormément de dialogues tout au long du scénario, pour le meilleur et pour le pire. La qualité d’écriture est vraiment variable et certains moments vont sembler très vides et peu intéressants et d’autres beaucoup plus captivants et mieux mis en scène. L’intrigue tourne autour de la naissance d’un Rathalos doté des ailes de la ruine, un pouvoir très destructeur qui effraie certains alors que d’autres veulent protéger ce nouveau né.

On vous laisse deviner que l’on se trouve dans le deuxième camp et malgré notre personnage totalement muet, on se laisse prendre par l’intrigue au rythme loin d’être parfait, mais les différentes rencontres avec de nombreux personnages secondaires bien pensés et la découverte de nouveaux endroits suffisent à nous tenir en haleine et à donner envie de voir ce que la suite nous réserve, sans être non plus le scénario de l’année. Et puisqu’il s’agit d’un J-RPG, la durée de vie n’est clairement pas un problème et on s’embarque pour un bon moment dans cette aventure.

Beauté et décadence

Sur Switch, il faut avouer que le jeu a un gros charme. De la même façon que Monster Hunter Rise était très beau sur la console de Nintendo, Monster Hunter Stories 2 a une direction artistique réussie, surtout au niveau des armes et tenues ainsi que des monstres. Côté environnements, c’est surtout les villages qui se démarquent, alors que les zones ouvertes manquent pas mal de détails, avec par exemple les textures des montagnes à l’horizon qui laissent clairement à désirer. Le jeu garde tout de même un certain attrait avec ses couleurs vives et un univers lumineux. En tout cas, les choix artistiques fonctionnent plutôt bien dans l’ensemble.


Mais malgré ses qualités visuelles, il faut aussi reconnaître que la technique ne suit pas. Dès le début du jeu, on subit des chutes de FPS flagrantes, que ce soit dans les cinématiques ou les phases d’exploration. Ajoutons à cela des chargements assez longs avant chaque début de combat et on se retrouve avec un jeu qui a des sacrés problèmes d’optimisation à un point où ça en est parfois inquiétant. À aucun moment on va se retrouver devant une situation injouable ou une contrainte majeure, mais ça reste très désagréable et parfois même un peu risible. Surtout quand notre Switch donne le meilleur de soi même pour faire tourner le jeu faisant un boucan de tous les diables, aussi bien en docké qu’en portable, après même pas une heure de jeu.


Un RPG très bien pensé

Heureusement, tout cela est sauvé par un gameplay d’une très grande richesse. Le jeu prend son temps pour nous apprendre chaque mécanique et les premières heures vont comprendre pas mal de temps de lecture de didacticiels (on est dans un Monster Hunter quand même). Entre le système de force/faiblesse entre les attaques, classées entre Vitesse, Force et Technique, mais aussi les monstres vulnérables à certains types d’armes (Épée, Marteau et Arc) sans oublier notre monstie qui va avoir des stats bien spécifiques et avec qui on va réaliser des attaques coordonnées ou l’utiliser comme monture pour faire des grosses attaques, les combats proposent pas mal de possibilités.


Bien évidemment, chaque monstre affronté a lui aussi ses propres spécificités et les stratégies vont être très différentes pour s’attaquer à chaque partie de son corps, dans la plus pure tradition de Monster Hunter. On retrouve cette tradition dans la construction de son stuff. Si on fabrique un set d’armure entier et pas morceau par morceau comme dans un MH traditionnel, ça ne veut pas dire pour autant que l’on ne va pas passer des longs moments à optimiser tout ça, choisir les bonnes combinaisons d’armes et définir quelles monstres vont être farmés jusqu’à ce qu’on ait assez de matériaux.

L’atout monstre

Mais le plus gros atout du jeu reste les Monsties. En tant que rider, on a une affinité particulière avec les monstres, que l’on peut utiliser en tant que monture pour explorer ou en combat. Chaque monstre va avoir ses compétences spécifiques qui vont permettre d’atteindre des endroits autrement inaccessibles. En se baladant, on va pouvoir tomber sur des antres de monstres qui contiennent à la fin un nid dans lequel on peut trouver un œuf plus ou moins rare. MHS 2 se transforme à ce moment en véritable jeu Pokémon, dans lequel on va aller chercher plein d’œufs pour espérer chopper des monstres différents pour notre petite équipe.

Nos monsties vont monter de niveau tout comme nous, apprendre des nouvelles compétences mais vont surtout avoir des statistiques pensées comme une grille de bingo. Sur un petit tableau, il va falloir bien réfléchir à la façon dont sont placés certains boosts et bonus qui peuvent clairement faire la différence une fois en combat. Si certains emplacements sont définis aléatoirement, il est possible à partir d’un moment dans le jeu de bidouiller avec ce tableau et les choses deviennent très intéressantes pour développer au mieux ses monstres. Bref, ça devient très vite long, mais addictif de s’occuper de ses monstres.


Ça vaut le coup ?

Bien évidemment, Monster Hunter Stories 2 est fait pour les joueurs de J-RPG au tour par tour et s’ils sont fans de la licence c’est encore mieux. L’histoire se laisse suivre sans être dingue et l’aspect technique laisse clairement à désirer, mais le gameplay est excellent et on y prend très vite goût. Le jeu n’est clairement pas fait pour tout le monde mais il a des qualités indéniables malgré ces vilains défauts techniques et vu la durée du jeu, on a clairement de quoi faire. D’autant plus que Capcom a déjà une feuille de route bien précise de contenu gratuit prévu dans les mois à venir et c’est clairement un bon point de savoir qu’on ne lâchera pas MHS 2 de si tôt.

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