Sex-toys et prostituées, la nouvelle « Sissi » casse le mythe
  • Sissi, série allemande disponible sur Salto et diffusée ce jeudi sur TF1, revient sur la vie d’Élisabeth d’Autriche.
  • Dominique Devenport succède à l’icône Romy Schneider dans le rôle de Sissi, tandis que l’Allemand Jannik Schümann incarne son mari François-Joseph 1er, empereur d’Autriche.
  • Les deux acteurs racontent à 20 Minutes comment la série tente de présenter une « Sissi forte et moderne » et aussi, un peu coquine.

Une série qui casse le mythe dès le premier plan ! Sissi, série allemande disponible sur
Salto et diffusée ce jeudi sur TF1, revient sur la vie d’
Élisabeth de Wittelsbach, duchesse de Bavière, devenue impératrice d’Autriche et reine de Hongrie, de Bohême et de Lombardie-Vénétie. Soixante-cinq ans après la trilogie devenue culte d’Ernst Marischka et avant la minisérie de Netflix, The Empress, cette version montre une héroïne beaucoup plus moderne et une histoire d’amour beaucoup plus tumultueuse que le conte de fées popularisé par
Romy Schneider et Karlheinz Böhm dans les années 1950.

Dans le rôle-titre, l’Américano-Suissesse Dominique Devenport ne démérite pas en succédant à l’icône Romy Schneider, tandis que l’Allemand Jannik Schümann incarne son mari François-Joseph Ier, empereur d’Autriche. « Ils ont fait toutes les configurations pour trouver le mélange parfait. Au bout du compte, ce qui compte vraiment, c’est l’alchimie », raconte Jannik Schümann, que 20 Minutes a rencontré lors de l’avant-première mondiale de Sissi au
festival Canneséries.

« Les films avec Romy Schneider sont des classiques »

Comment succéder à l’icône Romy Schneider de la saga d’Ernst Marischka, multirediffusée chaque Noël ? « Je ne me suis jamais vraiment sentie menacée par les vieux films avec Romy Schneider. Ce sont des classiques, et ils le seront toujours. Nous n’avons même pas essayé de leur ressembler, mais d’essayer de faire notre propre version. Sissi et Franz sont des personnages emblématiques qui méritent d’avoir une interprétation moderne pour que les gens d’aujourd’hui puissent peut-être s’identifier à eux », explique Dominique Devenport.

« Nous ne voulons pas les remplacer. Ces films représentent l’amour, la romance, notre point de vue est totalement différent. Ils ont été tournés dans les années 1950, nous voulions donner à cette histoire un nouveau souffle du XXIe siècle et aborder d’autres sujets, comme l’émancipation et l’autonomisation des femmes. C’est bien pour la génération actuelle de voir une Sissi forte et moderne », renchérit Jannik Schümann.

La série s’ouvre sur une scène de masturbation

Cette nouvelle Sissi n’a pas grand-chose en commun avec la tendre version des années 1950. « Sissi est une histoire intemporelle, une jeune femme qui lutte pour son indépendance dans un environnement plutôt hostile. Il semble que l’histoire se répète. Aujourd’hui, elle pourrait être interviewée par Oprah Winfrey », a ironisé Moritz von Kruedener, directeur général de la production Beta Film, qui a vendu la série à TF1.

L’ouverture du premier épisode donne le ton : la jeune duchesse de Bavière se masturbe dans son lit en pensant à un certain comte Richard. « Nous voulions montrer les côtés humains de l’empereur et de l’impératrice. Avec tous ces mythes et les vieux films, nous avons l’image d’une Sissi de conte de fées, parfaite. Elle n’est pas vraiment humaine. Sissi est très sensuelle et dans l’émotion, contrairement à Franz », commente l’interprète de l’impératrice.

Pas une icône féministe

Dans cette nouvelle version, Sissi tient plus de Daenerys dans Game of Thrones que de l’héroïne campée par Romy Schneider. A 15 ans, encore inexpérimentée, elle engage comme dame de compagnie la prostituée favorite de son époux, habitué des bordels autrichiens. Une manière de s’émanciper dans un sens. « En tant qu’impératrice, vous deviez représenter et porter des enfants. C’étaient les seules choses importantes. Et elle a été capable de résister et de dire : « Non, je veux avoir une vie privée, peu importe. » Dans un sens, cela a à voir avec l’émancipation », concède Dominique Devenport.

Si Sissi est en quête d’émancipation, Élisabeth d’Autriche n’est pas une icône féministe pour autant. « Une version féministe d’aujourd’hui se demanderait : « Comment puis-je tirer le meilleur parti de cette position politique ? Comment puis-je être active ? » Ce qu’elle n’a pas fait du tout », estime l’actrice.

« Franz découvre ses émotions qu’il avait toujours réprimées »

Franz est aussi loin de l’image d’Épinal des « vieux films » où l’on voyait l’empereur « assis à son bureau. Il avait toutes ces discussions politiques, mais tout allait bien, Sissi entrait dans son bureau et lui donnait un baiser et il était heureux », résume Jannik Schümann. Et d’expliquer : « Notre Franz est différent. Il doit diriger l’empire, il est dans la merde avec Napoléon, il a sa mère sur le dos, qui lui dit que les émotions sont un signe de faiblesse et en même temps, il a cette fille à ses côtés qui déclenche quelque chose en lui… Il découvre ses émotions qu’il avait toujours réprimées auparavant. » Une figure plus moderne de la masculinité. « Il y a cette image traditionnelle de la figure masculine qui ne montre pas ses émotions. De nos jours, cela change », commente l’acteur.

Cette grosse production partage avec les films Ernst Marischka de magnifiques décors et costumes. « Les robes ont été inspirées par celles que portait Elisabeth d’Autriche, mais avec une touche très moderne », souligne Dominique Devenport. « Pour Franz, nous avons eu de longues discussions pour savoir s’il porterait une moustache ou pas. Mon uniforme est d’un bleu différent de l’original. Nous voulions un bleu plus foncé. Nous ne nous sommes attachés à l’exactitude historique, nous avons créé notre propre univers et nos propres règles. Nous avions l’un des meilleurs costumiers d’Allemagne », détaille Jannik Schümann.

Des talonnettes de 10 cm

Les deux acteurs mesurent la même taille, mais à l’écran, l’empereur devait apparaître vraiment plus grand que son épouse. Jannik Schümann a joué avec des talonnettes de 10 cm de haut. En outre, « cet uniforme était si serré que je ne pouvais pas bouger. Tout cela m’aidait à être très formel. Les costumes étaient en laine, et nous avons tourné pendant un été incroyablement chaud, certaines personnes ont failli s’évanouir », confie l’acteur.

Dans ces grandes robes et avec ces imposantes coiffures, « on ne peut pas faire ce que l’on veut. Si on avait des douleurs, on essayait de le cacher, mais le fait d’avoir mal, change la façon dont on bouge, dont on se comporte, que ce soit physiquement ou émotionnellement », abonde Dominique Devenport.

Après la sortie du premier volet Sissi en 1955, Romy Schneider racontait que certaines perruques pesaient plus de six kilos et lui donnaient d’atroces migraines. Soixante-cinq ans plus tard, il faut toujours souffrir pour incarner Sissi !

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