Sabrina Delannoy, la nouvelle "voix" qui va rythmer l'Euro

La rencontre entre les meilleures équipes masculines d’Europe démarre ce vendredi 11 juin, après un an de report pour cause de crise sanitaire. A quelques jours du but, on se prépare pour un mois de sport, d’adrénaline télévisuelle, de maquillage tricolore qui dégouline sur les joues, et de stress quasi insupportable à chaque fois que les attaquants adverses s’approcheront des cages du capitaineHugo Lloris. Clairement, la hâte nous gagne. Pourvu qu’il en soit de même pour l’Equipe de France.

Tout au long du tournoi, onze pays du continent accueilleront tour à tour les joueurs et les supporters avides de voir valser le ballon rond. Et côté calendrier, les premières affiches font rêver. La Turquie ouvrira la danse en affrontant l’Italie depuis le Stadio Olimpico de Rome. Les Bleus, sacrés en Russie en 2018 lors d’une finale inoubliable face à la Croatie, s’opposeront à l’Allemagne depuis le Stade de France à Saint-Denis, mardi 15 juin. Rien que ça.

Une compétition particulièrement attendue, donc, qui verra également le retour – controversé – de Karim Benzema en sélection officielle, du monde dans les gradins (14 000 sur 80 000 sièges mardi soir), ou encore la possibilité d’aller de nouveau encourager ses couleurs dans un bar relativement bondé qui sent la bière.

Et puis, de l’autre côté de l’écran, une première : la présence de Sabrina Delannoy comme commentatrice des passes décisives, penaltys, coups francs, tirages de maillots et tacles en tout genre. Un cas inédit à l’antenne de TF1 qui, jusque-là, tendait exclusivement le micro aux hommes pour les championnats internationaux. Et surtout, l’occasion toute trouvée de dresser le portrait d’une passionnée.

“La fille qui dribblait les garçons”

Originaire du Pas-de-Calais, Sabrina Delannoy trouve sa voie très tôt. A 5 ans, exactement, âge auquel elle participe à son premier match de foot sur le terrain d’Ham-en-Artois. A l’époque, elle est la seule fille parmi une dizaine de garçons, rapporte La Voix du Nord, et ça ne l’empêche pas de s’imposer. Avec l’aide de son entraîneur, tient-elle toutefois à préciser au journal. Dix minutes à peine après le coup de sifflet, un penalty doit être tiré, et c’est elle que l’homme choisit pour briller. Résultat : elle marque, et s’en rappelle encore.

Elle poursuit sa passion à Isbergues, de 8 à 13 ans. “C’était vraiment une belle époque, on jouait tout le temps au foot, à l’école ou au stade. Sur les terrains, ça intriguait les adversaires d’avoir une fille qui dribblait les garçons”, se souvient-elle auprès du quotidien. Elle rejoint seulement à 14 ans une équipe composée de jeunes filles, l’USOBL Football de Bruay.

Un an plus tard, elle est repérée pour intégrer le Centre national de formation et d’entraînement (CNFE) de Clairefontaine. Sabrina Delannoy quitte son département et emprunte la grande porte vers une place chez les pros.

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Au Paris-Saint-Germain, de défenseuse à conseillère

L’intégralité de sa carrière, la joueuse la passe sur les pelouses du Parc des Princes – ou en l’occurrence, du Parc des Princesses. Elle signe au PSG en 2005 et ne le quittera plus, devenant capitaine à seulement 23 ans, en 2009. Assignée à un poste de défenseuse, elle reste – preuve que son premier entraîneur avait du flair – spécialiste des penaltys.

Elle marquera d’ailleurs celui, décisif, face à Montpellier, en 2011. Un but in extremis qui permettra aux Parisiennes de disputer la première Ligue des Champions de l’histoire du club. Ou en 2017, face au FC Barcelone, envoyant son équipe en finale de la compétition pour la deuxième fois. En tout, ce sont 300 matchs qu’elle jouera avec le Paris-Saint-Germain, et 39 en Equipe de France.

En 2017, Sabrina Delannoy raccroche… pour mieux revenir. Comme directrice adjointe de la fondation du club, où elle mène des actions sociales pour les enfants défavorisés et en difficultés. Mais aussi conseillère auprès de la sélection féminine. Le 4 juin dernier, c’est à ce titre qu’elle a assisté à la victoire des nouvelles recrues face à Dijon, en finale des Championnats de France.

Ouvrir la voie à d’autres femmes dans le football

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Un trophe pour tout un club, toute une famille pic.twitter.com/bHhMQpBICU

En parallèle, l’ancienne athlète devient consultante auprès de chaînes sportives. Eurosport d’abord, puis en 2019, elle débarque sur TMC et TF1 aux côtés de Christian Jeanpierre pour apporter son expertise lors de la diffusion des rencontres de la Coupe du monde féminine de foot. Une reconversion qui la séduit.

“J’y ai vraiment pris beaucoup de plaisir. On ressent de l’adrénaline, c’est ce que j’ai toujours aimé. Et on fait vivre des émotions aux téléspectateurs”, confie-t-elle à La Voix du Nord sur son expérience. Cette fois-ci, c’est avec Julien Brun, journaliste, que Sabrina Delannoy formera un binôme de choc pour guider le public au gré des passes diffusées en clair. Un événement qui la réjouit, et qu’elle aimerait surtout voir se reproduire. Pour elle, mais surtout pour ses semblables.

“C’est évidemment une fierté mais j’aimerais surtout que cela ouvre la voie à d’autres et que cela devienne tout simplement normal d’intégrer de plus en plus de femmes dans le milieu du football”, espère-t-elle enfin auprès du média local. Un souhait qu’on partage, sans aucun doute.

UEFA Euro 2021, à partir du 11 juin, sur TF1 et M6 en clair, BeIn Sports en intégralité.

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