Qui est Ibrahim Koma, le « Frenchie » du « Tour du monde en 80 jours » ?
  • Ibrahim Koma a été choisi pour incarner Jean Passepartout dans superproduction « Le Tour du monde en 80 jours », diffusé sur France 2.
  • A 34 ans, l’acteur français donne la réplique à la star britannique David Tennant.
  • Le début d’une carrière d’envergure internationale ? « J’en ai très envie, et je n’en ai pas honte », sourit-il !

Il incarne l’emblématique Jean Passepartout dans la série Le Tour du monde en 80 jours. Dans cette
adaptation moderne du chef-d’œuvre de
Jules Verne, diffusée chaque lundi jusqu’au 3 janvier sur France 2 et disponible en intégralité sur
France.tv, l’acteur français Ibrahim Koma donne la réplique à l’un des plus grands talents britanniques, la star David Tennant. A côté de cette pointure, le Français excelle dans le rôle du débrouillard et gouailleur valet français. Le début d’une carrière d’envergure internationale ? « J’en ai très envie, et je n’en ai pas honte », sourit Ibrahim Koma, lors de notre rencontre à
Canneséries où la coproduction européenne était présentée en avant-première mondiale.

A 34 ans, Ibrahim Koma a déjà près de vingt ans de métier. Suivant les traces de son frère Diouc Koma (Les Bracelets Rouges), il fait ses premiers pas de comédien à 10 ans dans la série Navarro. Adolescent, il prête ses traits à Zacharie Mondino, petit orphelin gravement malade, dans le soap culte de TF1 Sous le soleil..

En 2001, il décroche son premier rôle principal Adama, un ado en mal de repères dans la comédie de Didier Bivel, Fais-moi des vacances. En 2003, il arrête l’école et suit une formation au cours Viriot à Paris, sa performance dans le long-métrage La Cité Rose lui vaut d’être nommé dans la catégorie meilleur espoir masculin aux Césars en 2014. La même année, il campe Leslie Konda, jeune prodige du foot dans Le crocodile du Botswanga.

« T’es sérieux, tu penses que tu peux jouer devant ce mec-là ? »

En 2021, il est à l’affiche du troisième volet d’‘OSS 117, Alerte Rouge en Afrique noire. Il est ensuite annoncé au casting de la nouvelle superproduction de Simon Crawford Collins. « J’ai passé des essais en Angleterre, en présence des producteurs et des réalisateurs. Quand on se retrouve là-bas, c’est du lourd, c’est impressionnant. J’ai passé des essais pendant 2h30 devant 10 personnes. J’ai l’habitude de passer des essais, mais dans ces conditions-là, on sait que c’est différent », se souvient-il.

Quand il apprend qu’il va jouer aux côtés de la star britannique, il appelle un de ses frères : « Je lui dis : “David Tennant va faire Phileas Fogg”. Il me dit : “T’es sérieux, tu penses que tu peux jouer devant ce mec-là ?” » Pas de quoi décourager l’enthousiaste Ibrahim Koma. « Le premier jour, on ne peut pas s’empêcher d’être un peu spectateur. Il faut vite se débarrasser de cela mais David met à l’aise », raconte-t-il. Sur le tournage, il se souvient d’une interview à propos de Louis de Funès, « s’il va trop vite, cale-toi et suis-le ». « J’avais cette phrase en tête tout le temps. Cela m’a bien aidé », reconnaît-il.

L’acteur parle anglais, soninké, bambara

L’acteur doit jouer en anglais, un exercice « jouissif ». « Si j’ai appris l’anglais depuis que je suis petit, c’est pour pouvoir avoir ces opportunités. Cela met une pression aussi parce qu’il faut être bon. C’est beaucoup de travail dans la prononciation, dans la compréhension. Il faut comprendre aussi l’esprit parce qu’on fonctionne différemment des Britanniques », explique-t-il.

Pour le comédien, « doué en langues », être capable de jouer dans d’autres langues, ce sont autant « d’opportunités » en plus. « Je parle le soninké ou le bambara, deux langues africaines. Je vais apprendre d’autres langues. Ce sont autant d’opportunités de travailler avec des gens qui sont dans d’autres univers, de nouvelles rencontres, de nouveaux styles de films, de séries, de clips. Je n’ai pas envie de me restreindre », affirme-t-il.

« Passepartout a envie d’aimer et d’être aimé »

Cette nouvelle adaptation du Tour du monde en 80 jours raconte selon lui « un processus de maturation » pour les trois personnages principaux, le gentleman Phileas Fogg (David Tennant), l’intrépide Miss Fix (Léonie Benesch) et le débrouillard Passepartout qu’il campe. « D’où que l’on vienne, des beaux quartiers ou pas, on peut s’identifier à ces gens-là, estime-t-il. On a tous des carapaces, c’est évident qu’ils en ont une ces trois-là, ils sont très vulnérables et à un moment donné, ils acceptent leur vulnérabilité, et cela devient une force. »

Et d’analyser son personnage : « Passepartout a envie d’aimer et d’être aimé en retour. Il a envie d’avoir des amis. On a beau être très fort, quand on se sent seul, on est très faible. C’est cette vulnérabilité-là qu’il a. Il a du mal à faire confiance. C’est aussi dû à un manque de confiance en lui aussi. Il va apprendre à le faire avec eux, et c’est bien ».

Des envies de wingsuit

De ce tournage titanesque sur plusieurs continents en pleine crise sanitaire, il garde le souvenir qu’« on a réussi à aller jusqu’au bout. La pression est là, parce qu’il faut être bon, et s’ajoute celle d’avoir le Covid ou qu’un autre comédien l’attrape ». Un jeu qui en vaut la chandelle, lorsqu’il découvre les épisodes finaux, il se dit : « Est-ce que c’est réel ? Est-ce que c’est moi là ? J’étais émerveillé. Je savais que cela allait être du lourd, c’est encore mieux que ce que j’avais imaginé. »

Son rêve d’aventures à lui : « Prendre des ailes, vous voyez les vols en wingsuit ? Sauter du haut de la montagne et voler, c’est ce que j’aimerais faire. Je suis amateur de sensations fortes et je pense que c’est le summum ! » Nul doute que ce Tour du Monde en 80 jours lui a déjà donné des ailes sur le plan professionnel.

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