« Quelque chose qui n’était plus là »… Victor Solf de retour sur la scène
  • Le chanteur du groupe Her Victor Solf a sorti son premier album solo avant l’été. Un disque qu’il viendra défendre sur la scène de l’Antipode ce mercredi.
  • Le Rennais avait porté le groupe Her à lui seul après la mort de son ami Simon Carpentier, emporté par un cancer en 2017.
  • Installé dans le Finistère où il a fondé sa famille, Victor Solf a composé son disque en grande partie au piano.

Il reconnaît que le travail de création « a été compliqué ». Pour la première fois de sa courte mais riche vie, Victor Solf a dû composer sans son acolyte de toujours Simon Carpentier, rencontré sur les bancs du lycée Zola à Rennes et avec qui il avait fondé le groupe The Popopopops. Emporté par un cancer il y a quatre ans alors qu’il n’avait que 27 ans, l’ancien chanteur de Her a laissé un grand vide après sa mort. Pendant un an et demi, celui qui était l’un de ses plus proches amis a choisi
de porter à lui seul le projet de Her sur ses solides épaules.

« J’avais fait la promesse à Simon de terminer l’album, d’emmener Her le plus loin possible. J’ai fait tout ce que je pouvais », expliquait Victor Solf fin 2018, après un émouvant concert au Liberté, à Rennes. Dans l’esprit du chanteur, l’idée de repartir dans un projet solo était déjà bien établie. Il lui aura fallu deux ans, deux enfants et un déménagement pour lui donner vie.

« Je n’arrivais pas à produire quelque chose qui me donnait des frissons »

Il sera de retour dans la ville où tout a commencé, dans une salle de concert toute neuve que presque personne n’a encore testée. Sur la scène de l’Antipode, Victor Solf viendra défendre son projet solo accompagné de quatre musiciens ce mercredi. Mais c’est bien seul qu’il a composé ce disque intitulé Still, there’s hope. Traduisez par : « il y a toujours de l’espoir ». Longtemps exilé à Paris pour mener sa carrière, le chanteur a fait ses valises avec sa compagne Mathilde, qui est aussi sa manageuse, pour s’installer à Lampaul-Ploudalmézeau, à l’extrême ouest du Finistère. « On a eu envie de se rapprocher de nos familles, de vivre différemment. Ici, j’ai un rapport différent au temps, à la nature. Je crois que ça s’entend sur l’album. Il y a une forme de sérénité qui se dégage », explique le chanteur, désormais papa de deux garçons âgés de deux ans et trois mois.

C’est ici, dans une dépendance située à quelques mètres de sa maison, qu’il a composé son nouvel univers. Toujours emprunt de soul mais teinté de claviers un poil plus électros. Un son moins pop que lorsqu’il évoluait avec Her, mais toujours aussi profond. « J’étais très habitué à composer sur les guitares posées par Simon. Mais il y avait quelque chose qui n’était plus là. Je n’arrivais pas à produire quelque chose qui me donnait des frissons ». Victor s’est alors acheté un beau piano, qu’il a installé dans son nouveau cocon, et tout a changé. « Je n’ai pas une grosse formation classique, mais je bricolais pas mal
les claviers du temps des Pops. J’ai aimé travailler le son de l’instrument. C’est devenu l’âme de ma musique ». Le Rennais s’est fait aider par Guillaume Ferran, pianiste du groupe Griefjoy, qui l’accompagne en live. « Je me suis battu pour qu’on ait un piano droit sur scène. Ce n’est pas simple mais c’était essentiel », raconte Solf.

« J’avais besoin de rassembler tout ce qu’il y avait de positif autour de moi »

Ce son parfois plus mélancolique pourrait laisser penser que l’homme traîne son spleen depuis la mort de son ami. Il semblerait au contraire qu’il ait acquis une forme de sérénité après cette éprouvante aventure. « Après le concert au Zenith, j’ai pleuré tout ce que j’ai pu. Je sentais que j’étais arrivé au bout de ce que je pouvais faire. Mais je suis quelqu’un de positif, d’optimiste. Quand j’ai commencé à composer, j’avais besoin de me rassurer, de rassembler tout ce qu’il y avait de positif autour de moi ». Cette quête de bonheur et de quiétude transpire dans le titre du disque Still, there’s hope mais aussi dans plusieurs titres enjoués, voire dansants comme l’excellent Utopia ou How did we. Réjouissant.

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