Pourquoi a-t-on l’impression de tomber quand on s’endort ?
  • Tomber dans son sommeil : le phénomène de “secousse hypnique”
  • Des réflexes primitifs hérités
  • Un relâchement du tonus musculaire
  • Peut-on réduire le phénomène de “secousse hypnique” ?

Alors que vous vous apprêtez à vous lover dans les bras de Morphée, bien allongé sur votre matelas, c’est une sensation étrange qui vous retourne le ventre et accélère votre rythme cardiaque : celle d’une chute immense. Mais d’où vient cette impression de tomber lorsque l’on s’endort ?

Réflexes hérités de nos lointains ancêtres ? Question de relâchement du tonus musculaire ? Les chercheurs avancent plusieurs pistes pour expliquer cette sensation de chute lorsqu’on tombe de sommeil, qui concerne entre 60 et 70% de la population et ce, à n’importe quel âge. 

Tomber dans son sommeil : le phénomène de “secousse hypnique”

“Cette sensation de chute au coucher est le phénomène connu sous le nom de “secousse hypnique” et peut parfois s’accompagner d’une hallucination visuelle”, précise Jason Ellis, professeur en sciences du sommeil à Northumbria University (Newcastle), sur le site The Conversation. 

Il explique que le phénomène s’observe quand les muscles – généralement des jambes mais possiblement dans tous les corps – se contractent involontairement, comme un spasme ou une contraction rapide. 

Des réflexes primitifs hérités

L’expert du sommeil énonce alors les différentes possibilités qui pourraient expliquer le pourquoi du comment d’un tel phénomène, tout en précisant que pour le moment, la science n’est pas entièrement arrêtée sur la question. 

Première hypothèse donc, les “secousses hypniques” seraient en réalité des réflexes de survie hérités de nos ancêtres très lointains.

“La perspective évolutionniste suggère [que la secousse hypnique] remplit au moins deux fonctions importantes mais interdépendantes, dont la première est toujours d’actualité aujourd’hui”, annonce Jason Ellis. D’abord donc, cela nous permettrait de vérifier une dernière fois que l’on est dans un environnement propice à passer la nuit, hors de dangers donc.

Ensuite, “une autre fonction évolutive suggérée est qu’elle nous a permis – ou du moins à nos premiers ancêtres – de vérifier la stabilité de la position de notre corps avant de nous endormir”, écrit-il, notamment pour ceux qui auraient choisi de s’endormir en hauteur sur une branche…

Un relâchement du tonus musculaire

Au-delà de la théorie évolutionniste donc, d’autres experts suggèrent que la sensation serait en réalité une illusion due au relâchement de notre tonus musculaire, comme “un symptôme de notre système physiologique actif cédant finalement, bien que parfois à contrecœur, à notre pulsion de sommeil, passant d’un contrôle moteur actif et volontaire à un état de relaxation”, explique-t-il. 

“Essentiellement, la secousse hypnique peut être le signe du basculement éventuel entre le système d’activation réticulaire du cerveau (qui utilise des neurotransmetteurs d’éveil pour faciliter l’éveil) et le noyau préoptique ventrolatéral (qui utilise des neurotransmetteurs inhibiteurs pour réduire l’éveil et favoriser le sommeil)”, décrypte l’expert.

La spécialiste des troubles du sommeil Reena Mehra, explique de son côté dans une publication de la clinique de Cleveland, que cette secousse se produit “lors d’une étape du sommeil suffisamment légère pour que votre cerveau puisse l’interpréter à tort comme un état d’éveil, mais il reconnaît également que vos muscles ne bougent pas. Cela amène votre cerveau à envoyer un message à vos muscles en quelque sorte, pour les réveiller ou les garder actifs ou réactifs comme moyen de protection”. 

Peut-on réduire le phénomène de “secousse hypnique” ?

Même si la science n’a pas encore tout à fait tranché, une chose est sûre : les spécialistes semblent s’accorder sur le fait que le phénomène semble sans gravité. Évidemment, en cas de répétitions ou d’autres symptômes, il peut être nécessaire de consulter. 

Seul bémol pour celui ou celle qui l’expérimente ? Dans certains cas, la “secousse hypnique” est si intense que celle-ci peut troubler le rituel d’endormissement et créer une forme d’insomnie d’endormissement. 

Pour éviter cela, Jason Ellis conseille d’éviter les excitants comme la caféine ou les activités sportives intenses. Aussi, “les niveaux élevés d’anxiété et de stress la nuit sont associés à un risque accru de secousse hypnique spontanée”, dit-il en citant également les états de fatigue excessive, une possible carence en magnésium, en calcium ou en fer qui peuvent être des facteurs aggravants.

Au-delà de tout ça, pas de traitement pour stopper ces chutes mentales puisqu’elles sont totalement naturelles et sans danger. Sauf peut-être faire attention à son rituel de coucher. 

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