Ostéoporose : comment la diagnostiquer et la prévenir

Majoritairement féminine, cette maladie silencieuse qui fragilise les os n’est pas une fatalité. On fait le point.

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L’os est un tissu vivant : il se reconstruit en permanence pour garantir sa solidité. Cet équilibre subtil peut être mis en péril quand l’os est détruit plus vite qu’il ne se reforme : on parle d’ostéoporose. Cette maladie du squelette, plus fréquente après la ménopause, touche environ 39% des femmes après 65 ans. Les réponses du Pr. Martine Cohen-Solal, rhumatologue à l’hôpital Lariboisière (AP-HP).

Comment savoir si on souffre d’ostéoporose ?

Indolore, cette maladie passe souvent inaperçue. Or, la perte de densité osseuse rend le squelette moins résistant, ce qui prédispose aux fractures. Ainsi, à partir de 50 ans, toute fracture qui ne résulte pas d’un traumatisme important doit faire l’objet d’un dépistage. En clair, un os cassé après une petite chute ou un choc léger (simplement en heurtant un meuble, par exemple) doit alerter. Les fractures ostéoporotiques concernent surtout le poignet, l’humérus, le fémur et les vertèbres. La prise de corticoïdes, les troubles endocriniens (hyperthyroïdie, hyperparathyroïdie…) ou un indice de masse corporelle (IMC) inférieur à 19 représentent également des facteurs de risque.

Quel est l’examen de diagnostic ?

Le patient passe une ostéodensitométrie, un examen semblable à une radiographie, qui ne dure que 15 minutes. L’appareil à rayons X mesure la densité minérale osseuse au niveau des vertèbres et des fémurs : la valeur obtenue (le TScore) est comparée à une moyenne. Si elle est inférieure à 2, l’ostéoporose est confirmée.

Quels sont les traitements ?

Il existe deux catégories de médicaments. Ceux qui diminuent la perte osseuse en inhibant la « destruction naturelle » de l’os (résorption osseuse) : ce sont les traitements hormonaux substitutifs (pour les femmes ménopausées) et les agonistes des récepteurs aux œstrogènes (jusqu’à 60 ans). Ensuite, les médicaments qui augmentent la masse osseuse, comme le tériparatide ou le romosozumab (pas encore remboursé), qui sont plutôt indiqués en cas d’ostéoporose sévère.

Quelle alimentation pour protéger les os ?

Le régime méditerranéen, riche en fruits et légumes, en poissons gras et, surtout, en huile d’olive, contribuerait à augmenter la densité minérale osseuse chez les femmes souffrant d’ostéoporose, selon une étude européenne publiée en 2018. Il faut aussi s’assurer d’un bon apport en calcium (2 produits laitiers par jour) et en vitamine D (jaune d’œuf…), qui favorise son absorption.

Quels sports privilégier ?

La randonnée, la marche nordique et les gyms douces (Pilates, tai-chi, qi gong) freinent la perte osseuse tout en augmentant la masse musculaire.

Le yoga pour éviter les chutes

La posture du sphinx favorise un meilleur équilibre au quotidien et diminue le risque de fracture. En pratique : étendue sur le ventre, pieds joints et regard vers le sol, posez les mains à plat (doigts écartés) de chaque côté de la poitrine. En rapprochant les omoplates, « ouvrez » la poitrine et poussez sur les mains pour vous redresser légèrement. La tête est dans l’alignement de la colonne, les hanches et le dos des pieds sont bien ancrés au sol. Tenez la posture le temps de 10 respirations.

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