Notre itinéraire pour découvrir Madagascar

Depuis la capitale, cette route traverse les hauts plateaux jusqu’au canal du Mozambique. Une odyssée de 936 km à travers des paysages grandioses.

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Des hauts plateaux au canal du Mozambique

Principal axe routier du pays, la RN7 part de la capitale Antananarivo, « Tana » pour les Malgaches, au centre. Une ville composée d’une multitude de petits villages essaimés entre rizières et collines, au cœur de laquelle trône le palais de la Reine, ancienne demeure royale perchée à 1600 m d’altitude.

D’ici, la voie descend ensuite vers le Sud sur près de mille kilomètres, tout comme la nationale 7 française chantée par Charles Trenet. Sur son parcours, elle traverse des paysages aussi divers que spectaculaires : hauts plateaux, massifs granitiques, canyons de grès, vastes espaces désertiques, jusqu’aux plaines côtières face à l’océan Indien.

Axe économique essentiel, la route est plutôt en bon état comparée aux autres, ce qui n’exclut pas des nids de poule géants, camions en panne, une signalisation aléatoire ou la présence d’un troupeau de zébus au milieu de la chaussée… Ça fait partie du charme du voyage. Elle permet une approche de Madagascar à son rythme, en voiture ou en taxi-brousse pour partager le quotidien des locaux, accueillants et souriants.

L’idéal est de couper le trajet en plusieurs tronçons, afin de s’arrêter dans les villages ou les parcs naturels. On s’immerge ainsi dans une vie de montagne, de steppes ou dans la douceur tropicale.

En toile de fond, une mosaïque de cultures

Traverser Madagascar par la RN7 est aussi un voyage humain, à la découverte de ses peuples. La Grande Île a été abordée par des navigateurs venus d’Indonésie vers le Ve siècle, puis de la péninsule arabique et enfin des côtes africaines.

En dépit des métissages, dix-huit ethnies principales sont encore identifiées aujourd’hui. La route traverse d’abord la région des Merina, l’ethnie dominante en nombre, cultivateurs de riz aux hautes maisons de briques et de pisé. Vers Ambositra, elle frôle le berceau des Zafimaniry, peuple des forêts, dont l’artisanat sur bois est inscrit au patrimoine immatériel de l’Unesco. Puis elle atteint le pays des Betsileo : cultivateurs et éleveurs de zébus, ils sont reconnaissables aux couvertures colorées dont ils s’enveloppent par grand froid. Suivent les vastes savanes peuplées par les pasteurs de l’ethnie Bara, souvent armés de lances ou d’armes à feu pour se protéger des voleurs qui menacent leurs troupeaux. Vient ensuite la région des Mahafaly, aux immenses tombeaux peints qui racontent la vie de leurs défunts. Enfin, à Toliara et sur le littoral sud-ouest vivent les Vezo, pêcheurs nomades. Une grande ville qui attire aussi des populations provenant de tout le pays.

Antsirabe, la Vichy malgache

Première étape du voyage, cette ville thermale se situe à 1500 m d’altitude, au milieu de paysages volcaniques. On y circule à bord de pousse-pousse colorés. L’hiver y est frais : de juin à août, les températures descendent sous les 0 °C.

Ambalavao, réputée pour ses papiers

A la frontière des Hautes Terres et du Sud, cette jolie ville abrite des maisons aux balcons de bois sculpté et un grand marché aux zébus. On y fabrique le papier antemoro à partir de l’écorce d’un arbuste, incrustée de fleurs séchées, selon un savoir-faire d’origine arabe importé au XIIe siècle.

Le parc d’Isalo, paradis des randonneurs

Cet extraordinaire massif ruiniforme de grès, sillonné de falaises et de canyons, évoque les grands espaces d’Australie ou de l’Ouest américain. Il abrite de très nombreuses espèces végétales endémiques et une faune qui inclut des lémuriens et des caméléons.

Ilakaka, la ruée vers le saphir

Ce village a poussé en quelques mois autour des mines à ciel ouvert de saphir, après la découverte du plus grand gisement du monde en 1998. Il a attiré petits prospecteur et gros trafiquants. Son ambiance de western et ses petites échoppes de pierres valent une halte.

Privilégiez la saison sèche

Pour emprunter la RN7, mieux vaut voyager entre mars et décembre, même s’il fait froid la nuit sur les plateaux. Durant l’été austral, les pluies sont fréquentes, l’état de la route se dégrade, les temps de trajets rallongent et les excursions deviennent trop humides.

Lémuriens en danger

Petits singes endémiques de Madagascar, les lémuriens sont un emblème de l’île rouge. En descendant la RN7, on peut en observer dans leur milieu naturel à la réserve d’Anja, près d’Ambalavao. Un site écoresponsable où l’on peut passer du temps au milieu des makis, nom vernaculaire de l’espèce la plus courante. Jusqu’à quand ? Selon l’Union Internationale de la Conservation de la Nature, 95% des 107 espèces de lémuriens sont menacées. 31% d’entre elles étant même en danger critique d’extinction. En cause, l’exploitation et la destruction de la forêt tropicale, la non-réglementation de l’agriculture sur brûlis et de l’activité minière, mais aussi l’augmentation de la chasse aux lémuriens, dont les Malgaches consomment la chair. Parmi les plus menacés se trouvent le sifaka de Verreaux, ou lémurien danseur, et le minuscule microcèbe mignon, qui mesure entre 25 et 30 cm.

Article paru dans le numéro Femme Actuelle Jeux Voyages n°49 octobre-novembre 2021

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