Mon coeur bat trop vite, quand dois-je m’inquiéter ?
  • Leur intensité n’est pas forcément signe de gravité
  • Certains médicaments impliqués
  • Les palpitations, un symptôme d’une maladie non diagnostiquée ?
  • Quand faut-il s’alarmer ?

La fréquence cardiaque est un bon indicateur de notre condition physique. Lorsque le rythme cardiaque s’accélère sans raison apparente et dépasse les 100 battements par minute, on parle alors de tachycardie. Au repos, le cœur bat habituellement de 60 à 80 fois par minute. Mais un jeune athlète peut descendre sans problème à 40 – voire 30 – pulsations par minute. Et à l’inverse, une personne peu sportive voit sa fréquence cardiaque atteindre 180 lors d’un effort physique inhabituel. 

Le cœur peut également s’emballer à l’occasion d’une rencontre amoureuse, d’un accès de colère ou d’un entretien d’embauche déterminant ou lors d’une période de stress intense. Ces battements accélérés, qui semblent cogner dans la poitrine, sont tout à fait normaux.

Toutefois, si des palpitations surviennent sans raison apparente, il est important d’y prêter attention et d’en rechercher la cause. 

Leur intensité n’est pas forcément signe de gravité

Qui dit accélération du cœur ne dit pas forcément problème cardiaque. Un excès de caféine, d’amphétamine ou de cocaïne est susceptible de générer des palpitations incommodantes. Ces excitants induisent en effet des poussées d’adrénaline qui élèvent la fréquence cardiaque. Leur consommation accrue peut même donner l’impression que le cœur s’arrête brutalement, avant de repartir comme si de rien n’était. Cela crée un stress qui amplifie le chahut cardiaque car l’hormone du stress – le cortisol – booste aussi le tempo du cœur.

Une hypoglycémie importante (chute du taux de sucre dans le sang, NDLR), l’ingestion d’alcool ou une forte fièvre peuvent également augmenter la cadence cardiaque.

Par ailleurs, au cours de la grossesse, nombre de femmes ressentent des palpitations dans la mesure où leur cœur est soumis à un surcroît de travail. En plus de son activité habituelle, il doit expédier du sang vers le placenta afin de procurer de l’oxygène et des nutriments au bébé. Mais si le phénomène vous inquiète, parlez-en à votre gynécologue ou à votre obstétricien.ne.

Certains médicaments impliqués

“De nombreux comprimés en vente libre contre le rhume ou la grippe contiennent des stimulants, comme la pseudoéphédrine ou la phényléphrine, qui provoquent la constriction des vaisseaux sanguins du nez pour réduire la production de mucus, explique le Dr Christopher Kelly, professeur de médecine à l’université de Columbia et auteur du Guide pratique des symptômes* (éd. Leduc.s). Leur prise peut également accroître la tension artérielle et entraîner des palpitations.”

L’arrêt rapide des médicaments bêtabloquants – destinés à réguler la pression artérielle – est aussi parfois source de palpitations, tout comme les sprays bronchodilatateurs utilisés pour contrecarrer l’asthme ou la BPCO (broncho pneumopathie chronique obstructive).

Les palpitations, un symptôme d’une maladie non diagnostiquée ?

Lorsque la glande thyroïde fonctionne en sur-régime, le cœur accélère sa cadence. Une perte de poids, une diarrhée et une augmentation de la température du corps (mains moites, sudation…) sont fréquemment associées. Si tel est votre cas, parlez-en à votre médecin traitant. Il vous prescrira des analyses sanguines et une échographie thyroïdienne afin de déceler une éventuelle hyperthyroïdie.

Une anémie peut également être à l’origine de palpitations car le cœur doit redoubler d’effort pour pallier le déficit d’hémoglobine. En pompant davantage, il augmente de volume de sang propulsé dans le corps afin de maintenir une bonne oxygénation de tous les organes. Des règles très abondantes ou des apports alimentaires insuffisants en fer (régime vegan mal équilibré par exemple) peuvent être en cause.

Une déshydratation conduit aussi à des palpitations et des irrégularités du rythme cardiaque, souvent accompagnées d’une sécheresse buccale et de crampes. C’est pourquoi il est important de boire davantage en été car les pertes de liquides – dues à la transpiration – font baisser la pression artérielle.

Enfin, une tachycardie peut bien évidemment être le signe d’une pathologie cardiaque (hypertension, athérosclérose, valvulopathie, cardiomyopathie…). 

Quand faut-il s’alarmer ?

Si les épisodes inexpliquée se répètent ou s’aggravent, un bilan chez le cardiologue s’impose, surtout lorsqu’un sentiment de malaise, un essoufflement ou une douleur à la poitrine à l’effort sont associés.

Ce médecin spécialiste vous fera passer différents examens (électrocardiogramme, échographie cardiaque…) pour s’assurer que vos artères coronaires ne sont pas obstruées ou que les oreillettes de votre cœur ne se contractent pas de façon anarchique (fibrillation auriculaire). Ce dépistage est important car des traitements médicamenteux ou chirurgicaux pourront être mis en place afin d’éviter des complications inutiles. 

“Des palpitations et une douleur thoracique au repos constituent en revanche une urgence”, alerte le Dr Kelly. Appelez immédiatement le SAMU : composez le 15 sur un téléphone fixe ou le 112 sur un smartphone. De même, si vos palpitations s’accompagnent d’étourdissements, rendez-vous rapidement aux urgences.

*Guide pratique des symptômes du Dr Christopher Kelly,éd. Leduc.s. Disponible sur Place des libraires et Amazon

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