Mise en page, mots-clés, couleurs… 4 conseils pour un CV efficace

Quelle mise en page ? Combien de couleurs ? Comment contourner les algorithmes de présélection ? Faire un CV sans faire appel à ses amis managers et graphistes peut virer au casse-tête. Les conseils de Pauline Lahary, fondatrice de MyCVFactory, pour un résultat simple et efficace.

C’est un moment désagréable, qui se répète au fil des années et au gré des changements de poste : la mise à jour de votre CV. Bien sûr, il y a plaisir de l’enrichir de vos dernières expériences. Mais la mise en page, le design ou le choix des couleurs ressemble à une sorte de Rubik’s Cube. On hésite, sans toujours être sûr des critères qui nous aideraient à trancher. «À lecture d’un CV comme lors d’un entretien, les recruteurs se font une idée de nous en trente secondes. Mieux vaut donc que la première impression soit bonne», sourit Pauline Lahary, fondatrice de MyCVFactory.

Bien hiérarchiser

Pour cela, l’essentiel tient en quatre mots : en haut, à gauche. C’est par là que l’employeur va naturellement commencer la lecture de votre CV, c’est donc là qu’il doit trouver les éléments-clés. «Si je cherche une personne bilingue français-anglais, j’ai besoin de savoir d’entrée de jeu que tel candidat l’est, sans avoir à chercher la rubrique “langues” en bas de la page», souligne Pauline Lahary. Même chose si vous travaillez dans l’industrie sportive et que vous êtes golfeur ou tennisman de haut niveau, par exemple. Plutôt que de s’enfermer dans un modèle de CV pré-conçu – l’expérience ici, les langues là, les loisirs plus bas… – mieux vaut donc mélanger les informations capitales, même si elles sont de nature différentes.

les bonnes adresses

En plus de myCVFactory, on peut utiliser des plateformes comme CVDesignR, Canva ou Resume. Elles proposent une large gamme de modèles, tous adaptables à votre poste, votre secteur d’activité et votre personnalité.

Le reste dépend de votre âge et de votre expérience : «pour un profil senior, on évite d’accorder autant de place à l’expérience professionnelle qu’à la formation, ce qui se fait quand on est plus jeune. C’est une question de proportionnalité.» Pour un ensemble lisible, on peut privilégier une mise en page simple : une pleine page classique, à peu près rédigée, et une colonne distincte, à gauche, avec de simples mots-clés et votre photo, par exemple. Car oui, mieux vaut ajouter une photo à votre CV : «L’idéal est de s’offrir un vrai portrait professionnel, pour une trentaine d’euros, qu’on garde dix ans en moyenne», conseille notre coach.

Égayer sans alourdir

Si les CV noirs et blancs sont à éviter, inutile de transformer votre page en explosion chromatique. «Deux couleurs, maximum, pour ne pas perdre en qualité de lecture», suggère Pauline Lahary. À chacun, selon son goût personnel et en évitant les tonalités criardes, de choisir celles qui lui plaisent… et les parties du CV à mettre en avant. «On pourrait mettre les titres en couleur et en gras mais, au fond, est-ce bien le plus important ?, interroge Pauline Lahary. Mieux vaut peut-être attirer l’œil sur les cinq ou dix compétences-clés, par exemple.» En tout cas, on choisit l’un ou l’autre, pour ne pas alourdir l’ensemble.

Les icônes et autres graphiques – les cercles, camemberts et autres jauges, dont le remplissage indique votre niveau d’espagnol ou de JavaScript, par exemple – sont à utiliser avec parcimonie. «Chez un jeune, cela permet de compenser le maigre contenu. Pour un profil senior, cela apporte un peu de vie à un CV riche en texte, mais peut aussi vite l’alourdir», estime Pauline Lahary. Si vous en utilisez, il est aussi primordial de les traduire en texte – «anglais : bilingue, 945 points au TOEIC» à côté de votre jauge presque pleine, par exemple – car les logiciels chargés de trier les CV savent rarement déchiffrer les icônes.

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Nourrir le robot

C’est une norme à prendre en compte : votre CV sera probablement lu et présélectionné par un algorithme avant de tomber sous les yeux d’un être humain. Pour passer ce premier filtre, il importe de donner au robot les mots-clés qu’il recherche. «Soit ceux utilisés dans l’offre d’emploi pour décrire les missions et le profil du candidat idéal.» «Marketing», «newsletter», «réactif», «leadership», «Bac+5», «élaborer un plan d’action», «chef de projet», «encadrer une équipe»… «Tout le champ lexical de l’offre d’emploi sera scanné par le logiciel de sélection, donc plus on a de mots-clés, mieux c’est. Bien sûr, on ne pousse pas cette logique au point d’inscrire des compétences qu’on n’a pas. Ou alors, dans une rubrique “compétences à acquérir”, qui montre aussi qu’on se projette et qu’on souhaite évoluer.»

Détailler ses loisirs

Désuète, la rubrique «centres d’intérêts» ? «Je pense qu’elle est de plus en plus importante, au contraire», soutient notre spécialiste. À condition d’être sincère – donc de ne pas s’inventer de passions pour plaire au recruteur, au risque d’être perdu s’il vous en parle lors de l’entretien – et complet. «Écrire qu’on aime la lecture, le cinéma ou le sport n’a pas grand intérêt. Citer précisément le cinéma américain des années 1950, les auteurs naturalistes du XXe siècle ou la natation synchronisée, par exemple, peut faire toute la différence.» À condition que le recruteur ou l’un de ses collaborateurs partage l’une de vos passions. Là, tout est question de chance.

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