Migraine : 5 solutions à tester pour en venir enfin à bout

Plus d’un migraineux sur trois ne se soigne pas ou mal. Pourtant, il existe quantité de traitements et de nouvelles thérapies vont bientôt arriver.

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Cette maladie est encore trop souvent considérée comme un mal de tête ordinaire. Selon l’OMS, seuls 40% des migraineux sont diagnostiqués. Le médecin peut – sans recourir aux outils d’imagerie (aucune anomalie n’est visible au scanner, par exemple) ni à un bilan sanguin – l’identifier, grâce aux signes évocateurs : céphalée d’un seul côté de la tête qui s’aggrave à l’effort, pulsatile (sensation que le cœur bat dans la tête), vomissements ou nausée avec parfois une gêne au bruit et à la lumière, ou encore troubles visuels (perte de la vision ou vision trouble), avec des signes (points lumineux, formes géométriques) en cas de migraine dite “avec aura”. La grande majorité des migraineux s’automédique de façon désordonnée et, au final, peu satisfaisante pour la moitié d’entre eux. Le point sur des solutions validées par la science.

On commence par les anti-inflammatoires

Bien que le paracétamol ne possède aucune autorisation de mise sur le marché (AMM) pour cette affection, il constitue le premier remède chez les migraineux. Mais le réflexe numéro 1 devrait être de prendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens ou AINS (naproxène, ibuprofène, kétoprofène, diclofénac), à tester l’un après l’autre, sur au moins trois crises. L’aspirine peut aussi être tentée.

On passe aux triptans

Lorsque tous les antalgiques ont échoué, il ne faut pas hésiter à passer au niveau supérieur avec les triptans (almotriptan, élétriptan, frovatriptan, naratriptan, rizatriptan, sumatriptan ou zolmitriptan). Ces médicaments vasoconstricteurs réduisent le calibre des vaisseaux des méninges dilatés au cours de la crise.

On teste la neurostimulation électrique transcutanée (TENS)

Cette technique consiste à porter, sur le front et les oreilles, un bandeau qui stimule le nerf trijumeau à l’aide d’une électrode adhésive. Les personnes qui l’ont testée à domicile (20 minutes, une fois par jour) déclarent moins de jours avec migraine chaque mois et prennent moins de médicaments contre les crises. Proposée dans des centres spécialisés, la stimulation magnétique transcrânienne répétitive (SMTr), une autre forme de neurostimulation, consiste à appliquer une impulsion magnétique sur le cortex cérébral à travers le crâne, de façon indolore, afin de modifier l’activité des neurones.

On essaie de nouvelles molécules

Lorsque les triptans sont inefficaces ou mal tolérés, les ditans, une nouvelle classe de médicaments, pourraient prochainement prendre le relais. Approuvé fin 2019 par les autorités sanitaires américaines, le lasmiditan, notamment, est actuellement à l’étude en Europe. Un bémol toutefois : il induit une certaine somnolence. D’autres molécules “de crise”, comme les gépants (par voie orale), devraient bientôt arriver. D’autres encore sont en développement.

On prévient avec la toxine botulique

Injectée sous la peau, au-dessus des sourcils, des tempes et des cervicales, la toxine botulique, bien connue pour son utilisation en médecine esthétique et en orthopédique, permet de détendre les muscles et de soulager la crise migraineuse. Elle est approuvée dans de nombreux pays européens, mais pas en France, où le dossier est en cours de réexamen.

Faut-il changer son alimentation ?

Certaines substances comme l’histamine (dans la choucroute, les plats fermentés), l’éthanol (alcool), les nitrites (charcuteries) ou le glutamate de sodium (plats asiatiques) sont à éviter. En revanche, la caféine, à condition de ne pas dépasser les 4 tasses de café par jour, peut éviter la prise d’un antalgique. Le chocolat, lui, est injustement accusé. Donc, inutile de vous priver. Le régime cétogène (alimentation pauvre en glucides) semble intéressant, car il bloque les concentrations élevées de glutamate dans le cerveau, un phénomène observé chez les migraineux.

Côté recherche, de nouvelles pistes prometteuses

■ Une supplémentation en 5-HTP, un acide aminé qui se transforme en sérotonine (un neurotransmetteur qui participe à l’équilibre cérébral), réduirait la durée et la sévérité des migraines.

■ On observe les mêmes résultats avec le coenzyme Q10 (ubiquinone), un antioxydant à l’effet anti-inflammatoire, selon une synthèse de 2021 des études publiées.

■ La vitamine B2 (riboflavine) diminuerait la fréquence des crises.

■ D’après plusieurs études, le magnésium préviendrait les crises. D’autres séries d’études devront le confirmer.

■ Le rôle des mitochondries (centrales à énergie de la cellule) est suspecté. Une piste à creuser…

Côté médecines alternatives, des solutions bienfaisantes

La phytothérapie. L’écorce de saule blanc, la reine-des-prés (spirée), la grande camomille et des plantes riches en caféine (maté, thé, café) sont utilisées. L’application d’huile essentielle de menthe poivrée et de Baume du tigre sur les tempes est conseillée.

L’acupuncture. Selon une revue de chercheurs indépendants (Cochrane, 2016), l’acupuncture (au moins six séances) peut être intéressante pour réduire la fréquence des crises.

Les techniques psychocorporelles. La relaxation, la sophrologie, le rétro-contrôle biologique (une thérapie fondée sur le contrôle des émotions), ont prouvé leur efficacité en traitement de fond des crises.

L’activité physique. Pratiquée de façon peu intense et régulière, elle diminuerait le nombre et la sévérité des crises (hors celles déclenchées à l’effort), via la sécrétion de neurotransmetteurs (bêta-endorphines) dont le niveau serait plus bas chez les migraineux, et de molécules antidouleur (endocannabinoïdes).

Comment trouver un spécialiste ?

Consultez votre généraliste : il vous dirigera vers un neurologue, voire des unités spécialisées dans les hôpitaux, comme le Centre d’urgences des céphalées de l’hôpital Lariboisière (Paris) ou les Centres d’évaluation et de traitement de la douleur, si les résultats ne sont pas bons.

3 questions à Anne Donnet, neurologue

Anne Donnet est chef de service au Centre d’évaluation et de traitement de la douleur de l’hôpital de la Timone, à Marseille.

Que faire pour prévenir la crise ?

Lorsque les antalgiques ne suffisent pas, que le nombre de prises médicamenteuses est de six à huit par mois, que la qualité de vie est dégradée, en cas de céphalée chronique quotidienne du fait d’un abus d’antalgiques, ou d’emblée en cas de migraine chronique, un traitement de fond doit être envisagé.

Quels sont les médicaments proposés ?

On peut prescrire certains antihypertenseurs, bêta-bloquants, antidépresseurs ou antiépileptiques, dont le topiramate ou le valproate de sodium. Mais, malgré cela, 20% des migraineux chroniques ne sont pas soulagés. Chez ces malades sévères, les anticorps monoclonaux anti-CGRP représentent un immense espoir.

Comment agissent-ils ?

Ils bloquent la protéine CGRP, dont la libération dans le cerveau provoque la crise douloureuse. En moyenne, entre 55 et 70% des migraineux sévères obtiennent une réduction de la moitié de la fréquence des crises, voire une disparition totale dans certains cas. L’un de ces traitements, le galcanézumab, disponible dans les pharmacies françaises depuis fin mars 2021 et qui coûte 245€, n’est malheureusement pas remboursé par l’Assurance maladie.

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