Michel Ocelot émerveille avec « Le Pharaon, le Sauvage et la princesse »
  • « Le Pharaon, le Sauvage et la princesse » réunit trois contes signés par Michel Ocelot.
  • Le réalisateur de « Kirikou » et Azur et Asmar » livre des histoires aux styles très différents.
  • La beauté est, selon le réalisateur, le dénominateur commun de ces récits.

A 78 ans, Michel Ocelot tient toujours la forme. Honoré cette année à Annecy par un Cristal d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, le papa de Kirikou et d’Azur et Asmar revient avec trois contes animés : Le Pharaon, le Sauvage et la princesse, des histoires qu’une conteuse raconte au fur et à mesure des requêtes de son public.

Egypte antique, Auvergne médiévale et Turquie du XXIIIe siècle servent de toiles de fond à des histoires magiques dont l’esthétique s’adapte au décor. Fresque égyptienne, silhouettes noire et dessins luxuriants sont au rendez-vous d’un triptyque magique. « Il s’agit de trois récits autonomes et courts parce que je ne voulais pas me soumettre aux 90 minutes obligatoires, explique Michel Ocelot à 20 Minutes. Une histoire n’a pas besoin d’être longue pour marquer les esprits. »

Des innocents qui ne se laissent pas faire

Comme pour Dilili à Paris, son long métrage 2018, les femmes fortes sont au centre de ce film mettant en scène des princes généreux et des princesses résolues. « Mon cinéma est une façon de donner des baffes aux gros machos », s’amuse le réalisateur. Ses personnages intrépides balaient institutions et traditions pour apporter un peu de sérénité dans des mondes cruels. « Je suis le Bon Dieu dans mes films avec des tas d’anges qui m’aident à créer un univers plus ouvert que la réalité », analyse Michel Ocelot. Son humour comme sa poésie font mouche tandis que ses images émerveillent toujours autant. « Mes personnages me ressemblent, dit-il. Je le vois comme des innocents qui ne se laissent pas faire. » Guerrier pacifiste, fils de seigneur généreux et prince rebelle correspondent à cette définition.

Du cinéma comme du chocolat

« Si je devais définir mon style, je dirais que c’est la beauté, affirme Michel Ocelot. Qu’elle soit visuelle ou morale, elle m’est aussi indispensable que le chocolat. » Ses films sont à chaque fois des friandises qu’on se plaît à déguster et dont la boîte n’est pas près de se vider. Le cinéaste travaille déjà sur de nouveaux projets. « Bien que j’aie reçu de nombreux prix pour ma carrière, je ne vais pas tirer ma révérence car j’ai encore des choses à dire », s’exclame-t-il. Ce que Le Pharaon, le sauvage et la princesse prouve avec éclat.

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