Manu Payet, celui qui construit sa matinale comme un épisode de « Friends »
  • Manu Payet a repris les chemins des studios de Virgin Radio pour animer la deuxième saison du Virgin Tonic.
  • La matinale ne change pas beaucoup mais doit faire face à deux difficultés : la crise sanitaire et les nouvelles habitudes de consommation du public.
  • 20 Minutes a assisté à l’émission et en a profité pour s’entretenir avec son animateur.

« Il va être beau l’article ! » En direct à l’antenne de Virgin Radio, le chroniqueur
Clément Lanoue craint que nous soyons venus assister à l’émission au mauvais moment. « Il y a un journaliste de 20 Minutes qui est dans le studio, on essaye de lui brancher un casque depuis une demi-heure », raconte
Manu Payet aux auditeurs et auditrices du Virgin Tonic, la matinale qu’il orchestre pour la deuxième saison consécutive. Les rires fusent de toutes parts.

Que le panneau lumineux au-dessus de la porte affiche « On air » ou non, il règne une ambiance bon enfant autour de la table. Ça tombe bien, au moment où nous arrivons dans le studio, les chroniqueurs et chroniqueuses révisent le programme de CM1 pour un quiz prévu lors de l’émission. L’animateur, lui, enchaîne les gorgées de café, déverrouille son téléphone portable, cale le thème de sa prochaine intervention avec le réalisateur de l’émission et interagit avec son équipe qui se mêle les pinceaux entre le passé composé et le plus-que-parfait.

On prend les mêmes et on recommence

Il l’avoue, Manu Payet pensait que ce serait plus facile de reprendre le chemin du studio et de se remettre dans le bain. Le show est assuré à l’antenne « mais après, tu t’écroules de fatigue à 10h05. » Le repos a été de courte durée pour l’animateur qui a tourné au mois de juillet dans le prochain Astérix,
réalisé par Guillaume Canet, et qui a organisé quelques réunions à distance avec son équipe avant la rentrée, même si la ligne directrice de la saison est de prendre les mêmes et de recommencer.

« Je ne suis pas arrivé dans une nouvelle émission où j’ai tout chamboulé, je me suis calé sur eux », indique-t-il à propos de son retour à la radio. Cela faisait douze ans que Manu Payet n’avait pas donné de la voix derrière un micro et pourtant, « ce qui m’a surpris, c’est à la fois à quel point les choses semblaient avoir changé et à quel point elles n’ont pas vraiment changé finalement », décrit-il. Les automatismes sont revenus, les quelques nouveautés technologiques ont été prises en main et la première saison a été lancée. « Il faut faire de la radio comme c’est bien connu qu’il faut faire de la radio », résume l’animateur.

Le Virgin Tonic contre les algorithmes

En faisant son retour en septembre 2020, Manu Payet savait qu’il devrait se confronter à deux difficultés : la crise sanitaire, toujours d’actualité, et les nouvelles habitudes de consommation des Françaises et des Français. À propos du Covid-19, la règle de l’émission a été de commencer l’année « comme s’il ne fallait rien changer. » En réalité, le comédien prend conscience au fil des jours que ses chroniqueurs et chroniqueuses étaient plus intéressants quand les micros étaient fermés que quand ils étaient ouverts. « Je me suis dit “mais qu’est-ce qu’on est en train de dire ?” On s’édulcorait », se souvient-il. À ce moment-là, l’équipe décide de reprendre le contrôle en se lâchant un peu plus.

Dire des gros mots à l’antenne, improviser des sketchs, rebondir sur l’actualité, autant de choses que les algorithmes auxquels le public est désormais habitué ne peuvent pas faire. « Aujourd’hui, on n’est plus les uns face aux autres. Le combat, c’est de dire aux auditeurs de lâcher leur téléphone deux secondes et de nous laisser faire le taf », constate Manu Payet. Pour cela, la spontanéité doit être le maître-mot. Le jour de notre venue, l’équipe a donc appelé Virginie Ledoyen après avoir retrouvé, par hasard, sa carte d’identité et l’émission s’est terminée sur une longue improvisation dans l’univers des cow-boys digne d’un one-man-show.

« Ce que j’adore, c’est de montrer les coulisses, de faire les réunions d’antenne à l’antenne, c’est casser les murs, énumère l’homme de scène. Il faut recréer ce que les gens faisaient en dehors de chez eux et inventer l’envie, peut-être même le réflexe, de mettre la radio chez soi. » Une habitude que les auditeurs et auditrices ont perdue depuis le début de la crise sanitaire et la percée du télétravail pour une partie d’entre eux.

« Ceux qui se sont levés très tôt ce matin »

Pour que celles et ceux qui se réveillent le matin prennent l’habitude de se brancher sur Virgin Radio à l’heure du petit-déjeuner, Manu Payet croit en sa bande que les fans de l’émission considèrent comme leurs copains. À l’image d’une série télé, le public doit retrouver ses personnages préférés du lundi au vendredi. « Chaque matin, c’est un épisode. Presque comme un épisode de Friends, en moins bien écrit puisque de toute façon il n’est pas écrit, souligne-t-il. Le titre de ce matin, ce serait “Celui où ils ont appelé Virginie Ledoyen” ou “Celui où il a fait le cow-boy”. »

Comme dans un épisode de sitcom, les « paillettes » (les membres de l’équipe) repassent en début d’émission les meilleurs moments de la dernière heure de la veille afin d’en faire profiter celles et ceux qui n’étaient pas derrière le poste de radio de 9 heures à 10 heures. Une manière de fidéliser toujours plus son audience.

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