Les plaintes pour violences conjugales en hausse de 10% en 2020

125 personnes ont été tuées par leur conjoint en 2020, dont 102 femmes. Si ce chiffre est en légère baisse par rapport à 2019 (146 femmes), il cache une autre réalité. En 2020, le nombre de plaintes pour violences conjugales a augmenté de 10%, révèle le ministère de l’Intérieur ce lundi 22 novembre.

D’après le service statistique du ministère de l’Intérieur, les services de police et de la gendarmerie ont enregistré les plaintes de 159.400 personnes, hommes et femmes confondus, cite FranceInfo.

87% des victimes sont des femmes

Parmi ces plaintes, 139.200 concernent des femmes, soit environ 87%. Un chiffre qui ne comptabilise pas les féminicides.

Sur les 125 victimes tuées par leur conjoint en 2020, 102 étaient des femmes, et 23 étaient des hommes. À ce jour, mardi 23 novembre 2021, 101 féminicides ont été recensés par le collectif NousToutes.

Les chiffres du ministère révèlent également que parmi ces plaintes, 3% des victimes accusent leur conjoint de viol ou d’agression sexuelle. À nouveau, les femmes sont les premières victimes. Sur ces 5500 plaintes, 5400 sont déposées par des femmes.

Une augmentation des plaintes qui s’expliquerait par les nombreux confinements. Comme le rappelle BFMTV, pendant le premier confinement, la plateforme arretonslesviolences.gouv.fr a vu son nombre d’appels augmenté de 40%. Lors du second confinement, les appels ont augmenté de 60%.

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Pour un meilleur accueil des plaintes

Cette augmentation chiffrées des plaintes est potentiellement inférieure à la réalité. Une enquête de « victimation », Cadre de vie et sécurité, réalisée par l’Insee en novembre, révèle que en moyenne, chaque année entre 2011 et 2018, seulement 27% des victimes se déplacent au commissariat, 18% déposent plainte et 7% déposent une main courante ou un procès-verbal de renseignement judiciaire (PVRJ).

À côté, plusieurs mouvements ont émergé sur les réseaux sociaux pour dénoncer le mauvais accueil des victimes souhaitant déposer plainte en commissariat. C’est le cas des mouvements #PrendsMaPlainte et #DoublePeine.

D’après BFMTV, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin aurait fait passer un télégramme à tous les préfets il y a quelques jours. Il leur aurait demandé de veiller à la confidentialité et au bon accueil des victimes.

Les services de police et de gendarmerie sont dans l’obligation de recevoir les plaintes, selon l’article 15-3 du Code de procédure pénale. 

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