Les nitrites présents dans la charcuterie augmentent le risque de diabète de type 2, selon une étude

Utilisés comme additifs alimentaires pour augmenter la durée de conservation des viandes transformées (charcuterie, jambon…) et éviter la croissance bactérienne, les nitrites pourraient augmenter le risque de développer un diabète de type 2 (DT2), d’après une étude publiée dans la revue scientifique PLOS Medicine.

Une augmentation du risque de diabète de type 2 de 27 %

Pour en arriver à cette conclusion, des chercheur.se.s de l’Inserm, d’INRAE, de l’Université Sorbonne Paris Nord, d’Université Paris Cité et du Cnam, ont épluché les données de l’étude de cohorte française NutriNet-Santé à laquelle 104 168 adultes – dont 79,1 % de femmes – avec un âge moyen de 42,7 ans ont participé.

« Au cours d’une durée médiane de suivi de 7,3 ans, 969 cas incidents de DT2 ont été recensés », détaille l’étude. 

Les nitrites étaient positivement associés à un risque de DT2 plus élevé. L’augmentation de risque était 27 % pour les personnes ayant la plus forte consommation de nitrites totaux par rapport à ceux ayant la plus faible consommation. Les scientifiques ont noté une augmentation de 53 % pour les personnes consommant le plus de nitrites provenant des additifs et de 26 % pour les nitrites provenant d’autres sources.

Pas de lien entre la consommation de nitrates et le DT2

En revanche, « aucune association entre l’exposition aux nitrates et le risque de diabète de type 2 n’a été retrouvée. »

Ces derniers sont des constituants naturels des végétaux. « À travers leur présence dans l’eau, les sols et les végétaux, les nitrates se retrouvent de fait dans notre alimentation, précise l’Agence nationale de sécurité alimentaire (Anses). Ils peuvent également être ajoutés intentionnellement dans les produits de charcuterie ou certains fromages sous forme d’additif alimentaire (E251 et E252), représentant moins de 4 % de notre exposition totale aux nitrates toutes sources confondues. »

« Ces résultats fournissent un nouvel élément de preuve dans le contexte des discussions actuelles concernant la nécessité d’une réduction de l’utilisation des additifs nitrités dans les viandes transformées par l’industrie alimentaire, et pourraient également soutenir la nécessité d’une meilleure réglementation de la contamination des sols par les engrais, estiment Bernard Srour, chercheur post-doctoral à l’Inserm, et Mathilde Touvier, directrice de recherche Inserm. En attendant, plusieurs autorités de santé publique dans le monde recommandent déjà aux citoyens de limiter leur consommation d’aliments contenant des additifs controversés, dont le nitrite de sodium ».

En juillet 2022, L’Anses confirmait déjà dans un rapport « l’existence d’une association positive entre l’exposition aux nitrates et/ou aux nitrites via la viande transformée et le risque de cancer colorectal ». 

En France, plus de 15 000 produits emballés contiennent actuellement des nitrites et ou des nitrates.

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