Les figurines, c’est comme « si les personnages bondissaient de l’œuvre »
  • Le marché des figurines, conçues en résine ou en plastique, est en plein essor.
  • Il n’y a pas aujourd’hui un salon geek, consacré aux jeux vidéo ou aux mangas, où des revendeurs ne sont pas pris d’assaut par des fans. « C’est de l’art, pour moi, confie Enora, passionnée de mangas. C’est comme si je possédais une œuvre. »
  • Mais collectionner les figurines, ça a un coût. Une trentaine d’euros, pour les moins chères. Ou plusieurs centaines d’euros, pour les statuettes haut de gamme.

« Il vous reste Sangoku ? Et Bulma, vous avez ? » Dans les salons geeks, les vendeurs de figurines sont pris d’assaut. Un paquet de visiteurs, inconditionnels de Dragon Ball, Pokémon ou Harry Potter, repartent de ces conventions les bras chargés de statuettes, parfois plus vraies que nature. Ces figurines haut de gamme, « c’est un peu une façon d’avoir ses personnages préférés chez soi, comme s’ils bondissaient de l’œuvre », explique Thaïs, fan de Moi, quand je me réincarne en Slime. « Ça rajoute un petit plus, dans nos bibliothèques. Au lieu de n’avoir que des mangas, il y a, aussi, des figurines. En plus, certaines ont des détails qu’on ne remarque pas forcément dans les œuvres. »

« C’est de l’art, pour moi, confie Enora, passionnée par One Piece et My Hero Academia. C’est comme si je possédais une œuvre. » Latil, fou de Fairy Tail, lui, a « même des amis qui ont fait des hôtels à leurs figurines ! », sourit-il. Mais il n’est pas question de jouer avec ces héros de plastique ou de résine. « Non, non, et non ! », alerte Logan, un jeune homme qui a craqué pour une « énorme figurine de Mewtwo », l’un des Pokémon les plus populaires. « C’est uniquement de la décoration ! » C’est fini, le temps où les enfants trimballaient Power Rangers ou Tortues Ninja sans en prendre vraiment soin, pour les faire combattre à l’heure de la récréation. Aujourd’hui, on les expose, et on les chouchoute.

« Si j’en revendais certaines, je gagnerai des sous ! »

« Un coup de chiffon de temps en temps pour enlever la poussière », confie un collectionneur. « Un coup de pinceau », préfère une autre. Pour les mettre en évidence, il y a « les psychopathes du game », rigole une fan d’animés japonais, qui les mettent à l’abri, derrière une vitrine complètement hermétique. Logan, lui, achète des meubles. « Plein de meubles, se marre-t-il. Car des figurines, j’en achète plein ! » « Ma chambre, à moi, elle est incroyable, se vante Aurélien, l’un de ces amis. J’ai des figurines dans tous les coins. Certains viennent du Japon, ou sont des éditions limitées. Si j’en revendais certaines, je gagnerai des sous ! Mais je ne veux pas ! Je les garde ! »

Des figurines, sur un stand spécialisé, à la Paris Games Week, en novembre.

Collectionner les figurines, ça a un coût. Certaines sont « très belles, et à un prix plutôt abordable, 30 à 35 euros, reprend Enora. Forcément, si on veut de très, très belles figurines, il faut mettre un peu plus d’argent. » Parfois plusieurs centaines d’euros, pour les statuettes haut de gamme. Ou plus, même, pour les plus recherchées. Ces dernières années, une entreprise américaine florissante a toutefois réussi à démocratiser ces produits dérivés : Funko. Avec ses « Pop », des figurines à grosses têtes, vendues une quinzaine d’euros, elle a boosté le marché. Le 3 novembre, Funko annonçait des ventes records de 365,6 millions de dollars au troisième trimestre, en hausse de 36,6 %.

« Aucune convention sans vendeurs de figurines »

Ces statuettes rigolotes, qui s’arrachent partout dans le monde, sont les stars des stands qu’Oyoo déploient dans les salons. « On a commencé à vendre des figurines il y a environ dix ans, on savait que ça allait marcher », confie Sébastien, l’un des patrons d’Oyoo. « Quand on l’a senti, on vendait des DVD. On a connu l’âge d’or du DVD. Puis, son déclin. On a rajouté des produits dérivés », principalement des figurines. « Et ça a complètement basculé dans l’autre sens. On a lâché les DVD, on s’est lancé à fond dans les figurines. »

Les Funko Pop connaissent un énorme succès à travers le monde.

Le marché des figurines que l’on connaît aujourd’hui a commencé à prendre de l’ampleur au début des années 2000, note Ismaël, de Chibi-Akihabara, l’un des revendeurs les plus populaires. « Vers 2005, il y en avait quelques-unes, mais c’était rare, explique-t-il. En 2011 et 2012, elles ont commencé à être commercialisées. Mais depuis 2014, elles sont absolument partout. Il n’y a aucune convention sans vendeurs de figurines. » Cinq, six, parfois dix sur un seul salon, assure Ismaël. « Les jeunes, et les moins jeunes, regardent leurs animés préférés, puis quand ils se baladent dans des salons, ils voient une figurine, et ils se disent « Tiens, pourquoi pas ! », explique-t-il. Et puis une, deux, trois… Et ils se retrouvent avec de magnifiques collections ! »

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