« Les Aventures du jeune Voltaire » dépoussièrent le biopic historique
  • France 2 diffuse ce lundi et le lundi 15 février à 21h05 la minisérie en 4 épisodes créée par Georges-Marc Benamou et mise en scène par Alain Tasma.
  • Cette série s’intéresse à la jeunesse de François-Marie Arouet, dit Voltaire, un jeune impertinent, doué, libertin, et arrogant.
  • « C’est un aventurier, un rocker, un insurgé, d’abord très ambitieux, mais qui, par ses maladresses, ses combats, son engagement, va avoir une vie absolument palpitante », raconte Georges-Marc Benamou.

Comment devient-on Voltaire ? C’est le sujet de la mini-série en quatre épisodes Les Aventures du jeune Voltaire, diffusée ce lundi et lundi 15 février à 21h05 sur
France 2, un
biopic qui s’intéresse, comme l’indique son titre, à la jeunesse de François-Marie Arouet, dit
Voltaire. De quoi rebuter certains qui pourraient craindre une énième fiction historique un peu scolaire dans le cadre de la mission éducative de la chaîne publique. C’est tout le contraire. Comment Les Aventures du jeune Voltaire dépoussièrent le biopic historique sans trahir le philosophe des Lumières ?

« L’angle proposé est un angle complètement nouveau, c’est le jeune Voltaire, un homme parmi les hommes », se réjouit Anne Holmes, directrice de la fiction de France Télévisions, avec qui 20 Minutes s’est entretenue lors d’une table ronde virtuelle organisée par France 2.

Si l’on connaît le vénérable philosophe des Lumières, l’auteur de Zadig et Candide réfugié à Ferney, le défenseur de l’affaire Calas, on connaît moins la vie, les aspirations, l’énergie et la vivacité d’esprit de François-Marie Arouet. « On a tout de suite été séduit par la vie de ce Voltaire qu’on ne connaissait pas. Le format en 4 épisodes s’est imposé parce qu’il y avait des rebondissements dans sa vie, écrite comme une sorte de polar romanesque », poursuit Anne Holmes.

Voltaire, « un rocker, un insurgé »

Georges-Marc Benamou, Henri Helman et Alain Tasma, à l’écriture, n’ont pas abordé Voltaire comme un monument, mais comme un jeune homme rebelle en pleine construction. « On a assez vite sympathisé avec ce Voltaire. On a assez vite aimé le bonhomme. On n’était pas dans une position de surplomb », raconte Georges-Marc Benamou, le créateur de la série.

Résultat à l’écran ? On suit les tribulations rocambolesques d’un fils de notaire parisien dans les dernières années du règne de Louis XIV. François-Marie Arouet est tout à la fois, impertinent, doué, libertin, et arrogant. Ce jeune roturier veut tout : la gloire, les femmes et l’argent. « C’est un aventurier, un rocker, un insurgé, d’abord très ambitieux, mais qui, par ses maladresses, ses combats, son engagement, va avoir une vie absolument palpitante », raconte Georges-Marc Benamou. « Ce jeune homme ambitieux, égoïste, va s’ouvrir progressivement au monde avec générosité », renchérit le réalisateur Alain Tasma, à qui l’on doit la mise en scène d’Aux animaux la guerre.

Voltaire, un héros moderne

L’idée est de « redécouvrir Voltaire, dans sa jeunesse, dans ses passions, et dans ses échecs », poursuit-il. Placé chez les Jésuites du lycée Louis-le-Grand, il sympathise avec les rejetons de la noblesse. « C’est un jeune homme d’aujourd’hui, mais dans un monde d’hier, un monde où les classes sociales sont incroyablement cloisonnées, où la pesanteur religieuse est incroyablement lourde », analyse Georges-Marc Benamou.

François-Marie Arouet va se rebeller contre ce système : en plaquant avec fracas l’école de droit où son père veut le contraindre, en écrivant des pièces de théâtre et des pamphlets… Ces derniers lui vaudront un séjour de onze mois à la Bastille, alors qu’il n’a que 23 ans. « C’est un aventurier de la liberté, c’est le Coluche des Lumières », souligne Georges-Marc Benamou. Et d’insister : « L’idée de sortir de sa classe sociale, de lutter contre les fanatismes religieux, il a inventé la liberté contemporaine, et ce n’est pas sans résonance avec l’époque dans laquelle on vit. »

Voltaire, un « féministe incroyable »

« Il était un féministe incroyable », lance Alain Tasma. C’est l’un des combats les moins connus de Voltaire, il a pris la défense des femmes dans ses essais. « Voltaire a été un très grand amoureux. Il l’a écrit, il l’a dit et il s’est appuyé sur ses rencontres féminines » pour se construire, rappelle Alain Tasma. Voltaire a « une certaine modernité relationnelle, dans son rapport aux femmes, à la liberté sexuelle, il est assez étonnant pour son époque », confirme Georges-Marc Benamou.

Si la série ne couvre pas sa relation avec Emilie du Châtelet, celle qui le marque le plus, elle dépeint ses premières amours et son rapport aux femmes, dans une époque qui fait peu cas d’elles. « Elle était sa conseillère, son amie, et en même temps son amante. Ils étaient assez libres », résume Christa Theret, au sujet d’Adrienne Le Couvreur, l’une des maîtresses du jeune Voltaire.

Si les idées du jeune Voltaire nous apparaissent résolument modernes, si sa vie semble sulfureuse et rocambolesque, c’est parce que la mise en scène d’Alain Tasma et l’interprétation énergique de Thomas Solivérès lui redonnent toute sa vitalité et son audace. L’idée « était d’essayer de sortir au maximum de l’époque, de réussir à en faire un personnage d’aujourd’hui », considère Thomas Solivérès.

Alain Tasma ne raconte pas la figure historique Voltaire, il nous immerge au cœur de la vie tumultueuse d’un jeune héros fascinant. Sa caméra place le spectateur au cœur de l’action. A l’instar de ce plan audacieux et surprenant qui ouvre la série qui nous propulse dans l’intimité de l’accouchement du héros. Une réalisation résolument moderne, qui bouscule les codes tout autant que son héros.

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