"La Chronique des Bridgerton", romance historique à l’allure moderne

Les amateurs d’Histoire, costumes d’époque et paysages anglais seront comblés. Ce 25 décembre, Netflix dévoile les huit épisodes de sa nouvelle série inédite, La Chronique des Bridgerton, première série produite pour le géant du streaming par la papesse du petit écran Shonda Rhimes (Grey’s Anatomy, Private PracticeScandal), associée à Chris Van Dusen, son collaborateur de longue date. Après un partenariat avec ABC, la productrice avait signé, en 2017, un contrat d’exclusivité avec Netflix pour 150 millions de dollars. 

La Chronique des Bridgerton est l’adaptation des romans éponymes de l’autrice américaine Julia Quinn, une saga de onze tomes, sortis entre 2010 et 2016. Cette première saison est consacrée au premier tome, Daphné et le duc

Marie Claire a regardé les quatre premiers épisodes, tournés entre Londres et Bath. Les rues lumineuses et parcs verdoyants du Somerset rappellent évidemment les terres Jane Austen. La recette idéale pour terminer 2020. 

Gossip Girl au XIXe siècle

À peine le temps de terminer la saison 4 de The Crownqu’il est temps de faire un retour en arrière dans la royauté britannique, pour atterrir au XIXe siècle, pendant la Régence (1811-1820). La Chronique des Bridgerton débute en 1813. À cette période, le roi George III, malade, doit laisser son trône au prince-régent, Georges de Galles. Celui-ci montera officiellement sur le trône en 1820, après la mort du roi. Mais celle qui gouverne vraiment dans la série, c’est sa mère, la reine Charlotte.

La série suit la famille Bridgerton, et tout particulièrement Daphne Bridgerton (jouée par Phoebe Dynevor), l’aînée des filles, qui fait ses débuts dans les soirées mondaines londoniennes, à la recherche du futur époux idéal. Sous la plume Julia Quinn, puis de Shonda Rhimes, ce personnage pourrait bien être le pendant plus moderne d’Elizabeth Bennett. 

Dans cette romance historique, les secrets et tribulations de l’aristocratie britannique rythment le quotidien. À première vue, rien d’original. Mais cette création, aux allures de Downton Abbey et d’Orgueils et Préjugés n’est pas sans rappeler Gossip Girl. Ici, la mystérieuse narratrice est Lady Whistledown, dont la voix n’est autre que celle de Julie Andrews (Mary Poppins, La mélodie du bonheur, Princesse malgré elle).

Bien avant les blogs, Lady Whistledown est à la tête d’un journal dont les messes-basses et scandales de l’aristocratie anglaise font les distractions de tous. Daphne Bridgerton ne tarde pas à en devenir la cible principale. Décidée à choisir celui qu’elle épousera et à la recherche de l’amour, difficile de faire ses choix en toute liberté quand chaque rencontre est scrutée par la société.

L’autre proie de Lady Whitsledown est le duc d’Hastings, Simon Basset (interprété par Regé-Jean Page). Célibataire très courtisé vient tout juste d’héritier après le décès de son père. Lui n’aspire pas à se marier. Alors, les deux établissent ensemble une ruse. Faire croire à une idylle naissante, mais qui, sans aucune surprise, ne durera pas, laissant place à un amour impossible.

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Un casting diversifié et inclusif

La première réussite de la série est son casting, en grande partie composé d’acteurs et actrices peu connus, et pour beaucoup, noirs. Dont pour des rôles importants, comme celui de la reine Charlotte, jouée par l’actrice métisse britannique Golda Rosheuvel (The Young Lady).

Cette diversité s’accompagne d’une vraie inclusivité, les personnages blancs et noirs étant mis sur le même plan. Ainsi, la série nous invite à repenser notre imaginaire concernant cette période, et remet en cause nos représentations.

Ce mélange est présenté comme normal, offrant une vision alternative de l’histoire anglaise qui contraste avec l’époque dans laquelle l’intrigue se situe. Pendant plusieurs épisodes, jamais une différence n’est évoquée, jusqu’à ce que l’on apprenne que c’est le mariage d’amour, mixte, entre le roi Georges et la reine Charlotte qui a permis une égalité entre les Britanniques, peu importe leur couleur de peau. Selon des informations sorties il y a quelques l’année, la reine Charlotte (1744-1818) aurait eu des origines africaines par son ascendance à la famille royale portugaise.

Une touche propre à toutes les séries produites par Shonda Rimes, qui veille depuis ses débuts à mettre en scène des acteurs d’horizons différents. Et pour sa façon de faire, La Chronique des Bridgerton a réussi un coup de maître, s’éloignant largement des drames historiques portés à l’écran ces dernières années et de leurs représentations classiques où les personnages non-blancs sont rares, et cantonnés en arrière-plan. 

Le désir féminin exploré

Cette plongée dans la haute-société britannique du XIXe siècle semble à priori être tout ce qu’il y avait de plus normal. La série commence avec l’ouverture de la saison mondaine, illustration de l’entre-soi où jeunes femmes et jeunes hommes apprenaient à se connaître dans de somptueux bals, espérant ensuite faire les meilleurs mariages possibles.

Naît donc une romance compliquée entre Daphne Bridgerton et le duc d’Hastings, tous deux appartenant à la même classe sociale. Mais c’est au-delà de l’apparence que se cache la touche de modernité de La Chronique des Bridgerton.

Sans détour et à plusieurs reprises, le question de la sexualité et surtout, du désir féminin, est abordée. Là encore, la série ne déroge pas à l’époque. Les femmes de l’aristocratie anglaise n’y connaissent pas grand-chose : ni sur les rapports sexuels, ni même sur la manière dont on fait des enfants. Partant de ce constat, c’est le désir féminin, et son appréhension, grâce au personnage de Daphne  Bridgerton, qui prendra le dessus.

C’est de son propre point de vue, et en utilisant le female gaze, que sont perçus ses courtisans et qu’elle fantasme ses désirs. Jusqu’à tenir tête à son grand-frère, figure masculine par excellence, affirmant qu’elle est capable de faire ses propres choix de vie.

La Chronique des Bridgerton, créée par Shonda Rimes et Chris Van Dusen, disponible sur Netflix, sortie le 25 décembre.

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