Joséphine Baker, Simone Veil, Marie Curie… Les "immortelles" du Panthéon

Joséphine Baker, artiste afro-américaine, va entrer au Panthéon le 30 novembre prochain. Son entrée élèvera à 6 le nombre de femmes – sur les 76 «grands hommes» – qui y ont été inhumées. Portraits de ces «immortelles».

Freda Josephine McDonald, ou Joséphine Baker de son vrai nom, va entrer dans le clan très fermé des panthéonisés le 30 novembre prochain. Née le 3 juin 1906 à Saint-Louis, dans le Missouri (aux Etats-Unis), elle était à la fois chanteuse, danseuse, actrice et meneuse de revue. Mais l’artiste afro-américaine, devenue française à la suite de son mariage avec Jean Lion, en 1937, a également fait partie de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, à partir des années 1950, elle s’est illustrée par sa lutte contre le racisme aux Etats-Unis. Elle s’est éteinte le 12 avril 1975, à Paris. Joséphine Baker devient ainsi la 6e femme – sur les 76 «grands hommes» – à être inhumée au Panthéon, et la toute première femme noire.

Simone Veil

Simone Veil est entrée au Panthéon le 1er juillet 2018, 1 an après son décès, accompagnée par son mari Antoine Veil. La cérémonie s’est tenue en présence du président Emmanuel Macron qui avait annoncé, lors de l’hommage national rendu à l’ancienne ministre de la Santé, le 5 juillet dernier : «J’ai décidé, en accord avec sa famille, que Simone Veil reposerait avec son époux au Panthéon (pour lui témoigner) l’immense remerciement du peuple français à l’un de ses enfants tant aimés.»

Les « immortelles » du Panthéon

Marie Curie peu avant son décès en 1934. (Savoie, France)

En 1925, Marie Curie en compagnie d’Albert Einstein à Genève. (Suisse)

Germaine Tillion reçoit le 12 mai 2004 à Paris, les insignes de commandeur de l’Ordre du mérite de la République fédérale d’Allemagne, des mains de l’ambassadeur d’Allemagne à en France, Fritjof von Nordensjöld.

Germaine Tillion dans sa maison de Saint-Mandé, le 6 janvier 1972.

Sophie Berthelot

Surnommée «l’inconnue du Panthéon», Sophie Berthelot y a fait son entrée le 7 avril 1907. Scientifique et épouse du chimiste Marcellin Berthelot, elle a intégré la «patrie reconnaissante» en qualité d’épouse. Armand Fallières, alors président de la République française, avait exigé que Sophie Berthelot reste auprès de son défunt mari. Car, avait expliqué le chef de l’État, «les deux époux, qui s’étaient tendrement aimés, avaient demandé à ne pas être séparés dans la mort plus qu’ils ne l’avaient été dans la vie».

Marie Curie

Née en 1867 et décédée en 1934, Marie Curie n’a été «panthéonisée» que soixante ans après sa mort, le 20 avril 1995, sous la présidence de François Mitterrand. Ce dernier avait décidé de transférer les cendres de Pierre et Marie Curie au Panthéon pour leurs recherches communes sur la radiation. La physicienne, d’origine polonaise et naturalisée française, avait obtenu – avec son époux – le prix Nobel de physique en 1903, puis celui de chimie en 1911 pour ses travaux sur le polonium et le radium. Jusqu’au 27 mai 2015, elle a été la seule «immortelle» honorée pour son propre mérite.

Germaine Tillion

Née en 1907 et décédée en 2008, Germaine Tillion est entrée au Panthéon le 27 mai 2015 sur l’initiative du président François Hollande. Ethnologue française, elle a impacté la résistance durant la Seconde Guerre mondiale en favorisant les passages vers la zone libre et l’Afrique du Nord. Déportée en 1943 dans le camp de Ravensbrück, au nord de Berlin, elle avait été évacuée en Suède en avril 1945 par la Croix Rouge internationale. L’ethnologue avait réintégré le CNRS en juillet de la même année avant de pousuivre son combat pour la dignité de l’homme pendant la guerre d’Algérie. En 1947, elle avait été lauréate du prix Pulitzer pour sa bravoure durant la guerre.

En vidéo, Simone Veil, icône de la République

Geneviève de Gaulle-Anthonioz

Nièce de Charles de Gaulle, déportée du camp de concentration de Ravensbrück, Geneviève de Gaulle-Anthonioz est née en 1920 et décédée en 2002. Elle est entrée au Panthéon en même temps que Germaine Tillion, le 27 mai 2015, à l’initiative du président Hollande. La résistante avait notamment participé à la création de l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la résistante (Adir), la section féminine des associations d’anciens combattants. En 1987, elle avait témoigné de la barbarie nazie au procès de Klaus Barbie. Un an plus tard, elle avait été nommée au Conseil économique et social et s’était battue pour l’adoption d’une loi d’orientation contre la grande pauvreté, votée à l’Assemblée nationale en 1998, soit quatre ans avant sa mort.

* Cet article, publié le 5 juillet 2017, a fait l’objet d’une mise à jour.

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