IVG médicamenteuse : délai, déroulement… à quoi faut-il s'attendre ?

Comment se déroule une interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse ? Les réponses du Dr. Jourdain, gynécologue-obstétricien.

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Interruption volontaire de grossesse (IVG) : ce qu’il faut savoir

Chaque année, 220 000 interruptions volontaires de grossesse (IVG) sont pratiquées en France. L’avortement est un droit en France : il a été acté par la loi Veil de 1975.

Comme son nom l’indique, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) consiste à arrêter une grossesse de façon volontaire. Attention à ne pas confondre l’interruption volontaire de grossesse (IVG) avec l’interruption de grossesse pour motif médical (IMG) qui peut être proposée lorsqu’il y a une anomalie fœtale sévère ou une pathologie maternelle potentiellement aggravée par la grossesse.

Interruption volontaire de grossesse (IVG) : qui ça concerne ? Toute patiente qui souhaite arrêter sa grossesse peut bénéficier d’une interruption volontaire de grossesse (IVG). À noter : les jeunes filles mineures peuvent aussi avoir recours à l’IVG sans l’autorisation de leur père ou de leur mère.

Attention ! En France, il y a un délai à ne pas dépasser pour avoir droit à une interruption volontaire de grossesse : l’IVG n’est possible que jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée (14 SA) ou 12 semaines de grossesse (soit 3 mois de grossesse).

Il existe deux techniques possibles pour interrompre une grossesse :

  • l’interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse : comme son nom l’indique, elle nécessite la prise de médicaments. Elle est recommandée jusqu’à 9 semaines d’aménorrhée (9 SA) ou 7 semaines de grossesse.
  • L’interruption volontaire de grossesse (IVG) chirurgicale : elle nécessite une intervention chirurgicale. Elle peut être pratiquée jusqu’à 14 SA ou 12 semaines de grossesse.

IVG médicamenteuse : comment ça se passe, exactement ?

À savoir. L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est précédée de deux rendez-vous médicaux obligatoires qui doivent se dérouler auprès d’une structure ou d’un professionnel de santé qualifié – sage-femme, gynécologue, hôpital, clinique, médecin généraliste, planning familial… C’est au cours de la seconde consultation médicale obligatoire qu’est choisie la méthode d’intervention.

À noter : pour les mineures, une consultation psychosociale est également obligatoire.

IVG médicamenteuse : quel est le principe ? «  L’IVG médicamenteuse consiste à administrer à la patiente une séquence de deux produits : le premier pour arrêter la grossesse, le second pour l’expulser  » explique le Dr. Olivier Jourdain, gynécologue-obstétricien.

Première étape :  » au cabinet du gynécologue ou de la sage-femme, ou à l’hôpital, la patiente est invitée à prendre un comprimé de mifépristone (200 mg) par voie orale  » détaille le gynécologue-obstétricien. Ce médicament (qui n’est pas en vente libre et qui est commercialisé sous le nom Mifegyne®) est un anti-progestérone : il permet d’arrêter l’évolution de la grossesse.

 » La mifépristone est généralement bien tolérée par les patientes : aucune surveillance particulière n’est nécessaire, et la prise de ce comprimé n’entraîne aucun symptôme spécifique – on peut éventuellement observer une petite perte de sang  » précise le spécialiste.

Deuxième étape :  » environ 48 heures plus tard, la patiente doit prendre un comprimé de misoprostol par voie orale  » explique le Dr. Olivier Jourdain. La posologie dépend de l’avancée de la grossesse : «  jusqu’à 7 semaines d’aménorrhée (7 SA) ou 5 semaines de grossesse, la dose est de 400 μg (microgrammes) de misoprostol ; entre 7 semaines d’aménorrhée (7 SA) et 9 semaines d’aménorrhée (9 SA), la dose est de 800 μg de misoprostol « .

Le misoprostol appartient à la famille des prostaglandines : ce médicament permet l’expulsion de la grossesse à travers des contractions utérines.  » Le temps d’action est variable d’une patiente à l’autre : il est compris entre quelques heures et 3 jours  » précise le Dr. Jourdain.

«  Cette deuxième étape nécessite une surveillance : elle peut être réalisée à l’hôpital / en clinique ou au domicile de la patiente, à condition que celle-ci soit surveillée par une personne de confiance pendant 48 heures au moins  » ajoute le gynécologue-obstétricien.

 » Un accompagnement (notamment psychologique) me semble indispensable  » estime le Dr. Olivier Jourdain. En effet : l’expulsion de la grossesse grâce à la prise de misoprostol s’accompagne de symptômes parfois intenses – douleurs (semblables à des douleurs de règles), saignements vaginaux (parfois abondants et impressionnants), contractions… «  Plus la grossesse est évoluée, plus les symptômes sont importants  » remarque le médecin.

IVG médicamenteuse : quel est le taux de réussite ? «  L’interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse a un taux de réussite d’environ 95 % ; dans environ 5 % des cas, une reprise chirurgicale est nécessaire. Le taux de réussite dépend de l’avancée de la grossesse  » répond le Dr. Olivier Jourdain.

À savoir. Après une interruption volontaire de grossesse (IVG), une consultation de contrôle est obligatoire : il s’agit de vérifier que la grossesse a bien été arrêtée. Celle-ci est programmée entre 14 jours et 21 jours après l’intervention, que l’on ait opté pour l’IVG médicamenteuse ou chirurgicale.

Pour s’informer sur l’IVG, quelques sources fiables :

  • Le site officiel du ministère de la Santé : http://ivg.gouv.fr/
  • Le numéro vert du ministère de la Santé : 0800 08 11 11 (anonyme et gratuit)
  • Pour les mineures, le Fil Santé Jeunes : https://www.filsantejeunes.com/ivg-les-demarches-a-faire-17581
  • Le numéro vert du Fil Santé Jeunes : 0800 235 236 (anonyme et gratuit)
  • Le site officiel de l’Assurance Maladie : https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/contraception-ivg/ivg

Merci au Dr. Olivier Jourdain, gynécologue-obstétricien à la Polyclinique Jean Villar (groupe ELSAN – Bordeaux).

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