"Inventing Anna" : pour défendre "sa réputation dévastée", Rachel Williams porte plainte contre Netflix

Anna Sorokin, alias Anna Delvey, héroïne manipulatrice et avide de la mini-série Inventing Anna incarnée par Julia Garner, aura fait couler beaucoup d’encre. L’une de ses victimes, Rachel Williams, a déposé plainte lundi 29 août 2022 pour diffamation contre Netflix devant un tribunal fédéral du Delaware.

Selon les informations de l’édition américaine de Vanity Fair, la plaignante, qui figure dans la série inspirée de faits réels, reproche au géant du streaming de n’avoir pas changé ses informations personnelles.

Son nom, son quartier d’origine, et son employeur seraient les mêmes dans la vie réelle que dans la série, alors que pour d’autres protagonistes tels que l’avocat d’Anna Sorokin ou le petit-ami de cette dernière, les noms ont été modifiés, constate l’avocat de la plaignante, Alexander Rufus-Isaacs.

Un procès en diffamation

La série qui débute ses épisodes par « toute cette histoire est complètement vraie. Sauf pour toutes les parties qui sont totalement inventées”, est aujourd’hui attaquée dans une plainte de 59 pages, publiée par le site Deadline.

Rachel Williams, ancienne journaliste chez Vanity Fair et ex-amie d’Anna Sorokin, a été présentée dans la série comme « une adepte née dont l’admiration aveugle d’Anna a presque détruit son travail, ses économies et sa vie », ou encore, comme une « création d’Anna ».

Pour l’avocate de Rachel Williams, la plateforme a non seulement intégré de fausses informations à sa mini-série, mais a aussi fait apparaître sa cliente comme « une personne horrible ». 

Une réputation « dévastée »

Anna Sorokin encourait 4 à 12 ans de prison. Elle a été condamnée en 2019 pour escroquerie, grand banditisme et crime organisé.

Libérée en 2021, elle est aujourd’hui incarcérée dans un centre de la police migratoire aux États-Unis, à cause du dépassement de son visa.

Anna Sorokin continue de hanter ses victimes. Dans une interview pour l’édition française de Vanity Fair, publiée le 17 février 2022, Rachel Williams évoquait déjà son mécontentement : « L’histoire [la série Netflix, ndlr] lui profite. C’est un récit conçu pour créer de l’empathie pour un personnage qui en manque. Tout cela est très problématique ».

Avec ce procès en diffamation contre Netflix, Rachel Williams espère obtenir des dommages et intérêts, et la suppression des séquences qu’elle estime diffamatoires.

Selon les dires de son avocat, son image a été « dévastée » : « Les abus qu’elle a reçus ont été vraiment terribles. Ce procès vise à défendre sa réputation et à rappeler aux créateurs [de séries, ndlr] qu’ils ne peuvent pas créer des personnages haineux et leur donner des noms de personnes réelles ».

Pour rappel, Anna Sorokin a soutiré au total 62 000 dollars à Rachel Williams. La victime a d’ailleurs partagé son histoire dans un livre-témoignage intitulé My Friend Anna (« Mon amie Anna »).

Source: Lire L’Article Complet