Hygiène : vaut-il mieux prendre sa douche le matin ou le soir ?

La logique voudrait que l’on se lave le soir pour évacuer les traces de la journée passée mais nombreux sont ceux qui préfèrent la version matinale pour dompter un réveil difficile et éliminer la potentielle transpiration de la nuit. Un chercheur et une dermatologue aident à définir la meilleure option.

Pour assurer son hygiène quotidienne, en matière d’horaire de douche, deux équipes s’affrontent. Les matinaux, sous le pommeau dès le réveil pour booster l’éveil et démarrer leur journée en se sentant propres ; et les autres, plutôt du soir, qui n’osent imaginer se glisser sous les draps sans s’être auparavant débarrasser des salissures et de la transpiration de la journée passée. Quelle option est la meilleure ?

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Dans l’idéal, il vaudrait mieux passer dans la salle de bains le soir. La raison est simple : cet horaire permet de débarrasser la peau des bactéries qui s’y accumulent durant la journée, et qui peuvent nuire à l’équilibre du microbiote cutané.

« Menaces extérieures »

Pour rappel, ce fameux microbiote est une sorte de «rempart», constitué de micro-organismes qui protègent des «menaces» extérieures. Il est constitué de «bonnes bactéries», également appelées «symbiotiques» (car elles vivent en symbiose avec notre organisme), mais il abrite aussi toute une population potentiellement pathogène (pouvant causer une maladie, NDLR), ramassée dans les transports ou sur une rampe d’escalier mécanique, par exemple.

4 conseils pour une douche comme votre peau l’aime

  • Privilégier l’eau tiède à l’eau chaude.
  • Passer si possible un jet d’eau froide avant d’en sortir, le froid ralentit le métabolisme des bactéries.
  • Choisir des produits au PH neutre pour ne pas abîmer le microbiote cutané.
  • Dans l’idéal, ne pas prendre plus d’une douche par jour.

Or, «c’est surtout durant la nuit qu’a lieu le renouvellement de la peau, aussi appelé prolifération cellulaire, informe Alain Géloën, directeur de recherches au CNRS et auteur du Microbiote cutané (1), et les polluants accumulés en journée nuisent à ce processus ; donc mieux vaut les éliminer».

En laissant les «mauvaises» bactéries sur la peau, on leur permet de proliférer, avec le risque qu’elles prennent le pas sur les bonnes. «Laisser les mauvais agents sillonner la peau pendant la nuit entrave l’échafaudage de la barrière cutanée censée nous protéger», complète Alain Géloën.

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Pas plus d’une douche par jour

Quid de la potentielle transpiration au cours de la nuit, argument que les habitués de la douche matinale peuvent avancer ? Alain Géloën rappelle d’abord que le corps n’est pas censé suer excessivement durant le sommeil. Ensuite, selon le chercheur, même si l’on transpire, il n’y a rien de problématique en termes d’hygiène. «Au pire, tout ce que l’on aura sur la peau trouvera ses racines dans notre corps.»

Pour s’en débarrasser, «on peut se permettre une simple « toilette de chat » au réveil, en nettoyant les mains, le visage, les plis et les orifices», commente Marie-Estelle Roux, dermatologue. Il vaudra toujours mieux éviter une seconde douche, qui elle, abîmera la peau. En ne laissant pas le répit nécessaire au microbiote pour se reconstituer, celui-ci se trouve déstabilisé et ne protège plus face aux agressions extérieures.

(1) Alain Géloën est l’auteur du Microbiote Cutané, Éd. First, 240 p., 15,95 euros.

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