Gêne, dégout, embarras : les clichés suivent les femmes jusqu’aux WC

Selon un sondage réalisé par l’Ifop, la honte d’aller aux toilettes sans un certain niveau d’intimité concerne davantage les femmes que les hommes. Une anxiété qui n’est pas sans incidence sur notre santé.

Fermer toutes les portes possibles, augmenter le son de la télé, mettre du papier au fond de la cuvette ou encore tirer la chasse avant de commencer… Des astuces qui parlent à chacun d’entre nous au moment d’aller aux toilettes en dehors de chez soi, ou lorsque qu’un autre individu traîne dans les parages. À tous ? Plus particulièrement à la gent féminine si l’on en croit le dernier sondage réalisé par l’Ifop pour l’association Diogène France* publié mercredi. Selon l’enquête réalisée auprès de 1010 Français, âgés de 18 ans et plus, 56% de femmes reconnaissent être gênées à l’idée d’aller à la selle dans un lieu public, contre 42% des hommes. Une problématique de genre qui est aussi un enjeu de santé publique.  

2/3 des femmes se retiennent d’aller aux toilettes 

D’après l’enquête ce trouble concernerait davantage les jeunes femmes de moins de 30 ans. Elles seraient 75% à se dire gênées à l’idée de faire leurs besoins sur leur lieu de travail ou chez des amis, contre 41% des plus de 60 ans. Selon l’Ifop cette différence pourrait résulter de l’éducation et des normes inculquées aux filles dès le plus jeune âge, tels que la propreté et la pureté. Cela pourrait aussi s’expliquer par le fait que les jeunes femmes sont incitées à être plus attentives à l’image qu’elles peuvent renvoyer d’elles. Conséquence ? Si le bruit et l’odeur sont les principales raisons du « poop shaming » pour les deux sexes, les femmes confient être plus embarrassées par la simple idée que l’on puisse les imaginer faire caca.  

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Un sentiment de honte qui peut parfois aller jusqu’à la parcoprésie, autrement dit, l’incapacité d’aller à la selle en situation de non-intimité. Ce trouble affecterait 69% des femmes contre 48% d’hommes. Outre la gêne ressentie, la perception négative des toilettes publiques chez les femmes constitue également un frein à l’usage des WC. La saleté des toilettes publiques pousse près de deux tiers des femmes contre à peine 28 % des hommes à adopter une position d’équilibre pour que leur peau ne touche pas la lunette des toilettes. 

Et dans le couple ?  

Si les Français semblent assez enclins à raconter leurs anecdotes au pipi-room à leur conjoint, partager en temps réel ce moment avec eux reste un sujet tabou. Seul un tiers des personnes interrogées ont déjà fait leurs besoins dans les toilettes d’une salle de bain en présente de leur moitié par exemple et quatre Françaises sur dix ont déjà attendu que leur partenaire dorme ou soit loin des WC pour s’y rendre, contre à peine plus du quart de la gent masculine. 

Selon l’Ifop, la petite pièce au fond du couloir serait également source de tensions conjugales. Une lunette des toilettes pas rabaissée, un rouleau de PQ qui n’est pas remplacé… « Au laisser-aller dont peuvent faire preuve certains hommes j’ajoute le fait que le nettoyage des WC de la maison reste beaucoup plus une tâche effectuée par les femmes (73%) que par les hommes (20%). »

Une problématique de santé publique 

Si le sujet prête à sourire, il cache en réalité un aspect médical qui doit être pris au sérieux. Se retenir d’aller aux toilettes peut avoir d’importantes répercussions sur la santé intestinale. Les femmes affichent ainsi des taux de constipation ou de troubles de la digestion deux fois plus élevés que les hommes. Elles sont également plus exposées que les hommes à des crises régulières de diarrhée, ou des processus de défécation douloureux (22 %, contre 11 % des hommes). De quoi inciter à retrouver rapidement le chemin des toilettes.  

*« Étude Ifop pour Diogène-France.fr réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 9 au 12 avril 2021 auprès d’un échantillon de 1010 personnes, de la population française âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine » 

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